Vera Feyder
Non classé

Vera Feyder

Le 1 Jan 1997
Article fraîchement numérisée
Cet article rejoint tout juste nos archives. Notre équipe le relit actuellement pour vous offrir la même qualité que nos éditions papier. Pour soutenir ce travail minutieux, offrez-nous un café ☕
Vera Feyder
Vera Fey­der

NÉE À LIÈGE en 1939. 

« C’é­tait donc tou­jours aux préaux miroi­tants des ciné­mas que mes peurs s’attardaient, revivant tout au long des pan­neaux d’af­fichage, d’une pho­to à l’autre, l’inépuisable des­tin des héroïnes… » (Vera Fey­der, LIÈGE, Édi­tions Champ Val­lon, 1991) Et Vera Fey­der voulut devenir actrice. Elle étudie l’art dra­ma­tique à l’Académie Grétry et quitte sa ville natale pour Paris. C’est le temps des pre­miers engage­ments à la télévi­sion française d’abord ; ensuite au théâtre, grâce notam­ment à Agnès Var­da. Vera Fey­der joue Strind­berg et Piran­del­lo. Mais c’est par l’écri­t­ure qu’elle veut faire enten­dre sa révolte et, par­fois, son désen­chante­ment. En 1967, elle écrit ses pre­miers textes pour la radio et crée, ensuite, de nom­breuses « dra­ma­tiques » qui se ver­ront couron­nées du Prix de la Société des Auteurs en 1985. Son pre­mier recueil de poèmes, LE TEMPS DÉMUNI, reçoit le prix Décou­verte en 1961 et sa pre­mière nou­velle, UN JASPE POUR LiIZA, est pub­liée par Simone de Beau­voir dans Les Temps mod­ernes. Sa pre­mière pièce, EMBALLAGE PERDU, fut, d’emblée, un très grand suc­cès. Depuis trente ans, Vera Fey­der explore les méan­dres de la dés­espérance et de l’il­lu­sion par des poèmes (plus d’une douzaine de recueils), des romans (LA DERELITTA, prix Rossel 1977 ; L’ÉVENTÉE ; CALDEIRAS…) et des pièces de théâtre. Un théâtre qu’elle dédie sou­vent aux acteurs. 

Patricia Ide et Hélène Theunissen dans EMBALLAGE PERDU de Vera Feyder, mise en scène de J.-P. Landresse au Théâtron, 1986.
Patri­cia Ide et Hélène The­unis­sen dans EMBALLAGE PERDU de Vera Fey­der, mise en scène de J.-P. Lan­dresse au Théâtron, 1986.

Embal­lage per­du 

JULIE ET LÉNA parta­gent la même cham­bre. Parta­gent la même errance, la même ten­ta­tive pour vivre. Leurs univers, très dif­férents, en rose et noir, se rejoignent là où s’effacent les con­trastes : dans la douleur d’ex­is­ter. Alors, pour nier le poids de la réal­ité, elles s’inventent des his­toires, se font du ciné­ma, du théâtre… Mais les images ne se lais­sent pas habiter comme cela. Com­ment être Bran­do ou Mar­i­lyn entre deux spaghet­ti-sar­dines sauce tomate ? Com­ment ressem­bler aux filles des mag­a­zines ? Com­ment tenir le rôle ?
Julie répond aux hommes qui appel­lent Léna et Léna retient Julie au bord de ses aveu­gle­ments, de sa foi naïve dans un monde sans laideur. Léna a un peu de cynisme d’avance. Un peu de dés­espoir aus­si. Mais à force d’être manip­ulée, l’image se déchire, et l’il­lu­sion devient trop étroite. Le ver­nis des men­songes s’écaille peu à peu. Les rires, la con­nivence et la déri­sion son­nent faux. Alors, pour prévenir le grand saut, l’abandon ou la folie, il ne reste que les mots, comme une bouteille qu’on lance à la mer. Parce que « c’est si petit, les mots, ça ne grandit jamais…» 

Impasse de la tran­quil­lité 

TOUT APPAREMMENT est comme ailleurs dans ce vil­lage calme et tran­quille : les hommes à la pêche ou au café et les femmes qui n’en ont jamais fini avec le ménage. C’est l’ordre des choses pour Babour qui n’y pense pas en réparant ses mon­tres et pour Babette qui ravale sa révolte en reprisant les rideaux. Car elle n’est pas bien sûre, Babette que ce n’est pas Babour qui déchire ses rideaux tou­jours au même endroit. Mais elle le dit sans le dire et leurs échanges ont la drôle ten­dresse des chamail­leries de vieux. Pour­tant, l’é­coule­ment scrupuleux du temps s’interrompt soudain. Le temps d’un viol. Le temps d’une vengeance. Les hommes sont con­vo­qués, soupçon­nés. Ils passent hors-champ, libèrent la scène. Libèrent la parole de ces femmes qui, d’habi­tude, se taisent. Elles par­lent d’elles, de leurs rêves échoués dans le quo­ti­di­en, de leurs illu­sions érein­tées con­tre la toile cirée des repas à heure fixe. Elles se décou­vrent une même haine longtemps con­tenue. Com­pagnes com­plices dans ce petit enfer quo­ti­di­en, elles seront désor­mais ensem­ble pour affron­ter la reprise du temps de l’habi­tude. 

ND 

Delu­so 

FIN D’APRÈS-MIDI pais­i­ble au « Sor­toir des Ténèbres », domaine per­du par­mi les arbres, où Astrid, ex-diva que tous croient morte, vit recluse depuis plus de quinze ans, entre les ani­maux du bois, ses chiens, son piano. Un homme y fait soudain irrup­tion : il arrive de Turin, précédé d’une immense cor­beille de fleurs, épuisé par la route, mais tout à la joie de revoir celle dont il fut autre­fois plus que l’impresario, au temps de sa brève et tri­om­phale car­rière. « Toi seul as comp­té, toi seul comptes encore…», dis­ait le télés­gramme par lequel Astrid l’a rap­pelé d’ur­gence auprès d’elle, dans sa retraite secrète. Mais au ren­dez-vous des espérances, il ne sera pas seul con­vo­qué, et tous Les ressorts du piège vengeur où il est tombé seront démon­tés peu à peu au couts d’une nuit fan­toma­tique, sur laque­lle plan­era, par la voix d’Astrid, le grand air de la folie amoureuse — cette voix, sub­limée par les uns, exploitée par les autres, qui a dis­paru de la scène lyrique, juste­ment après une représen­ta­tion de LUCIA DE LAMMERMOOR, pour suiv­re un incon­nu foudroyé d’amour, en l’entendant… 

Œuvres théâ­trales

EMBALLAGE PERDU
Pub­lié aux Édi­tions Stock, Paris, 1977 et 1982.
Nou­velle pub­li­ca­tion aux Édi­tions Actes Sud — Papiers, Paris, 1986, 1988, et 1994.
Créa­tion radio­phonique sur France-Cul­ture, Nou­veau réper­toire dra­ma­tique, le 29 jan­vi­er 1976.
Créa­tion dans une mise en scène de Jacques Ros­ny au Théâtre du Nou­veau Gym­nase à Liège, en févri­er 1977.
Nou­velle créa­tion sur scène au Théâtre des Math­urins à Paris, en juin 1982.
Créa­tion en anglais sous le titre de NO DEPOSIT NO RETURN dans une tra­duc­tion de Aaron Barz­man et Vera Fey­der à Win­ter Park en Floride (États-Unis), en 1986.
Créa­tion en por­tu­gais sous le titre EMBALLAGEM PERDIDA dans une tra­duc­tion de Cucha Car­val­heiro à l’Alliance française à Lis­bonne, en sep­tem­bre 1985.
Créa­tion en alle­mand, sous le titre KEIN PFAND, KEINE RUCKGABE, dans une tra­duc­tion de Rena­ta Doufex­is, au The­ater im Alt­stadthof à Nurem­berg, en jan­vi­er 1987.
Traduit en roumain sous le titre AMBALAJUL SE ARUNCA par Pao­lo Bentz-Fau­ci.
Prix Vax­e­laire de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique en 1977.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 1 voix d’homme off
Durée : 2h

RÈGLEMENTS DE CONTES
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man, coll. Noc­turnes Théâtre, n° 25, Carnières, jan­vi­er 1997.
Créa­tion radio­phonique sur France-Cul­ture en 1984.
Créa­tion sur scène par les Tréteaux sur la Fontaine à Liège, en jan­vi­er 1997.
Dis­tri­b­u­tion : 4 femmes, 8 hommes
Durée : 1h30

LE CHANT DU RETOUR
Pub­lié aux Édi­tions Actes Sud — Papiers, Paris, 1989.
Créa­tion par le Théâtre du Cam­pag­nol, dans une mise en scène de Jean-Claude Penchen­at, au Théâtre munic­i­pal d’Ar­ras, en avril 1989.
Dis­tri­b­u­tion : 13 femmes,27 hommes, 1 chanteur,des musi­ciens, des danseuses, des danseurs, 1 chien
Durée : 2h30

IMPASSE DE LA TRANQUILLITÉ
Pub­lié aux Édi­tions Actes Sud — Papiers, Paris, 1991.
Créa­tion radio­phonique sur France-Cul­ture, le 28 octo­bre 1990.
Dis­tri­b­u­tion : 4 femmes, 4 hommes, 1 chien
Durée : 2h

DERNIERS TÉLÉGRAMMES DE LA NUIT
Pub­lié aux Édi­tions Actes Sud — Papiers, Paris, 1989.
Créa­tion radio­phonique sous le titre VIOLA sur FranceCul­ture, en 1987.
Créa­tion dans une mise e scène de Mar­cel Del­val au Rideau de Brux­elles, en 1989.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 4 hommes
Durée : 2h

UN JASPE POUR LIZA
Pub­lié dans Les Temps Mod­ernes, Paris, févri­er 1965.
Nou­velles pub­li­ca­tions dans Les Car­nets de Bau­dass­er, en 1977, et dans les Cahiers du Ser­vice dra­ma­tique RTBF, en 1988.
Pub­lié aux Édi­tions Le TétrasLyre, col­lec­tion bilingue français-espag­nol, Liège, 1989.
Créa­tion radio­phonique dans une mise en ondes de l’auteur sur la RTBF, le 24 novem­bre 1978.
Dif­fu­sion sur la Radio suisse romande et sur France-Cul­ture, en 1980.
Prix annuel de la SACD Bel­gique en 1989.
Dis­tri­b­u­tion : 4 hommes, 1 petite fille
Durée : 1h30

LE MENTON DU CHAT
Pub­lié aux Édi­tions Actes Sud — Papiers, Paris, 1988.
Créa­tion radio­phonique, sous le titre TOUT DOIT DISPARAÎTRE, sur France-Cul­ture, en 1988.
Créa­tion dans une mise en scène de Françoise Seign­er au Nou­veau Théâtre Mouf­fe­tard à Paris, en févri­er 1996.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 1 homme
Durée : 1h45

PIANO SEUL
Pub­lié aux Édi­tions des Qua­tre Vents, Paris, 1995.
Créa­tion radio­phonique sous le titre DIVERTISSEMENT À LA HONGROISE sur FranceCul­ture, le 2 juin 1990.
Prix André Pra­ga de l’Académie de langue et lit­téra­ture français­es en 1996.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 1 homme
Durée : 1 h15

DELUSO
Pub­lié aux Édi­tions des Qua­tre Vents, Paris, 1995.
Prix André Pra­ga de l’Académie de langue et lit­téra­ture français­es en 1996.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 4 hommes
Durée : 2h

CHAMBRES SANS VUES
(com­posé de 3 cour­tes pièces)
Créa­tion radio­phonique sur France-Cul­ture en 1994.
Dis­tri­b­u­tion : 2 hommes ; 1 femme, 2 hommes ; 2 femmes, 1 homme
Durée : 3 pièces de 25 min­utes cha­cune

LA MAISON-MÈRE
Créa­tion radio­phonique sur France-Cul­ture, le 30 juin 1996.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 2 hommes
Durée : 2h

MILLEPERTUIS
Pub­lié aux Édi­tions AvantScène, Paris, 1996.
(ouvrage col­lec­tif pour le 1000° numéro de L’A­vant-Scène Théâtre)
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 3 hommes
Durée : 25 min­utes

PETITE SUITE DE PERTES IRRÉPARABLES
À paraître aux Édi­tions Lans­man.
Dis­tri­b­u­tion : 18 femmes, 16 hommes
Durée : 1h15

Non classé
Partager
auteur
Écrit par Nancy Delhalle
Nan­cy Del­halle est pro­fesseure à l’Université de Liège où elle dirige le Cen­tre d’Etudes et de Recherch­es sur...Plus d'info
Partagez vos réflexions...

Vous aimez nous lire ?

Aidez-nous à continuer l’aventure.

Votre soutien nous permet de poursuivre notre mission : financer nos auteur·ices, numériser nos archives, développer notre plateforme et maintenir notre indépendance éditoriale.
Chaque don compte pour faire vivre cette passion commune du théâtre.
Nous soutenir
Précédent
Suivant
1 Jan 1997 — MATHIEU FALLA (1943, Liège) se plaît à rappeler que tout petit déjà, devant sa famille réunie, il cabotinait, récitait, dansait.…

MATHIEU FALLA (1943, Liège) se plaît à rap­pel­er que tout petit déjà, devant sa famille réu­nie, il caboti­nait,…

Par Michel Zumkir
Précédent
1 Jan 1997 — NÉE À COURTRAI en 1961.  Karann Guilbert tourne facilement la page, la page des livres qui la construisent, les pages…

NÉE À COURTRAI en 1961.  Karann Guil­bert tourne facile­ment la page, la page des livres qui la con­stru­isent, les pages de sa vie qui, bien­tôt, se logeront au fond de la mémoire. Elle s’in­téresse au…

Par Nancy Delhalle
La rédaction vous propose

Bonjour

Vous n'avez pas de compte?
Découvrez nos
formules d'abonnements

Mot de passe oublié ?
Mon panier
0
Ajouter un code promo
Sous-total