NÉE À ANVERS en 1960.
Écrire, c’est son métier.
Il y a eu la découverte, par la lecture. Très tôt. Beaucoup. Tout le temps. « Je vivais dans la fiction » dit-elle. Des études de droit délaissées pour la philologie romane, unique alternative à l’interdiction parentale d’étudier le théâtre, où seuls les exercices d’écriture proprement dits l’intéressent. C’est le début de la recherche et les premiers encouragements. Puis elle découvre l’écriture de Patrick Delperdange, et les affinités de leurs imaginaires. Commence alors l’apprentissage, les après-midi passés de corrections en mises au point. C’est son école d’écriture à elle, qui lui permet d’apprendre plus vite, par la pratique et l’analyse. Ils publient PLACE DE LONDRES, un roman policier. Son désir de théâtre est toujours là, dans la question posée de cette circulation d’énergie entre les acteurs, la parole, et le public. NUIT D’AMOUR et DANGER DE MORT sont les deux pièces qu’ils coécriront avant de retourner à une pratique solitaire. Le temps est venu d’une autre rencontre qui sera à l’origine d’un nouveau type d’expérience. Après avoir vu Thierry Waseige sur scène, elle va écrire pour lui DÉSASTRE, DÉTECTIVE, texte dans lequel elle le mettra en scène. Enrichie de tout ce que l’aventure lui aura apporté, Anita va écrire BELGICÆ lors d’une résidence en France. Au-delà de la farce, c’est l’exploration de tout ce que permet l’outil théâtral, la découverte du discours qu’elle veut porter sur scène. Une étape de plus qui la conduit à l’interrogation de l’histoire dans la pièce qu’elle est en train d’écrire sur Patrice Lumumba.
Belgicæ
LE CHAMPION CYCLISTE NATIONAL est tombé deux fois en même temps sur les Champs-Élysées. Il a percuté un reverbère — il a dit « merde », serait-ce un traître ? — et il est devenu bleu d’une non-Belgicænne, crime puni par la Constitution. En dépit de cela, il se déguise en jeune fille pour mieux approcher celle qu’il aime, mais il se rend compte qu’il n’est pas son unique soupirant. Pour détourner les autres prétendants, devra-t-il les séduire ? En tout cas il provoquera la division du pays en 333, et tout divisionnistes qu’ils puissent paraître, les trois députés Walli, Flami et Germi sont bien d’accord pour battre la mesure de la valse des gouvernements. Et le peuple dans tout ça ? Il est là, le peuple, il exploite les mines de chocolat. Mais si la construction d’autoroutes sur la tombe des problèmes communautaires s’annonce prometteuse de marchés, on se reconvertira dans le goudron. Sans hésitation. BELGICÆ est une farce, une façon pour Anita Van Belle d’explorer les moyens qu’offre la scène pour brosser de son pays un éphémère portrait. Le miroir d’un instant. Mais au vu de ce qui se vit et se dit aujourd’hui, le reflet persiste.
Danger de mort
Écrit avec Patrick Delperdange
APRÈS AVOIR constaté qu’on avait coupé pour un nouveau montage la seule scène parlante de toute sa vie de figurant, Joseph Kalmann fait une crise cardiaque. Tous les membres de sa famille se trouvent réunis à cette occasion. Mise en présence qui ravive les conflits, les souvenirs, qui provoque la mise à jour d’événements volontairement écartés ou occultés, l’émergence des regrets et des rancœurs. Entachant jusqu’aux meilleurs souvenirs. Au centre, se trouve la carrière d’acteur du père. Elle a conditionné la vie de la famille, étouffant femme et enfants, les rendant indirectement responsables de son non-succès. Elle est à l’origine du départ du fils, rejeté pour avoir provoqué la ruine, en confiant la réussite du père à un escroc, parti avec le magot et la vertu de la petite sœur. Et comme révélateur de leur médiocrité et de leur impuissance, arrive la figure du cynisme sous les traits de la très riche et jolie jeune femme du fils, contrepoint qui leur fera boire la coupe jusqu’à la lie, en cocufiant en une fois le frère et la sœur, en faisant oublier le père jusqu’à escamoter sa mort.
VT
Œuvres théâtrales
DANGER DE MORT
Coécrit avec Patrick Delperdange.
Commande de Bernard Damien.
Création au Théâtre du Grand Midi, Bruxelles, 1987.
Distribution : 3 femmes, 3 hommes.
NUIT D’AMOUR
Coécrit avec Patrick Delperdange.
Publié aux Éditions Actes Sud — Papiers, Paris, 1988.
Création dans une mise en scène de Gabriel Garran au Résidence Palace à Bruxelles, en 1988.
Création radiophonique par Thierry Génicot, RTBE, 1987.
Distribution : 1 femme, 2 hommes
Durée : 1h30
PÉPITES
Commande de la Compagnie Fournas — Bernard, Paris, 1989.
Création radiophonique par Georges Peyrou, France-Culture, 1992.
DIALOGUES DE 1 À 24
Commande de la Compagnie Fournas — Bernard, Paris, 1989.
Pièce de théâtre qui a servi d scénario pour un long métrage réalisé par Marie Mandy : PARDON CUPIDON.
DÉSASTRE, DÉTECTIVE
Création dans une mise en scène de l’auteur à La Samaritaine à Bruxelles, en 1990.
Lecture à l’occasion de la rencontre européenne Profession : auteur de théâtre au Festival d’Avignon, en 1992.
Lecture diffusée par FranceCulture en 1992.
Distribution : 1 homme
Durée : 1h10
BELGICÆ
Publié aux Éditions
La Chartreuse, Centre national des écritures du spectacle, Première Impression, n° 7, 1992.
Lecture au Théâtre des Treize
Vents à Montpellier et au Théâtre du Campagnol à Châtenay-Malabry, en 1992.
Création dans une mise en scène de Virginie Jortay au Théâtre 140 à Bruxelles, le 21 juillet 1993.
Prix Herman Closson.
Distribution : 3 femmes, 20 hommes
Durée : 1h20
Une scène du spectacle
RUPTURES
Commande de Thierry Debroux.
Publié aux Éditions du Groupe Aven, 1996.
Création dans une mise en scène de Thierry Debroux à l’Espace Senghor, à Bruxelles, en 1994.

