
LA PATIENCE et les nerfs sont mis à l’épreuve. La volonté dialectique de son travail provoque des chatouillements intellectuels. Elle nous met dans l’embarras et l’inconfort des sentiments bruts. Lorent Wanson nous titille l’esprit ; il perfore le champ politique au sens large, en traitant des questions qui n’étaient plus tellement le fait de la création artistique. Sans militantisme ni acharnement politico-social, Lorent Wanson a doucement mais pleinement donné à son travail théâtral un sens et une responsabilité civiques qui s’intègrent dans une esthétique violente et éclatée. Parce que le théâtre doit à la fois éduquer et provoquer. Il pense aussi, à l’instar de beaucoup d’autres, que l’acteur ne joue pas l’action ; qu’il la raconte. Et l’action est racontée avec d’autant plus de distance et d’objectivité qu’elle est chantée. Ceci explique cela : Lorent Wanson a adapté MUsIK de Frank Wedekind (texte dans lequel on retrouve des morceaux chantés) et a écrit un spectacle tout en chansons pour le 50e anniversaire de la Sécurité sociale en Belgique (C.Q.FD.). Metteur en scène, comédien et musicien, Lorent Wanson est né à Huy le 22 juin 1967.
Rien
CELUI QUI PARLE est tombé amoureux, mais il ne parlera pas de son amour. Il tentera d’expliquer le vertige de la chute, et dans cette verticalité, il nous fera le bilan de ses rémissions. Pour éviter l’anecdote et son obsession, il racontera ce qu’il est et ce qui lui arrive (puisqu’il y a un effet de causalité entre les deux), en affectant un ton méthodique, quasi mathématique qui refusera — autant de fois qu’il le désirera — toute « conversation passionnelle et affective ». Pour accentuer cette « mise en équation », le récit subjectif est régulièrement interrompu par des commandements aphoristiques où le narrateur se donne des ordres à la deuxième personne du singulier, ou par des commentaires autocritiques que le narrateur s’inflige à la troisième personne du singulier. Il procède ainsi à une double mise à distance par rapport à lui-même. Un monologue qui construit sa structure en fonction des rebondissements de la parole du narrateur. Les mots choquant les idées prennent tout à coup des trajectoires inattendues. Tout le travail du texte consiste alors à contenir ces effets de détournements. Mais, parce que tous ces efforts ne pourront pas contraindre une sentimentalité violente que l’on sent prête à s’exprimer comme une catastrophe naturelle, celui qui parle sait trop bien qu’il doit laisser — pour des raisons de sécurité — s’échapper, ici et là, des phrases comme celle-là : « Je ne pouvais que la remercier du simple fait de m’avoir fait peser sur les épaules, combien ses lèvres mille fois, ne valent aucunement les vôtres, une demi-fois. »
CR
Œuvres théâtrales
QUE LA FOUDRE S’ABATTE SUR LE PARJURE
Création dans une mise en scène de Virginie Jortay, au Théâtre de la Balsamine à Bruxelles en 1990.
RIEN
Création dans une mise en scène d’Alain Sionneau et une interprétation de l’auteur à l’Atelier Sainte-Anne, en 1993.

C.Q.F.D.
Projet présenté par le CESEP
(Centre socialiste d’éducation permanente).
Création dans une mise en scène de l’auteur à Liège, en 1995.
Distribution : 5 acteurs/ chanteurs (2 hommes, 3 femmes) et 1 pianiste
Adaptations
MUSIK
de Wedekind
(en collaboration avec Monica Exner)
Publié aux Éditions Lansman, collection Passé croisé, n°2, Carnières, 1993.
Création dans une mise en scène de Lorent Wanson au Théâtre de L’Ancre à Charleroi en mars 1993.
Distribution : 4 femmes, 3 hommes
SALOMÉ / FRACTION
d’après Oscar Wilde (avec Sandra Kays)
Création dans une mise en scène de Lorent Wanson au Théâtre national de la Communauté française, en novembre 1994.

