La place des femmes au Centquatre
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La place des femmes au Centquatre

Entretien avec José-Manuel Gonçalvès, directeur du Centquatre-Paris (mai 2016)

Le 15 Juil 2017
Article publié pour le numéro
Couverture du numéro 129 - Scènes de femmes
129
Article fraîchement numérisée
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S. M.-L. : Alter­na­tives théâ­trales vient de con­cevoir un numéro sur l’écriture et la créa­tion au féminin, dont le Cen­tqua­tre est parte­naire. J’ai échangé avec plusieurs femmes de ton équipe (Naïa Sore, direc­trice de com­mu­ni­ca­tion, Julie Sanerot, direc­trice de pro­duc­tion, Vir­ginie Duval, attachée de presse…), qui ont toutes mar­qué un vif intérêt pour ce sujet. Qu’en est-il pour toi ? 

J.-M. G. : Par­ler de la par­ité entre hommes et femmes, c’est par­ler de la com­po­si­tion de la société dans laque­lle on vit aujourd’hui. Les iné­gal­ités entre les deux sex­es, ça marche dans les deux sens. Pourquoi n’y‑a-t-il pas plus d’hommes de ménage ? On peut le regret­ter… En même temps, je suis mal à l’aise avec l’imposition des quo­tas, qui ren­voie à la créa­tion de com­mu­nautés, de fait. La ques­tion de la com­mu­nauté, c’est-à-dire le fait de se retrou­ver ensem­ble à un moment don­né autour d’une pra­tique partagée, m’intéresse pro­fondé­ment. Je pense pré­cisé­ment à la com­mu­nauté des spec­ta­teurs, qui se retrou­vent autour d’un même objec­tif sans se con­naître préal­able­ment, avec des con­signes com­munes… Mais l’idée qu’une com­mu­nauté (de femmes en l’occurrence) se retrou­ve et se définisse par oppo­si­tion à une autre com­mu­nauté, me pose tou­jours ques­tion.

Il s’agit de réti­cences d’ordre philosophique, avec lesquelles je suis bien obligé de me con­tredire… En effet, j’oppose sou­vent la ques­tion de l’identité et de la sin­gu­lar­ité. J’aime mieux tra­vailler sur l’idée de la sin­gu­lar­ité que sur celle de l’identité, parce que la pre­mière sup­pose une déf­i­ni­tion par rap­port à l’Autre, et la sec­onde par rap­port au sol, à une déter­mi­na­tion géo­graphique – elle-même liée à la fil­i­a­tion… On voit bien ce que ça pro­duit aujourd’hui… Pour résumer, si j’essaie d’être cohérent avec mes con­vic­tions pro­fondes, l’idée de la sin­gu­lar­ité m’est chère, mais elle me gêne un peu si elle con­cerne une com­mu­nauté.

Abstrac­tion faite de cette con­tra­dic­tion, je suis atten­tif aux ques­tions de par­ité au Cen­tqua­tre. Nous n’avons pas décidé de quo­tas impérat­ifs en faveur d’un équili­bre homme-femme, mais il est bien évi­dent que ce critère soci­ologique joue par­mi d’autres, notam­ment quand on se demande ce que révèle la pho­togra­phie de notre sai­son. Est-elle noire ou blanche, plus mas­cu­line que fémi­nine… ? 

La représen­ta­tion des artistes-femmes inter­vient dans ce cadre de réflex­ion général. Il faut dire que j’ai une équipe de direc­tion majori­taire­ment fémi­nine ! Si je n’avais pas cette vig­i­lance, je crois que mes coéquip­ières me rap­pelleraient à l’ordre ! D’ailleurs Julie (Sanerot), direc­trice de la pro­duc­tion, m’alerte des éventuels man­ques ou déséquili­bres au fur et mesure de la com­po­si­tion de la pro­gram­ma­tion. Ce n’est pas un final cut qui arrive en mai. Chemin faisant, il y a toute une série de critères qui ont été inté­grés par toute l’équipe. Et quand on est face à un objet artis­tique qui nous plaît – c’est le critère essen­tiel –, il est cer­tain qu’à qual­ité égale, on choisira plus volon­tiers une artiste-femme.

S. M.-L. : Quel est le pour­cent­age de spec­ta­cles écrits ou mis en scène par des femmes, pro­gram­més au cours de la sai­son ?

J.-M. G. : Je n’ai pas en tête tous les don­nées sta­tis­tiques, mais il faut bien tenir compte du fait que le Cen­tqua­tre n’est pas unique­ment un lieu de pro­gram­ma­tion de spec­ta­cles final­isés. Il faudrait compt­abilis­er tous les artistes en rési­dence pour avoir une idée juste, et ce dans toutes les dis­ci­plines (tous arts de la scène bien sûr, mais égale­ment les arts plas­tiques, les arts culi­naires…). Et je ne mets pas dans la boucle toutes les pra­tiques (cir­cassi­ennes et éphémères d’une part, ou com­mer­ciales d’autre part) qui ont lieu ici. On ne peut pas dire que ce lieu est dif­férent de par ses usages, et ne s’intéresser qu’aux critères appliqués dans les théâtres monothé­ma­tiques ou moins pluridis­ci­plinaires que nous. C’est vrai­ment impor­tant d’avoir ça en tête ! Par exem­ple, aujourd’hui, les artistes asso­ciés sont majori­taire­ment des femmes. La plus célèbre étant actuelle­ment Chris­tiane Jatahy1.

S. M.-L. : Au-delà des don­nées quan­ti­ta­tives, peux-tu nous par­ler de pro­jets artis­tiques au féminin qui te tien­nent par­ti­c­ulière­ment à cœur ?

J.-M. G. : Volon­tiers puisqu’encore fois, c’est le critère artis­tique qui pré­vaut. Je ne choi­sis jamais de pro­gram­mer une femme sous pré­texte qu’il n’y en a pas assez, je ne vais pas décou­vrir un spec­ta­cle parce qu’il est signé par une femme. Je me réjouis sim­ple­ment de décou­vrir que c’est un pro­jet de femme quand il est réus­si. Parce que je sais qu’au final, l’offre est moins nom­breuse. Quand j’ai un coup de cœur, comme c’est le cas avec le tra­vail de Chloé Dabert, artiste asso­ciée au Cen­tqua­tre2 et actuelle­ment pro­gram­mée avec deux spec­ta­cles, je n’hésite pas. Idem avec Chris­tiane Jatahy avec qui j’ai fait une mag­nifique ren­con­tre ! Nous échangeons essen­tielle­ment sur l’artistique mais aus­si sur les thé­ma­tiques féminines qui lui impor­tent. 

S. M.-L. : En effet, d’ailleurs nous avons pub­lié un arti­cle signé par Mar­jorie Bertin à ce sujet. Il est bien évi­dent que Chris­tiane Jatahy s’intéresse aux des­tinées de femmes, et apporte sa lec­ture au féminin d’œuvres écrites par des hommes, en l’occurrence avec ses adap­ta­tions très libres de Made­moi­selle Julie de Strind­berg et des Trois sœurs de Tchekhov. Comme beau­coup d’artistes femmes, qui tien­nent des dis­cours me sem­blant relever des « nou­veaux ter­ri­toires fémin­istes » (pour emprunter l’expression à la Revue Jeu, pub­liée au Québec), elle refuse cepen­dant d’être enfer­mée dans la caté­gorie des « fémin­istes ».

J.-M. G. : Oui, Chris­tiane Jatahy est très atten­tive aux per­son­nages de femme et à leurs des­tinées. Elle par­le sou­vent des con­flits, et donne aux femmes des rôles prin­ci­paux qui leur per­me­t­tent de cou­vrir un large spec­tre de jeu : femme sal­va­trice ou cru­elle…

S. M.-L. : On en aura un nou­v­el aperçu avec son traite­ment de la fig­ure de Lady Mac­beth, dont il sera ques­tion dans sa prochaine créa­tion La Forêt qui marche, libre­ment inspirée de Shake­speare. Cela nous per­met d’aborder un point qui nous importe ici. Car au-delà de l’aspect poli­tique et mil­i­tant du sujet, certes essen­tiel, nous avons souhaité nous inter­roger dans ce numéro sur les impacts de l’inégalité hommes-femmes sur le geste artis­tique. Com­ment les femmes écrivaines aux­quelles tu t’intéresses se sai­sis­sent-elles de cette ques­tion ? Je pense par exem­ple à Olivia Rosen­thal (cf Antoine et Sophie font leur ciné­ma, Toutes les femmes sont des Aliens)…

J.-M. G. : Oui bien sûr, on peut penser à Olivia mais égale­ment à Chloé Moglia avec qui elle a col­laboré pour Le Ver­tige (2012). Tout en s’intéressant à la place spé­ci­fique occupée par les femmes dans le domaine de la créa­tion, elles n’ont pas la même manière d’aborder la ques­tion du féminin. Il me sem­ble que Chloé M. assume une image de la femme dif­férente de celle qu’Olivia défend. J’en ai eu des échos très con­crets au moment de la créa­tion. Olivia con­sid­érait que l’utilisation des talons aigu­illes comme une con­ces­sion au fémin­isme, tan­dis que pour Chloé, il s’agissait sim­ple­ment d’un sym­bole de féminité (sen­su­al­ité, séduc­tion) qu’elle aimait explor­er – tout en se sen­tant per­son­nelle­ment assez mas­cu­line… La dis­cus­sion sur l’utilisation des hauts talons dans Le Ver­tige a vrai­ment fait débat !

Je pense au tra­vail de deux autres artistes que j’aime beau­coup, deux bur­lesques et alter égo d’Antoine Defoort et Julien Four­net de l’Amicale de pro­duc­tion, à savoir Alice Les­canne et Sonia Derzy­pol­s­ki. Elles vien­nent des arts plas­tiques et font des per­for­mances et des spec­ta­cles de théâtre assez incroy­ables, proches de l’univers et des préoc­cu­pa­tions d’Antoine à ses débuts : grands thèmes socié­taux, pos­tures réflex­ives dans le champ des sci­ences. Elles dépa­touil­lent tout ça en mon­trant la faib­lesse et l’emphase de la réflex­ion, mais aus­si le poids de la com­mu­ni­ca­tion qui écrase la réal­ité de la pen­sée. Par exem­ple, elles se sont intéressés aux « Que sais­je ? »3, comme un des élé­ments con­sti­tu­tifs de notre his­toire, en expli­quant l’origine et l’importance de la col­lec­tion, mais aus­si son côté nor­matif (nom­bre de pages, modes d’analyse voire com­men­taires iden­tiques et récur­rents d’un numéro à un autre…). On les avait décou­vertes au moment de l’exposition avec les Félic­ités des Beaux-Arts. Et leur for­mi­da­ble orig­i­nal­ité, leur manière très par­ti­c­ulière d’être à proximité/avec les vis­i­teurs, comme au théâtre, nous avait touchés. Ces jeunes femmes que nous accom­pa­gnons depuis trois ans main­tenant, se sont créé leur pro­pre univers « néo-bur­lesque », tout en abor­dant, à leur manière, la plu­part des sujets avec leurs « lorgnettes » de femme…

S. M.-L. : Pens­es-tu qu’il existe une manière de créer au féminin ?

J.-M. G. : Ça fait par­tie des élé­ments de con­texte. Après, est-ce que tu en fais un sujet de créa­tion ? Les femmes artistes que je con­nais sont plus ou moins sous influ­ence lucide de ce qui, dans leur manière de regarder et de don­ner forme à un sujet, est lié au fait d’être femme ou pas.

S. M.-L. : Cer­taines en font un com­bat. Écrire ou s’approprier des textes écrits par des hommes peut en faire par­tie. En revanche pour d’autres, comme Chloé Dabert, l’approche gen­rée ne joue qu’inconsciemment.

J.-M. G. : En ce qui la con­cerne, c’est peut-être lié à une forme de déli­catesse…

S. M.-L. : C’est aus­si lié à un cer­tain ras-le-bol, à la crainte d’avoir été sélec­tion­née pour sat­is­faire des quo­tas.

J.-M. G. : Chloé Dabert présente ici deux pièces qui ont un joli suc­cès auprès du pub­lic et des cri­tiques. Il y a une intel­li­gence du plateau dans les deux mis­es en scène de Nadia C. et d’Orphe­lins. La scéno­gra­phie d’Orphe­lins est for­mi­da­ble et gon­flée. Le quadri-frontal pour les acteurs, il n’y a rien de plus dif­fi­cile. Le texte de Denis Kel­ly est d’une grande effi­cac­ité et résonne forte­ment aujourd’hui. Pour Nadia C., ce qui est par­ti­c­ulière­ment intéres­sant, c’est l’avènement de ce corps poli­tique et de ce corps sportif, et qui passe par ce corps de femme – qui en même temps tra­verse la con­di­tion de femme, et la con­di­tion d’être un trans­met­teur poli­tique. 

S. M.-L. : Comme on le dis­ait tout à l’heure, la vig­i­lance règne ici (de manière con­sciente), d’autant plus que tu es entouré de femmes.

J.-M. G. : Absol­u­ment, d’ailleurs l’équipe est majori­taire­ment fémi­nine, et ce, à tous les éch­e­lons. 

Les femmes artistes au CENTQUATRE

> forte présence de met­teuses en scène et d’auteures pen­dant le Fes­ti­val Impa­tience 2016 :

- À tire d’aile : Ili­ade
texte : Pauline Bayle d’après Homère / mise en scène : Pauline Bayle
- Com­pag­nie Lyncéus-Théâtre : Et, dans le regard ? La tristesse d’un paysage de nuit. texte : Mar­guerite Duras / mise en scène : Lena Paugam
- Col­lec­tif Mariedl : Homme sans but
texte : Arne Lygre / mise en scène : Col­ine Struyf
- Col­lec­tif Le Grand Cerf Bleu : Non c’est pas ça ! (Tre­plev vari­a­tion)
texte : Anton Tchekhov et écri­t­ure col­lec­tive / mise en scène : Lau­re­line Le Bris-Cep, Gabriel Tur, Jean-Bap­tiste Tur

Des femmes à retrou­ver dans la pro­gram­ma­tion de la sai­son prochaine (2016/2017) :

- La forêt qui avance de Chris­tiane Jatahy du mar­di 4 au dimanche 22 octo­bre 2016 en parte­nar­i­at avec le théâtre nation­al de l’Odéon
- Qui veut voy­ager loin choisit sa mon­ture un spec­ta­cle jeune pub­lic (10 ‑13 ans) d’Alice Les­cane et Sonia Derzy­pow­ki
- Para que o céu não caia (Pour que le ciel ne tombe pas) de Lia Rodrigues du ven­dre­di 4 au same­di 12 novem­bre, relâche le lun­di Avec le Fes­ti­val d’Automne
- Grande de Vimala Pons du 7 au 26 jan­vi­er 2017. Avec le Théâtre de la ville
- Antoine et Sophie font leur ciné­ma « Quel film a changé votre vie ? » — du 24 jan­vi­er au 5 févri­er 2017, texte Olivia Rosen­thal
- La Religieuse à la fraise de Kaori Ito et Olivi­er Mar­tin-Sal­van 15 et 16 mars 2017
- Love Supreme reprise d’Anne Tere­sa De Keers­maek­er – du 5 au 9 avril — Avec le Théâtre de la ville
- Instal­la­tion soli­taire Bord d’œuvres de Agathe Jou­bert & Pauline Vialat­te de Pémille

Péri­ode : Printemps/été 2017 dans la cadre de la pro­gram­ma­tion esti­vale ciné­ma du 104

Et par­mi les artistes en rési­dence

Aga­pan­the – Alice Mul­liez (arts visuels)
aalliicceelleessccaannnnee&ssoonniiaaddeerrzzyyppoollsskkii (théâtre/arts visuels)
Bar­bara Car­lot­ti (musique)
Chloé Dabert (théâtre)
Chris­tiane Jatahy (théâtre/cinéma)
Emi­ly Loizeau (musique/ théâtre)
Jeanne Added (musique)
Julie Ram­age (arts visuels)
Jus­tine Pluvinage (arts visuels/cinéma)
Léonore Merci­er (arts visuels)
Louise Lecav­a­lier (danse)
Pauline Vialat­te de Pémille et Agathe Jou­bert (arts visuels)
Olivia Rosen­thal (lit­téra­ture)
Liste non exhaus­tive…

  1. Voir What if they went to Moscou ? Entre réal­ité et fan­tasme, le désir de change­ment des Trois Sœurs de  Chris­tiane Jatahy », Mar­jorie Bertin, in Alter­na­tives théâ­trales, N° 129. ↩︎
  2. Voir « Chloé Dabert et Nadia Comaneci, les fron­tières en ques­tion », Emmanuelle Favier, in Alter­na­tives théâ­trales, N° 129. ↩︎
  3. Le titre du spec­ta­cle est aléa­toire : Aalliicceelleessccaannnnee&ssoonniiaaddeerrzzyyppoollsskkii ↩︎
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Écrit par Sylvie Martin-Lahmani
Pro­fesseure asso­ciée à la Sor­bonne Nou­velle, Sylvie Mar­tin-Lah­mani s’intéresse à toutes les formes scéniques con­tem­po­raines. Par­ti­c­ulière­ment atten­tive aux...Plus d'info
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