Anita Van Belle
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Anita Van Belle

Le 1 Jan 1997
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NÉE À ANVERS en 1960. 

Écrire, c’est son méti­er.
Il y a eu la décou­verte, par la lec­ture. Très tôt. Beau­coup. Tout le temps. « Je vivais dans la fic­tion » dit-elle. Des études de droit délais­sées pour la philolo­gie romane, unique alter­na­tive à l’in­ter­dic­tion parentale d’é­tudi­er le théâtre, où seuls les exer­ci­ces d’écri­t­ure pro­pre­ment dits l’intéressent. C’est le début de la recherche et les pre­miers encour­age­ments. Puis elle décou­vre l’écri­t­ure de Patrick Delper­dan­ge, et les affinités de leurs imag­i­naires. Com­mence alors l’ap­pren­tis­sage, les après-midi passés de cor­rec­tions en mis­es au point. C’est son école d’écri­t­ure à elle, qui lui per­met d’ap­pren­dre plus vite, par la pra­tique et l’analyse. Ils pub­lient PLACE DE LONDRES, un roman polici­er. Son désir de théâtre est tou­jours là, dans la ques­tion posée de cette cir­cu­la­tion d’én­ergie entre les acteurs, la parole, et le pub­lic. NUIT D’AMOUR et DANGER DE MORT sont les deux pièces qu’ils coécriront avant de retourn­er à une pra­tique soli­taire. Le temps est venu d’une autre ren­con­tre qui sera à l’origine d’un nou­veau type d’ex­péri­ence. Après avoir vu Thier­ry Waseige sur scène, elle va écrire pour lui DÉSASTRE, DÉTECTIVE, texte dans lequel elle le met­tra en scène. Enrichie de tout ce que l’aventure lui aura apporté, Ani­ta va écrire BELGICÆ lors d’une rési­dence en France. Au-delà de la farce, c’est l’ex­plo­ration de tout ce que per­met l’outil théâ­tral, la décou­verte du dis­cours qu’elle veut porter sur scène. Une étape de plus qui la con­duit à l’in­ter­ro­ga­tion de l’histoire dans la pièce qu’elle est en train d’écrire sur Patrice Lumum­ba. 

Bel­gicæ 

LE CHAMPION CYCLISTE NATIONAL est tombé deux fois en même temps sur les Champs-Élysées. Il a per­cuté un rever­bère — il a dit « merde », serait-ce un traître ? — et il est devenu bleu d’une non-Bel­gicænne, crime puni par la Con­sti­tu­tion. En dépit de cela, il se déguise en jeune fille pour mieux approcher celle qu’il aime, mais il se rend compte qu’il n’est pas son unique soupi­rant. Pour détourn­er les autres pré­ten­dants, devra-t-il les séduire ? En tout cas il provo­quera la divi­sion du pays en 333, et tout divi­sion­nistes qu’ils puis­sent paraître, les trois députés Wal­li, Fla­mi et Ger­mi sont bien d’accord pour bat­tre la mesure de la valse des gou­verne­ments. Et le peu­ple dans tout ça ? Il est là, le peu­ple, il exploite les mines de choco­lat. Mais si la con­struc­tion d’autoroutes sur la tombe des prob­lèmes com­mu­nau­taires s’an­nonce promet­teuse de marchés, on se recon­ver­ti­ra dans le goudron. Sans hési­ta­tion. BELGICÆ est une farce, une façon pour Ani­ta Van Belle d’ex­plor­er les moyens qu’of­fre la scène pour bross­er de son pays un éphémère por­trait. Le miroir d’un instant. Mais au vu de ce qui se vit et se dit aujourd’hui, le reflet per­siste. 

Dan­ger de mort 

Écrit avec Patrick Delper­dan­ge 

APRÈS AVOIR con­staté qu’on avait coupé pour un nou­veau mon­tage la seule scène par­lante de toute sa vie de fig­u­rant, Joseph Kalmann fait une crise car­diaque. Tous les mem­bres de sa famille se trou­vent réu­nis à cette occa­sion. Mise en présence qui ravive les con­flits, les sou­venirs, qui provoque la mise à jour d’événe­ments volon­taire­ment écartés ou occultés, l’émer­gence des regrets et des rancœurs. Entachant jusqu’aux meilleurs sou­venirs. Au cen­tre, se trou­ve la car­rière d’ac­teur du père. Elle a con­di­tion­né la vie de la famille, étouf­fant femme et enfants, les ren­dant indi­recte­ment respon­s­ables de son non-suc­cès. Elle est à l’origine du départ du fils, rejeté pour avoir provo­qué la ruine, en con­fi­ant la réus­site du père à un escroc, par­ti avec le magot et la ver­tu de la petite sœur. Et comme révéla­teur de leur médi­ocrité et de leur impuis­sance, arrive la fig­ure du cynisme sous les traits de la très riche et jolie jeune femme du fils, con­tre­point qui leur fera boire la coupe jusqu’à la lie, en cocu­fi­ant en une fois le frère et la sœur, en faisant oubli­er le père jusqu’à escamot­er sa mort. 

VT

Œuvres théâ­trales

DANGER DE MORT
Coécrit avec Patrick Delper­dan­ge.
Com­mande de Bernard Damien.
Créa­tion au Théâtre du Grand Midi, Brux­elles, 1987.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes, 3 hommes.

NUIT D’AMOUR
Coécrit avec Patrick Delper­dan­ge.
Pub­lié aux Édi­tions Actes Sud — Papiers, Paris, 1988.
Créa­tion dans une mise en scène de Gabriel Gar­ran au Rési­dence Palace à Brux­elles, en 1988.
Créa­tion radio­phonique par Thier­ry Géni­cot, RTBE, 1987.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 2 hommes
Durée : 1h30

PÉPITES
Com­mande de la Com­pag­nie Four­nas — Bernard, Paris, 1989.
Créa­tion radio­phonique par Georges Pey­rou, France-Cul­ture, 1992.

DIALOGUES DE 1 À 24
Com­mande de la Com­pag­nie Four­nas — Bernard, Paris, 1989.
Pièce de théâtre qui a servi d scé­nario pour un long métrage réal­isé par Marie Mandy : PARDON CUPIDON.

DÉSASTRE, DÉTECTIVE
Créa­tion dans une mise en scène de l’auteur à La Samar­i­taine à Brux­elles, en 1990.
Lec­ture à l’occasion de la ren­con­tre européenne Pro­fes­sion : auteur de théâtre au Fes­ti­val d’Av­i­gnon, en 1992.
Lec­ture dif­fusée par FranceCul­ture en 1992.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme
Durée : 1h10

BELGICÆ
Pub­lié aux Édi­tions
La Char­treuse, Cen­tre nation­al des écri­t­ures du spec­ta­cle, Pre­mière Impres­sion, n° 7, 1992.
Lec­ture au Théâtre des Treize
Vents à Mont­pel­li­er et au Théâtre du Cam­pag­nol à Châte­nay-Mal­abry, en 1992.
Créa­tion dans une mise en scène de Vir­ginie Jor­tay au Théâtre 140 à Brux­elles, le 21 juil­let 1993.
Prix Her­man Clos­son.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes, 20 hommes
Durée : 1h20

Une scène du spec­ta­cle
RUPTURES
Com­mande de Thier­ry Debroux.
Pub­lié aux Édi­tions du Groupe Aven, 1996.
Créa­tion dans une mise en scène de Thier­ry Debroux à l’E­space Sen­g­hor, à Brux­elles, en 1994.

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