Utopie et fête communautaire

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Le 25 Sep 1991
NÓS DE UM SEGRADO.
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« Qui est-ce qui pleure ou rit devant une pein­ture ? »
João Brites 

VIVIRIATO. Mise en scène de João Brites. Photo Mariano Piçarra.
VIVIRIATO. Mise en scène de João Brites. Pho­to Mar­i­ano Piçar­ra.

O Ban­do, comme son nom l’indique, est un col­lec­tif de créa­tion né en 1974, l’année de la Révo­lu­tion des Œil­lets. Cette bande est con­sti­tuée d’un nom­bre vari­able d’in­ter­venants (entre neuf et vingt) qui se parta­gent les dif­férentes tâch­es de fonc­tion­nement du groupe : recherche doc­u­men­taire, choix dra­maturgiques et esthé­tiques, tâch­es tech­niques et admin­is­tra­tives. Après plus de trente spec­ta­cles présen­tés dans le pays (des régions les plus peu­plées aux plus petites aggloméra­tions rurales) et à l’é­tranger, le groupe dirigé par le pein­tre et sculp­teur João Brites occupe une place à part dans le panora­ma du théâtre por­tu­gais con­tem­po­rain.
Essen­tielle­ment car­ac­térisée par une volon­té de recherche esthé­tique qui puise dans le pat­ri­moine eth­no-cul­turel (mise à jour de légen­des ances­trales, util­i­sa­tion d’in­stru­ments tra­di­tion­nels), la démarche d’O Ban­do ren­voie aus­si bien à un imag­i­naire aux racines pop­u­laires qu’à un univers pic­tur­al d’origine expres­sion­niste et sur­réal­iste, au théâtre épique ou aux lan­gages issus du théâtre panique. O Ban­do s’est dess­iné un par­coutfs qui accom­pa­gne sans aucune con­ces­sion à la facil­ité l’évolution socio-his­torique de notre pays. Après une phase opti­miste et naïve, tournée vers l’in­ter­ven­tion sociale immé­di­ate et qui a don­né nais­sance à des spec­ta­cles d’an­i­ma­tion, les créa­tions des dernières années (surtout à par­tir de la moitié des années 80) font mon­tre d’op­tions à teneur esthé­tique plus rad­i­cale sans qu’on ait pour autant délais­sé les traits dom­i­nants d’un théâtre que l’on veut pop­u­laire, com­mu­nau­taire, dont la dimen­sion est en même temps pro­fondé­ment por­tu­gaise et ouverte à la com­mu­ni­ca­tion uni­verselle.

PREGAÇÃO. Mise en scène de João Brites. Photo Mariano Picarra.
PREGAÇÃO. Mise en scène de João Brites. Pho­to Mar­i­ano Picar­ra.

Cette ligne de con­duite sou­vent définie comme appar­tenant à une fil­i­a­tion épique s’est traduite par un tra­vail de con­stante remise en cause et de préoc­cu­pa­tion formelle _qui, dans la phase actuelle du groupe, se man­i­feste par une expéri­men­ta­tion rad­i­cale des lim­ites de la nar­ra­tion scénique ain­si que des pos­si­bil­ités d’abstraction des dif­férents sys­tèmes théâ­traux. C’est dans ce sens que João Brites et ses col­lab­o­ra­teurs, après une phase qui a priv­ilégié la créa­tion col­lec­tive, se sont tournés de préférence vers l’adap­ta­tion et le col­lage de textes nar­rat­ifs d’au­teurs anciens ou con­tem­po­rains. C’est le cas de BICHOS (Bêtes), un recueil de con­tes allé­goriques (1940) de Miguel Tor­ga, poète et écrivain por­tu­gais édité plusieurs fois en langue française. Le spec­ta­cle s’in­scrit dans une ten­ta­tive d’articulation de la recherche sur les formes et les images (point de départ des impro­vi­sa­tions) avec la créa­tion d’une dra­maturgie par­ti­c­ulière, non con­ven­tion­nelle, per­me­t­tant d’amen­er la manière de racon­ter à une qua­si-hys­térie qui trans­forme le texte ini­tial en un matéri­au théâ­tral manip­u­la­ble.

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Écrit par Eugénia Vasques
Cri­tique et ana­lyste théâ­trale, dra­maturge ; pro­fesseur à l’É­cole Supérieure de Théâtre et de Ciné­ma de Lis­bonne ; mem­bre de...Plus d'info
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