NÉ EN 1967.
Il y a mille manières d’attraper un virus. Le goût du spectacle vivant est inoculé à Patrick Ridremont par le cinéma, où il ne vibre qu’à ce qui stimule les zygomatiques, de Mack Sennett et Buster Keaton aux Monty Python, en passant par ce virtuose de la réplique qu’est Michel Audiard, qu’il ne rougira jamais de citer parmi ses références lorsqu’il en cisèlera lui-même. I] fait ses gammes à l’Institut des arts de diffusion, et travaillera plus tard Molière avec Armand Delcampe, qui lui fera confiance comme auteur de textes dans L’IMPROMPTU DE BLOCRY. Mais il trouvera bientôt « sa » maison à la Compagnie des Galeries, temple du rire tout public, où il se frotte aussi bien à Ayckbourn qu’à Musset, tout en étant de la Revue. La Ligue d’improvisation sera son autre espace d’entraînement d’auteur : dans la transe de l’invention immédiate, il découvre les infinies ressources de l’imagination mise au pied du mur. Une pièce est-elle autre chose que la dilatation de cette fulgurance ?
Le syndrome Fatsenberg
ON TOURNE, sans la moindre conviction ni invention, un de ces téléfilms policiers comme il s’en confectionne tant à la petite semaine. Tout cela se passe dans une routine morne, qui n’est drôle que par ses stéréotypes. À ceci près qu’un figurant crève les plafonds de la maladresse, et que le réalisateur est saisi d’un mal étrange, que l’on nomme « syndrome Fatsenberg ». Très vite, la machine s’’emballe, une productrice dépêchée sur les lieux voit dans le figurant-catastrophe la chance de l’entreprise : c’est autour de lui que se poursuivra le projet. Et Le tout est entraîné dans un accélérateur de particules hilarantes, qui s’efforce d’installer dans la durée d’une pièce entière la nervosité d’un sketch ou d’une joute d’amuseurs.
JDD
LE SYNDROME FATSENBERG
Création dans une mise en scène de Bernard Cogniaux au Théâtre des Galeries, en septembre 1995.

