NÉE À GAND en 1949.
Elle préfère écouter plutôt que parler. Sa formation musicale, la pratique de la musique, ont développé son souci de l’écoute. Écoute de l’autre, dans ses préoccupations les plus insignifiantes, les plus simples, donc les plus essentielles : ses secrets, ses besoins, ses désirs. L’autre dans ses « aspérités », celles qui construisent ou qui contrarient, bref qui façonnent la vie. Et une fois le sujet ciblé, quand l’idée se fait jour, comment ne pas développer mais au contraire trouver la formule la plus ramassée et la plus concise possible pour l’exprimer ? Voilà ce qui séduit cette amoureuse des gens, cette observatrice invétérée, derrière une apparente réserve. Voilà ce qui la rend attentive à toute parole entendue et à sa bonne restitution. Alors à partir du moment où, échappant à l’agitation de la « vie de concert », le désir de faire quelque chose d’individuel, de personnel, de solitaire s’est fait sentir, l’écriture s’est imposée comme une évidence. Pour la radio tout d’abord, qui permet de mieux contrôler l’univers sonore, puis pour le théâtre. Quant à la possibilité de lier les deux en imaginant une forme visuelle intégrant le travail sur le son et l’écoute, c’est un rêve qui reste à écrire.
Légère brume au sol
C’EST LE DÉBUT de la fin. Et comme toute fin est un début, alors commence la pièce.
La terre descend. Ou l’eau monte. Enfin il y a rétrécissement du ferme et du sec. Et comme témoins du mouvement, il y a quatre égarés pour qui l’absence de référence s’exprime par l’effacement de tout repère terrestre, même de celui qui subsiste quand tout a disparu : l’horizon. Plus de berge, de rivage où s’échouer. Sauf la butte du Lion de Waterloo, au pied du Stylite séjournant sur la colonne. Et on a beau être un ermite, on n’en est pas moins homme qui tient à ses privilèges : sa qualité de « premier arrivé », d’unique survivant. Alors quand arrivent les autres, uniques eux aussi, commencent les inévitables frictions signifiant que de nouvelles règles sont en train de se chercher. Avec humour, l’auteur en exprime les contradictions par la dialectique : le seul qui se soit purifié, et donc soit digne d’être sauvé pour une humanité meilleure, est aussi le seul sacrifice valable pour calmer les forces en colère. Sacrifié il sera donc. Mais comme si la seule chose importante était qu’ils parviennent à se mettre d’accord, aussitôt la décision prise, l’eau commence à descendre. L’auteur fait s’affronter ses personnages par la parole, dans des échanges, qui, sous une apparente légèreté, interrogent les composantes et la densité de l’être humain à travers une situation bien concrète.
VT
Œuvres théâtrales
LÉGÈRE BRUME AU SOL
Publié dans le cahier littéraire Archipel en 1994.
Lecture publique par le Magasin d’Écriture théâtrale dans une mise en espace de Henri Ruder à l’Espace Senghor, Bruxelles, en 1993.
Distribution : 1 femme, 4 hommes
Durée : 1h10
POURVU QU’ON AIT L’IVRESSE
Écrit en 1993.
Distribution : 2 femmes, 2 hommes, voix off
Music HALL
Écrit en 1994.
Distribution : 1 femme, 2 hommes, voix off
Durée : 1h30
Pièces radiophoniques
DÉFILÉ ET COMMENTAIRES
Création sur France-Culture, dans une réalisation d’Étienne Vallès, en 1990.
Distribution : 1 femme, 10 hommes, voix off
Durée : 50 minutes
LE CONGÉ DU PAPE
Création sur France-Culture, dans une réalisation de Marguerite Gateau, en 1991.
Distribution : 3 femmes, voix off
Durée : 50 minutes
GRAND PAS DE TROIS
Création sur la RTBE, dans une réalisation de Jean-Claude Idée, en 1992.
Distribution : 1 femme, 2 hommes
Durée : 50 minutes
DÉFILÉ ET COMMENTAIRES,
LE CONGÉ DU PAPE et GRAND PAS DE TROIS sont regroupés sous le titre LA MÉCANIQUE DE L’OMBRE.
Lucie Van de Walle a reçu le prix SACD de la création radiophonique 1993.

