Daniel Simon
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Daniel Simon

Le 1 Août 1997
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Daniel Simon
Daniel Simon

NÉ À CHARLEROI en 1952. 

Écrivain, dra­maturge et met­teur en scène, Daniel Simon vit et tra­vaille entre Brux­elles et le Por­tu­gal. Son œuvre théâ­trale a com­mencé dans Les années 80, avec des pièces pour la jeunesse qui ont con­nu un suc­cès mar­quant : ELDORADO, et surtout VENTRE DE PAPIER. Loin d’être des exer­ci­ces pour la main gauche pré­parant les futures pièces pour adultes, ces textes par­faite­ment aboutis con­tin­u­ent à ali­menter le main stream de l’œu­vre. Car le but souter­rain de cette écri­t­ure est d’obtenir, par l’évo­ca­tion, l’incantation, le scan­dale, une cor­ri­da noir sur blanc. Rien n’y manque, pas même l’ombre d’une mise à mort rit­uelle. Mais les spec­ta­teurs sont à la fois Le pic­a­dor et le tau­reau : jamais le loin­tain pub­lic des écrans.
Du reste la dis­tinc­tion entre les types de pub­lic est ici par­ti­c­ulière­ment arbi­traire. En s’adres­sant au pub­lic jeune, Daniel Simon ne renonce pas à leur com­mu­ni­quer la « mal­adie de la vie ». À ses yeux, d’ailleurs, il n’y a pas d’en­fants. Il n’y a que des Âmes habitées ou des Âmes vides. La bru­tal­ité de SNIPERS (où tri­om­phe la cul­pa­bil­ité meur­trière col­lec­tive au sein de l’in­no­cence indi­vidu­elle) fig­ure déjà dans l’hor­reur baroque et bénigne avec laque­lle s’empiffrait de livres le per­son­nage de VENTRE DE PAPIER. Drôles sou­vent, pleines de sève et de fureur, ces pièces ne versent à aucun moment dans la farce, car jamais les per­son­nages n’y sont apaisés. Dans les grandes pièces pour adultes comme LES PETITES MANŒUVRES, une comédie de mœurs qui débouche sur la tragédie du néant, et SNIPERS, sorte de jeu de rôle où cha­cun se repasse à tour de rôle l’instrument et la loi du meurtre, la grav­ité du désor­dre décrit est tou­jours la même, mais la dureté de la vérité psy­chologique se sub­stitue à des fables, sans com­plai­sance certes, sans aucune fuite du réel, mais où demeure la naïveté ini­tiale du jeu. Daniel Simon est habité par l’amour de l’e­spèce humaine, ce qui, loin de déter­min­er une com­plai­sance à notre égard, le pousse au con­traire à nous décrire comme des rené­gats de la sain­teté. 

Les petites manœu­vres 

Comédie de mœurs

SI LA VÉRITÉ et son image s’’identifiaient, il s’a­gi­rait sim­ple­ment, dans cette pièce, d’un après-midi ami­cal autour d’un bar­be­cue. La médi­ocrité des vins et des canapés gar­nis qui cir­cu­lent n’est pas la preuve de la mesquiner­ie des hôtes de cette soirée, mais un signe des temps. Finie l’époque où dans une fête on offrait ce qu’il y a de meilleur et de plus rare, quitte à s’endetter pour longtemps. On achète désor­mais le kit clé-sur-porte de la récep­tion pour petits bud­gets — de préférence surgelé. Il n’est pas impos­si­ble que la bizarrerie des breuvages impuné­ment appelés vin n’accélèrent en out­re la désagré­ga­tion des cel­lules du cerveau, mais ce n’est pas grave : la loco­mo­tion, la réflex­ion et la for­ni­ca­tion, dont le cerveau est le siège, ne sont plus en ce 21 juin de fin du monde que des sou­venirs. Dans une immo­bil­ité de glace, cinq per­son­nages chastes et rudi­men­taires agi­tent l’idée d’un séjour en Thaï­lande. Le rêve d’un voy­age est la seule poésie qui leur reste. Plus exacte­ment, ce voy­age est déjà là : sous Les espèces de deux bil­lets d’avion. Résul­tat d’un con­cours mené par Les cinq. Mais puisqu’on vous dit qu’il n’y a que deux places. Qui par­ti­ra, qui restera ? Les petites manœu­vres com­men­cent… 

Snipers

Jean-Claude Derudder dans STABAT MATER de Jean-Pierre Verheggen, mise en scène de Daniel Simon. Photo Claude Renard.
Jean-Claude Derud­der dans STABAT MATER de Jean-Pierre Ver­heggen, mise en scène de Daniel Simon. Pho­to Claude Renard.

TIREUR D’ÉLITE à sa fenêtre. Devant lui, dans l’en­cadrement, s’é­tend la ville où des coups de feu anonymes, espacés, gra­tu­its, fig­urent la méchanceté froide du des­tin. Et la fenêtre est un écran. Dans cette ville, n’im­porte quelle ville, la tra­ver­sée de La rue signe régulière­ment l’annulation — bru­tale, aveu­gle — d’une vie. Cinq per­son­nages sur scène, avec leur biogra­phie pro­pre, sans trop de pon­tages entre elles. Ils savent qu’en tra­ver­sant cette rue, dans ce goulot-là, cer­tains seront frap­pés, que d’autres revien­dront sur leurs pas, pour haler le corps d’un ami, d’un par­ent, par­fois d’un incon­nu. Ils savent que le Sniper aura tout le temps d’a­juster son tir…
Cinq biogra­phies entre­croisées, avec des tableaux de la vie et des instants de tragédie. Hein, quoi ? De pau­vres vic­times ? Nous aime­ri­ons le croire. Mais la réal­ité est plus cir­cu­laire.
Chaque per­son­nage à tour de rôle fini­ra par endoss­er le har­nache­ment mau­dit du Sniper. Chaque per­son­nage n’au­ra pas seule­ment comme malé­dic­tion d’être fauché aveuglé­ment. Il fau­dra encore qu’il se soit, lui aus­si, trans­for­mé un moment en stat­ue du chas­seur, doigt crispé sur la détente, retenant la mort un instant avant de s’animer, car il faut jouir de tout.
SNIPERS est une œuvre scan­daleuse parce qu’elle par­le en ter­mes tout sim­ples de l’in­no­cence du mal. 

YM

Œuvres théâ­trales

INCOGNITO
Créa­tion au Théâtre du Grand
Par­quet, Brux­elles, en 1986.
Dis­tri­b­u­tion : 2 per­son­nages
Durée : 1h15

LES PETITS MANŒUVRES
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man, Carnières, 1990.
Créa­tion à l’Ate­lier Sainte-Anne, Brux­elles, en 1990.

SNIPERS, TUEURS D’ÉLITE
Pub­lié aux Édi­tions du Groupe Aven, Brux­elles, 1997.
Lec­ture-spec­ta­cle dans une mise en voix de l’auteur au Théâtre Varia à Brux­elles, en mars 1996.

AD LIBITUM
Pub­lié en français et en por­tu­gais, Coïm­bra (Por­tu­gal), 1997.
Créa­tion au Théâtre d’Aveiro en 1997.

SOUVENIRS DU PORTUGAL
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man, recueil Démoc­ra­tie mosaïque 1, Carnières, 1996.

LA VEILLÉE
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man, recueil Démoc­ra­tie mosaïque 2, Carnières, 1997.

LE LAMENTO DES GNONS
Pub­lié dans Archipel, n° 9, 1997.

Adap­ta­tions

STABAT MATER
de Jean-Pierre Ver­heggen (avec Jean-Claude Derud­der et Lin­da Lewkow­icz) Créa­tion en 1992.

LE JARDIN DES FABLES d’après Jean de la Fontaine
et Ibn Al Muqquafa
Créa­tion au Théâtre-Poème en 1995.

LE TEMPS DES LATINS d’après Sénèque, Cicéron, Lucrèce, Cat­ulle, Marc-Aurèle, Vir­gile
Créa­tion au Théâtre-Poème en 1996.

LETTRE AUX ENFANTS
DES CLASSES PAUVRES d’après Jonathan Swift
Créa­tion par le Théâtre Tra­verse en 1997.

Théâtre jeune pub­lic

VISITE EN NOIR ET BLANC, 1987.
ELDORADO, 1987.
LES HEURES CREUSES, 1989.
PREMIERS CHANTS
Pub­lié aux Édi­tions Noc­turnes, Brux­elles, 1988.
LA MOITIÉ DU MONDE
Pub­lié aux Édi­tions Noc­turnes, Brux­elles, 1990.
RÉGIME DE NUIT (en col­lab­o­ra­tion avec Bernard Clair), 1995.
VENTRE DE PAPIER
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man, col­lec­tion Théâtre à Vif, n°14, Carnières, 1991.
LE RÊVE DU JARDIN, 1997.
LE SCRIBE DE L’ARCHIPEL, 1997.
GROS ET MAIGRE, 1997.

Toutes ces pièces de théâtre jeune pub­lic ont été créées, notam­ment, par le Théâtre de la Menterie, le Créa-Théâtre, la Com­pag­nie des Mutants, le Théâtre des Zygo­mars et la Com­pag­nie Le Chakipesch.

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