La musique dans l’espace scénique contemporain

La musique dans l’espace scénique contemporain

Le 16 Sep 1991

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Notes sur la musique de théâtre et de danse

JE pré­tends avec ces notes présen­ter quelques cour­tes réflex­ions stricte­ment per­son­nelles sur la musique com­posée pour Le théâtre et la danse. La rela­tion entre la musique et la scène, la parole et le mou­ve­ment, est une ques­tion qui me sem­ble intéres­sante surtout pouf ce que cette rela­tion a de non linéaire, de prob­lé­ma­tique ou de sujet à dis­cus­sion. 

Nous vivons dans une époque et une cul­ture où la musique est omniprésente. De façon incon­trôlable et par­fois insouten­able, elle envahit le quo­ti­di­en dans les sit­u­a­tions les plus divers­es : au télé­phone, dans les trans­ports en com­mun, au Ciné­ma, à la télévi­sion et à la radio (dans les indi­cat­ifs, génériques, spots pub­lic­i­taires..), dans les lieux publics (restau­rants, bars, ascenseurs, ter­rass­es, aéro­ports, gares, bou­tiques, super­marchés, galeries d’art, hôtels, salles d’at­tente, musées…), dans la rue, dans la pro­pa­gande, dans les rit­uels religieux et civils, etc.
Prenant en compte cette présence dom­i­na­trice de la musique dans le quo­ti­di­en (avec une atten­tion par­ti­c­ulière à la forte influ­ence du ciné­ma dans le con­di­tion­nement des spec­ta­teurs en ce qui con­cerne le rap­port entre l’image, l’action et la musique) il n’y aurait rien d’étrange ou de prob­lé­ma­tique dans l’as­so­ci­a­tion de la musique au théâtre et, de façon plus évi­dente, à la danse. Dis­ons que le rôle ambiant de la musique est si nor­mal, si courant, si tak­en for grant­ed qu’il n’y a pas lieu de s’in­ter­roger sur sa présence. La musique d’am­biance appa­raît comme un élé­ment apaisant d’une cer­taine peur du vide, d’une cer­taine hor­reur du silence, et pro­pose ain­si une sorte de rap­port apparem­ment plus con­fort­able entre les sit­u­a­tions et les espaces.
Or, dans ce sens, la per­cep­tion de la musique est sem­blable à la per­cep­tion du bruit ambiant, omniprésent dans les cul­tures urbaines, qui atteint en per­ma­nence les habi­tants des grandes villes et que ces derniers acceptent naturelle­ment comme une part inté­grante de leur vie. La présence du bruit est telle­ment envelop­pante et anni­hi­lante qu’elle amor­tit la capac­ité de per­cep­tion, l’homme finis­sant par neu­tralis­er sa dimen­sion d’élément agresseur. Avec, pour effet, une agres­sion, une anom­alie, un fac­teur de silence et d’an­goisse en cas d’ab­sence de bruit.
Dans la mesure où le bruit, même en quan­tité nocive, men­tale­ment et phys­i­ologique­ment, se trou­ve indis­so­cia­ble­ment lié au fonc­tion­nement quo­ti­di­en des choses, au cours nor­mal de la vie, son absence serait un indice de paralysie, de mort et de vide.
Ce qui est curieux ici, c’est la façon dont la musique et les bruits se con­fondent dans les sit­u­a­tions quo­ti­di­ennes, con­tribuant indis­tincte­ment à tiss­er le fond sonore indif­féren­cié qui car­ac­térise la vie et le fonc­tion­nement des grands cen­tres urbains. Cela m’amène à pos­er une ques­tion fon­da­men­tale : qu’est-ce qui se passe avec la musique dans le théâtre et la danse con­tem­po­rains ? Com­ment est-ce que la musique fonc­tionne ou doit fonc­tion­ner ?La musique est-elle aus­si un bruit de fond, sup­port sonore neu­tre, non inter­venant qui se lim­ite à rem­plir le vide effrayant qui enveloppe poten­tielle­ment la parole et le mou­ve­ment ?
La musique de scène doit-elle être une espèce de tapis sonore des­tiné à amor­tir la vio­lence du silence ou à cou­vrir l’éventuelle fragilité du dis­cours et des gestes scéniques pro­posés ?Est-ce que son rôle est de faciliter le tra­vail de la mise en scène, de la dra­maturgie ou de la choré­gra­phie, co-agis­sant et lim­i­tant l’activité per­cep­tive d’un pub­lic pré­con­di­tion­né à une expo­si­tion sonore médi­a­tique con­tin­ue et mas­sive ? Du point de vue de mon tra­vail, je pense qu’une réponse affir­ma­tive à cette ques­tion ne peut don­ner qu’une vision appau­vrie, réduc­trice et pri­maire de l’univers scénique de la créa­tion artis­tique. 

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Écrit par Antonio Emiliano
Com­pos­i­teur ; lin­guiste ; col­lab­o­ra­teur réguli­er de Ricar­do Pais.Plus d'info
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