Pascal Vrebos
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Pascal Vrebos

Le 1 Jan 1997
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NÉ À BRUXELLES en 1952. 

Écrivain, sémi­o­logue, péd­a­gogue, jour­nal­iste, con­cep­teur et présen­ta­teur d’émis­sions télévisées !1 — en cher­chant bien, on doit trou­ver autre chose —, il fait sou­vent fig­ure de l’enfant prodi­ge des let­tres belges.
On ne dira pas, pour expli­quer Le phénomène, qu’à trois ans déjà, il dic­tait des poèmes à sa mère et qu’à dix-sept ans, il écrivait sa pre­mière pièce.
On dira — peut-être — que Pas­cal Vre­bos est un bavard. Un bavard d’ex­cep­tion qui aime les mots et les signes, les bruits et les sens qui vont avec. Il n’écrit pas, il joue à se vautr­er dans le verbe et prend osten­si­ble­ment un plaisir malin pour nous faire la nique. Avec une inno­cence feinte ou une ironie bien noire, il est tou­jours en train de fouiller la m…!2 De ses deux mains, il nous par­le de vio­lence, de sexe, d’ennui et de bêtise, parce qu’avec sa verve bien verte, il n’est pas du style à racon­ter, les soirs d’hiv­er et de veil­lée, des his­toires à faire dormir.
Encore impres­sion­né par ce qu’il avait vu, enfant, Pas­cal Vre­bos a com­mencé à écrire du théâtre pour la beauté du spec­ta­cle et le trou­ble qu’il provoque ; il con­tin­ue d’en écrire, en pen­sant que le théâtre est un déto­na­teur, seul, par­mi les moyens artis­tiques et lit­téraires, à pou­voir aujourd’hui, ébran­ler effi­cace­ment les idées reçues. Si Pas­cal Vre­bos écrit de temps à autre une pièce de théâtre, il est avant tout un homme de let­tres et l’auteur de nom­breuses pub­li­ca­tions dont LE GORBATCHOC3, MILLER4 ou L’HOMME CARAMEL5, son dernier roman. Il a reçu de nom­breux prix dont le prix SACD pour l’ensemble de son œuvre et il a acquis en 1994 — c’est notre con­clu­sion — la notoriété sci­en­tifique et pro­fes­sion­nelle par un arrêté du gou­verne­ment. 

Tête de turc

« JOUR 2 de l’An I — Cal­en­dri­er post-atom­ique. »
Un homme, un seul, pass­able­ment médiocre mais ivre-vivant, s’or­gan­ise une exis­tence, exacte­ment là où elle n’est plus pos­si­ble. Avec un porte-man­teau, un cof­fre, une stat­ue et une baig­noire, il essaie de réin­ven­ter un micro-envi­ron­nement où l’on retrou­ve dans le désor­dre les per­son­nes qui lui ont été chères : l’a­mi Paul, Sylvie, la maîtresse, et Cécile, Le grand amour ; il s’imaginera aus­si un fils, un « Abel » de dernière minute, un sauveur du monde in extrem­is. En vain, il s’efforcera pen­dant plus d’un an de recréer ce que l’on appelle la rela­tion humaine. Privé du dia­logue et frus­tré du bon­heur de com­mu­ni­quer, l’Homme nous fera les témoins impuis­sants de la déliques­cence du lan­gage. Il ago­nis­era dans un brouha­ha de mots et dans une douleur inin­tel­li­gi­ble, à tra­vers laque­lle on enten­dra, par bribes, la belle et cru­elle démon­stra­tion de l’auteur : plus que la pen­sée, c’est la parole qui nous con­stitue vivants, et pas n’im­porte laque­lle puisqu’il s’agit de celle, pré­cieuse, de l’autre. 

Ah, quel beau cou­ple ! 

À QUELQUES PAGES du début, le Coryphée-bon­i­menteur nous fait sa scène d’ex­po­si­tion : « Et voilà main­tenant, mes­dames messieurs, messieurs mes­dames, une comédie [… 1, une bouf­fon­ner­ie […}, une pan­talon­nade T… }, une tragédie […], un mélo­drame […]. Bref, une pièce de théâtre dont vous con­nais­sez déjà le scé­nario et la plu­part des per­son­nages […] puisque chaque soir, vous la jouez chez vous, bien au chaud, le drame comi­co-hila­rant de l’homme con­tre la femme ou le con­traire […] l’at­trac­tion per­ma­nente et par­fois totale­ment incon­sciente que se livrent — chaque jour que Dieu fait — les hommes… Zé les femmes, les femmes. Zé les hommes…»
Sans plus de ten­dresse que d’habitude, Pas­cal Vre­bos nous donne à voir et à enten­dre, surtout, les crétiner­ies plus ou moins sup­port­a­bles de la vie con­ju­gale, à tra­vers le par­cours par­faite­ment ter­ri­ble d’un cou­ple ordi­naire. Comme s’il les avait méthodique­ment réper­toriées sans en oubli­er aucune, Pas­cal Vre­bos égrène au rythme implaca­ble de la tor­ture de la goutte d’eau ces per­les de gen­til­lesse que l’on aime à s’offrir après cinq, quinze, deux cents ans de vie com­mune.
L’his­toire triv­iale de Elle et de Lui (ce sont leurs noms) est étroite­ment encadrée par celle plus large, plus sacrée, plus char­nelle : l’histoire d’Adam et Êve, l’originelle. Ce qui per­met à l’auteur de faire de son texte une sorte de fable qui nous réaf­firme sans grand ménage­ment que l’homme et la femme sont pour l’éternité, les anti-héros mor­tels d’une aven­ture impos­si­ble. Et pour en finir ou presque, nous soulignerons le par­ti-pris évi­dent de Pas­cal Vré­bos pour Dieu (la voix off) et la Vieille Pute : cer­taine­ment parce qu’il arrive au pre­mier de dire des choses intel­li­gentes et à la sec­onde, de se taire. 

CR

Œuvres théâ­trales

LE MOT MAGIQUE
Créa­tion par la Com­pag­nie Claude Aymar dans une mise en scène d’Alain Reniot au Théâtre de l’Île Saint-Louis, en 1970.

L’AGENDA ORANGE
Créa­tion par la Com­pag­nie Élie Lison, à Brux­elles, en 1972.
Dis­tri­b­u­tion : 2 hommes 1 femme
Durée : 1h30

LE JEU DU GRAND HORNU
Créa­tion dans une mise en scène de Yves Larec, sous chapiteau, à Hor­nu (Bel­gique), en 1975.

CYCLOCHOC
Pub­lié aux Édi­tions Jacques Antoine, Brux­elles, 1975.
Créa­tion dans une mise en scène de Jean-Louis Col­mant au Théâtre nation­al de Bel­gique en 1975.
Dis­tri­b­u­tion : 2 hommes, 4 femmes
Durée : 1h45

TÊTE DE TRUC
Pub­lié aux Édi­tions Le Cri, dans une ver­sion bilingue fran­co-améri­caine, Brux­elles, 1989.
Créa­tion dans une mise en scène d’Élie Lison, avec Chris­t­ian Bar­bi­er, au Théâtre du Parvis, à Brux­elles, en 1974.
Créa­tion en améri­cain dans une tra­duc­tion de Robert H. Ham­mond et une mise en scène d’Adam Leipzig au Los Ange­les Actor’s Stu­dio, à Hol­ly­wood, en 1984.
Prix Best of Cal­i­for­nia, Hol­ly­wood, 1986.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme
Durée : 1h30

RÉINCARNE-TOI POLYCARPE
Pub­lié aux Édi­tions Jacques Antoine, Brux­elles, 1975.
Créa­tion dans une mise en scène d’Élie Lison à Brux­elles en 1974.
Créa­tion en améri­cain dans une tra­duc­tion de R.H. Ham­mond, à l’Amer­i­can Renais­sance The­atre, New York, 1978.
Créa­tion en alle­mand dans une tra­duc­tion de Georges Hoff­man à Bonn en 1984.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme, 1 femme
Durée : 1h10

YALTA 2000
Créa­tion dans une mise en scène de E. Her­mant, au Stu­dio Levie, Brux­elles, 1978.

ENTRE-CHATS
Créa­tion dans une mise en scène de Hen­ri Rud­er au Rideau de Brux­elles en 1979.
Créa­tion en néer­landais dans une tra­duc­tion de Geor­gette Haage­doorn au Théâtre Appelt­je, à Anvers, en 1980.
Créa­tion en améri­cain dans une tra­duc­tion de R.H. Ham­mond et une mise en scène de Bob Elston à l’Amer­i­can Renais­sance The­atre, New York, en 1982.
Créa­tion en alle­mand dans une tra­duc­tion et une mise en scène de Georges Hoff­mann au Théâtre Cen­tral, Bonn, 1983.
Pub­lié en alle­mand chez Desch Ver­slag.
Dis­tri­b­u­tion : 1 jeune fille, 1 grand-mère
Durée : 1h20

DELIRIUM
Créa­tion au Stu­dio Appia,
Brux­elles, 1980.

FOLLIES PARADE
Créa­tion radio­phonique sur la RTBF en 1981.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme et 1 autre voix
Durée : 50 min­utes

L’ULTIME HALLUCINATION
Créa­tion radio­phonique sur la RTBF en 1985.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme
Durée : 35 min­utes

L’IMBÉCILE
Créa­tion en améri­cain dans une tra­duc­tion de R.H. Ham­mond, au Globe The­atre, Lafayette, 1985.
Dis­tri­b­u­tion : 4 hommes, 3 femmes
Durée : 2h

L’AVARE II
Pub­lié aux Édi­tions Le Cri, Brux­elles, 1992.
Créa­tion annon­cée par la Com­pag­nie A. Her­mès, à Brux­elles, en 1998 – 99.
Dis­tri­b­u­tion : 6 hommes, 2 femmes, 1 jeune ado­les­cent
Durée : 1h40

LA PIAULE
Pub­lié aux Édi­tions Le Cri, Brux­elles, 1996.
Créa­tion dans une mise en scène de Patrick Czaplin­s­ki au Nou­veau Théâtre de Bel­gique, Brux­elles, en 1996.
Dis­tri­b­u­tion : 2 hommes, 2 femmes, 1 enfant, 1 vieille femme, 1 vieil homme
(et quelque 80 fig­u­rants dans la mise en scène de Patrick Czaplin­s­ki)
Durée : 1h30

AH QUEL BEAU COUPLE
Créa­tion annon­cée au Théâtre de Brno en 1997 et à Brux­elles en 1998.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme, 1 femme et les autres.

Adap­ta­tions

PEER GYNT, d’Ib­sen, 1976.

SOLITAIRE, de Robert H. Ham­mond, 1980.

  1. Deux émis­sions heb­do­madaires sur RTL-TVI : Con­tro­verse, une émis­sion-débat et La plume et la souris, une émis­sion sur l’ac­tu­al­ité du livre. ↩︎
  2. LE FOUILLEUR DE MERDE écrit en col­lab­o­ra­tion avec Gas­ton Com­père. ↩︎
  3. Édi­tions Le Cri, Brux­elles, 1990. ↩︎
  4. Édi­tions Bel­fond, Paris, 1990. ↩︎
  5. Édi­tions Le Cri, Brux­elles, 1995. ↩︎
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Écrit par Corinne Rigaud
Corinne Rigaud est née à Orange, un trois avril. Elle a déjà dit qu’elle aimait les jupes de...Plus d'info
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