Spectacle vivant et dispositif audiovisuel

Spectacle vivant et dispositif audiovisuel

Le 22 Mar 1984

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Ce texte a été rédigé par Jean-Marie Piemme comme intro­duc­tion aux deux journées organ­isées par l’AT­AC à Paris les 12 et 13 jan­vi­er 1984. Ces journées avaient pour objet l’é­tude de la légitim­ité du spec­ta­cle vivant dans une société en voie de médi­a­tion tech­nologique général­isée.

Préam­bule

En préam­bule à un tra­vail sur la spé­ci­ficité des Arts vivants aujour­d’hui et sur les rap­ports que ceux-ci pour­raient entretenir avec les Arts mécan­isés, on fera les deux con­stats suiv­ants : 

1. On serait pass­able­ment naïf de tenir le champ cul­turel pour une sur­face homogène où se découpent égal­i­taire­ment les dif­férents secteurs cul­turels. 

Séduit par la belle sim­plic­ité des images d’Epinal, on affecte de faire par­fois comme si l’é­ter­nité des temps avait tou­jours vu les arts coex­is­ter démoc­ra­tique­ment, comme si chaque dis­ci­pline arrivait tou­jours à occu­per une place de droit qui lui revient, ni plus ni moins avan­tageuse qu’une autre. On par­le comme s’il s’agis­sait d’une évi­dence, de la Poésie, de la Musique, du Théâtre, des Médias, etc. Sans doute, con­state-t-on ici des nais­sances, là des morts ; un art s’en va, un autre naît. Mais on affecte de croire que ce va-et-vient relève plus de l’ac­ci­dent que de la loi. Or si on tient la cul­ture pour un pro­duit his­torique, force est de recon­naitre ce qu’elle est : une réal­ité topologique­ment insta­ble. Les arts et les médias ne sont pas figés dans une local­i­sa­tion éter­nelle, ils bougent au fil du temps, changent de place soci­ologique et selon le cours de l’his­toire, se posi­tion­nent dif­férem­ment à l’échelle des valeurs cul­turelles. || y a aujour­d’hui des arts en baisse et d’autres en hausse, il y a des cen­tres désertés et des périphéries pré­ten­dantes. Depuis un bon siè­cle main­tenant, en fait depuis l’avène­ment de l’époque indus­trielle, on peut affirmer que le champ cul­turel a con­nu un remod­e­lage trés pro­fond dont on com­mence à peine aujour­d’hui à enreg­istr­er les effets et sur les con­séquences desquels beau­coup s’in­ter­ro­gent. Avec le développe­ment des tech­niques con­séc­u­tives à l’es­sor du cap­i­tal­isme indus­triel, on a vu naître ce que l’on appelle aujour­d’hui les arts de repro­duc­tion ou arts mécan­isés, c’est-à-dire les arts dont le sup­port est indéfin­i­ment repro­ductible sans altéra­tion qual­i­ta­tive. Le développe­ment rapi­de de ces arts ‑qui a opéré la Jonc­tion entre la cul­ture et la marchan­dise- a con­sid­érable­ment engagé le proces­sus cul­turel dans une nou­velle dimen­sion.

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Écrit par Jean-Marie Piemme
Jean-Marie Piemme écrit pour le théâtre depuis 1986. Ses deux dernières pièces L’INSTANT et UNE PLUME EST UNE...Plus d'info
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21 Mar 1984 — Les voies de la création théâtrale,  vol. XI Tadeusz Kantor -Texte T. Kantor, études de Denis Sablet et Brunella EruliEd.…

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