
NÉ À BRUXELLES en 1945.
Si Jacques De Decker a exploré presque tous Les chemins des lettres belges, c’est qu’il a pris la route très tôt. Dès l’âge de douze ans, il voit ses premiers poèmes paraître dans Le Soir pour enfants, et à la fin de ses humanités, il crée avec Albert-André Lheureux le Théâtre de l’Esprit frappeur. Ainsi commence l’aventure théâtrale de Jacques De Decker. Licencié en philologie germanique, il affûte sa plume, de traductions en adaptations et retrouve le quotidien Le Soir comme critique littéraire et théâtral. Mais il continue à enseigner à l’École d’interprètes à Mons puis au Conservatoire de Bruxelles. Jacques De Decker croit à la pédagogie, celle du critique comme celle du professeur. C’est une histoire de générosité. À Londres, une pièce de Simon Gray lui révèle le théâtre qu’il voudrait faire, un théâtre un peu différent de celui des années 70. C’est grâce à une commande de Claude Étienne qu’il écrira sa première pièce, PETIT MATIN. Et quand la route du théâtre le ralentit, il publie des romans (LA GRANDE ROUE, PARADES AMOUREUSES, LE VENTRE DE LA BALEINE).
Au cœur de toutes ces écritures, Jacques De Decker garde le désir de traduire : d’une langue à l’autre, d’un code à un autre ou « Traduire un morceau du monde en en faisant de la fiction… »1
Tranches de dimanche
INSTANTANÉS d’une vie de famille. Une famille d’aujourd’hui aux membres dispersés ; une famille où deux générations se confrontent et se cherchent. C’est un dimanche de réception pas comme les autres. En vue du mariage de leur fille, Irène et Émile, séparés depuis quinze ans, vont se retrouver. Rencontre préventive, préparatoire en quelque sorte…
Sur le ton anodin de la conversation, les petits reproches, les aveux discrets dévoilent les personnages, révèlent le fond de leur être, la vérité de leurs motivations. Une réalité moins lénifiante perce sous l’optimisme de bon ton et sous l’enjouement : l’amour retombe un peu, les êtres se font moins dignes. Jusqu’à la scène dramatique et grotesque du fils en révolte contre l’hypocrisie, lançant à chaque personnage une rafale de vérités. Alors, peu à peu, se lève comme une aube nouvelle…
Le magnolia
« QUI A DEUX maisons perd sa raison » disait un film d’Éric Rohmer… Adrien est architecte de jardins et vit dans une maison à la campagne. Julien étudie le théâtre fin de siècle et habite un appartement en ville. Entre les deux, Marie et/ou Antoinette va et vient, scrute les signes de leur amour, sonde leur affection, observe leurs réactions. De questions en questions, elle cherche peut-être à choisir. Pour l’un, elle est Marie, pour l’autre, Antoinette : deux vies qui se complètent sur une parcelle de liberté préservée. Mais l’équilibre précaire est fait pour se rompre. Julien rencontre Adrien. Le citadin se met à rêver de campagne et d’espaces verts, il voudrait un jardin sur sa terrasse.
LE MAGNOLIA est une fable qui se déroule dans une tranquille fatalité. Marionnettiste soudain dépassée par ses poupées, Marie-Antoinette s’incline sans révolte tout comme elle créait sa double histoire sans perversion.
Les pièces de Jacques De Decker campent des tranches de vie de la petite bourgeoisie d’aujourd’hui. L’auteur plonge dans le quotidien des relations familiales ou amoureuses. Ses dialogues réalistes, tantôt légers, tantôt incisifs y soulignent les parades, les malentendus, les lieux communs… Avec toujours, en toile de fond, un mélange ambigu de tendresse et de séduction.
ND
- Entretien avec Paul Emond, in LA GRANDE ROUE, Éditions Labor, 1993. ↩︎
Œuvres théâtrales
PETIT MATIN
Publié aux Éditions
Les Éperonniers, suivi de JEU D’INTÉRIEUR, Bruxelles, 1979.
Création dans une mise en scène de l’auteur aux Midis du Rideau de Bruxelles, en 1976.
Adaptation radiophonique par Jean-Louis Jacques pour la RTBF en 1976.
Retransmission par la SSR et Radio Canada.
Version télévisée produite par la RTBF, 1983.
Distribution : 2 femmes, 2 hommes
Durée : 1h
JEU D’INTÉRIEUR Publié aux Éditions
Les Éperonniers, précédé de
PETIT MATIN, Bruxelles, 1979.
Publié en anglais sous le titre
INDOOR GAMES dans une
traduction d’Anne-Marie
Glasheen, dans « Four belgian
playwrights », Gambit,
International Theater Review,
n° 42 – 43, Londres, John Calder Publisher, 1986.
Création dans une mise en scène de Marcel Delval au Théâtre de l’Esprit frappeur, Bruxelles, en 1979.
Adaptation radiophonique pour
la RTBF par Jacques Bourlez, en 1978.
Retransmission par la SSR et Radio Canada.
Création en néerlandais sous le titre BINNENSKAMERS dans une traduction de Roger van Ransbeeck, par le Teater Gomarus à Malines, en 1987.
Distribution : 1 femme, 1 homme
Durée : 2h
ÉPIPHANIE
Publié aux Éditions Le Cri, Bruxelles, 1980.
Adaptation radiophonique
diffusée sur France-Culture
et sur la RTBF, en 1981.
Distribution : 2 femmes, 3 hommes
Durée:2h
TRANCHES DE DIMANCHE
Nouvelle version d’ÉPIPHANIE.
Publié aux Éditions Actes
Sud — Papiers, 1987.
Création dans une mise en scène
de Jean-Claude Idée au Théâtre
Molière, Bruxelles, en 1987.
Version télévisée produite
par Del Diffusion.
Distribution : 2 femmes, 3 hommes
Durée : 2h15
FITNESS
Publié aux Éditions de
l’‘Ambedui, Bruxelles, 1994.
Création dans une mise en scène
de Martine Willequet à La
Samaritaine, Bruxelles, en 1992.
Distribution : 1 femme
Durée : 1h20
FENÊTRE SUR COUPLE
Nouvelle version
de JEU D’INTÉRIEUR.
Création par la Compagnie Yvan
Baudouin — Lesly Bunton dans
une mise en scène d’Yvan
Baudouin, Bruxelles, en 1994.
PETIT MATIN, GRAND SOIR
Publié aux Éditions de
l’Ambedui, Bruxelles, 1996.
Création dans une mise en scène
de Daniel Simon au ThéâtrePoème, Bruxelles, en 1997.
Distribution : 2 femmes, 2 hommes
Durée : 2h
LE MAGNOLIA OU LE VEAU DE VILLE ET LE VEAU DES CHAMPS
À paraître aux Éditions
Lansman, Carnières.
Distribution : 2 femmes, 2 hommes
Durée : 2h30
Adaptations
MORLY BLOOM
d’après ULYSSE de James Joyce
Création dans une mise en scène de Jacques De Decker au Théâtre-Poème, en 1969.
LE ROUGE ET LE NOIR
de Stendhal (avec Albert-André Lheureux)
Création dans une mise en scène d’Albert-André Lheureux au Rideau de Bruxelles, en février 1973.
COLLISION
de Pierre Mertens
Publié dans l’Avant-Scène Théâtre, n 829 – 830, 1988.
Création dans une mise en scène de Henri Ruder aux Midis du Rideau de Bruxelles, en février 1982.
LES TROIS MOUSQUETAIRES
d’Alexandre Dumas
Création dans une mise en scène de Daniel Scahaise au Théâtre du Parc, Bruxelles, en décembre 1982.
LE CAPITAINE FRACASSE
(avec Daniel Scahaise)
Création dans une mise en scène de Daniel Scahaise au Théâtre royal du Parc, en septembre 1986.
LES TROIS SŒURS
d’Anton Tchekhov
Publié aux Éditions Le Cri, Bruxelles, 1996.
Création par le Théâtre en Liberté dans une mise en scène de Daniel Scahaise au Vaudeville, en janvier 1996.
Traductions
LA FAMILLE
de Lodewijk de Boer
(avec Jean Sigrid)
Création dans une mise en scène de Derek Goldby au Théâtre de Poche, en septembre 1973.
DES FILLES ET DES GARÇONS
d’Yvonne Keuls
(avec Jean Sigrid)
Création dans une mise en scène de Jo Dua au Théâtre national de Belgique, en novembre 1976.
MES QUATRE HOMMES ET MOI
de Jean Kerr
Création par la Compagnie des Galeries dans une mise en scène de Claude Vignot, en septembre 1976.
PAS DE DEUX
de Hugo Claus
(avec Jean Sigrid)
Création par le Théâtre de la Balsamine dans une mise en scène de Martine Wijckaert, en mai 1977.
AMADEUS
de Peter Shaffer
Création dans une mise en scène de Jacques Huisman au Théâtre national de Belgique, en avril 1981.
RICHARD III
de William Shakespeare
Création dans une mise en scène de Daniel Scahaise au Théâtre du Parc, en septembre 1981.
VISAGES CONNUS, SENTIMENTS MÉLANGÉS
de Botho Strauss
Création dans une mise en scène de Jules-Henri Marchant au Rideau de Bruxelles, en février 1984.
LA DIXIÈME DE BEETHOVEN
de Peter Ustinov
Création dans une mise en scène de Philippe Rondest au Théâtre national de Belgique, en avril 1983.
BELLA, MARIE, TIM ET HARRY VONT À LA MER
de E.G. Whitehead
Création dans une mise en scène de Jean-Claude Idée au Théâtre de l’Ancre, en décembre 1984.
HAMLET
de William Shakespeare
Création par les Tréteaux Libres dans une mise en scène de Daniel Scahaise au Centre culturel Le Botanique, en janvier 1985.
LES HYPOCONDRES
de Botho Strauss
Création dans une mise en scène
de Jules-Henri Marchant au Rideau de Bruxelles, en mars 1985.
LES BIENFAITEURS
de Michael Frayn
Création dans une mise en scène de Jacques Huisman au Théâtre National, en octobre 1985.
L’HOMME GRIS
de Marie Laberge
Création dans une mise en scène de Gabriel Garran par le Théâtre international de langue française au Théâtre national de Belgique, en septembre 1986.
LE FILS À PAPA
de Woody Allen
Création par la Compagnie des Galeries dans une mise en scène de Claude Vignot, en décembre 1987.
OUBLIER
de Marie Laberge
Création dans une mise en scène de Jean-Claude Drouot au Théâtre national de Belgique, en mars 1988.
LA LÉGENDE D’ULENSPIEGEL
de Hugo Claus, d’après Charles de Coster
Publié aux Éditions l’Âge d’Homme, Lausanne, 1992.
Création dans une mise en scène de Daniel Scahaise au Théâtre du Parc, en septembre 1988.
FUGUES APRÈS NOËL
de Ruud De Ridder
Création par la Compagnie des Galeries dans une mise en scène de Claude Vignot, en décembre 1988.
BRISES D’ÉTÉ
d’Arthur Schnitzler
Création dans une mise en scène de Jules-Henri Marchant au Rideau de Bruxelles, en janvier 1991.
LES SŒURS OÙ CASANOVA À SPA
d’Arthur Schnitzler (avec Armand Delcampe)
Publié dans les Cahiers-Théâtre de Louvain-la-Neuve, 1993.
Création dans une mise en scène d’Armand Delcampe à l’Atelier Théâtral de Louvain-la-Neuve, en février 1993.
VERRES (TWO)
de Jim Cartwight
Création dans une mise en scène de Jacques Joël, en février 1993.
LE MARTIN-PÊCHEUR
d’après William Douglas-Home
Publié dans l’Avant-Scène Théâtre, n° 979, décembre 1995.
Création dans une mise en scène de Jean-Claude Idée au Théâtre Saint-Georges, Paris, le 10 septembre 1995.
LULU
de Frank Wedekind
Publié aux Éditions Le Cri, Bruxelles, 1997.
Création par le Théâtre en Liberté dans une mise en scène de Daniel Scahaise au Vaudeville, en janvier 1997.

