IL Y A DANS LA GALERIE de la reine, à droite, un théâtre qui s’offre tout nu à la vue du passant : le « Vaudeville ». On s’arrête, on regarde des affiches. Tiens, on joue Eschyle. On entre. Des lycéens ont été amenés pour faire nombre. La salle est un vrai théâtre à l’ancienne. Il y a des balcons, des loges. Le metteur en scène en tire parti pour des effets intéressants. On tourne la tête. Eschyle est vraiment surprenant. Voilà un signe de vraie vie culturelle dans une ville : qu’au hasard d’une promenade routinière, l’on passe devant un théâtre (pas besoin de fouiller la forêt ni d’écumer les faubourgs), et qu’on puisse y assister à la grande tragédie grecque jouée de façon sensée et moderne. Ah quelle horreur que cette contention contemporaine où tout doit être programmé ! Où, pour un simple voyage à Paris, il faut réserver et décider à l’avance le jour et l’heure ! Bénis soient ces lieux simples qui s’offrent en plein centre à la vue du passant, lequel brusquement se détourne de sa promenade pour voir Eschyle sans qu’il l’ait dû prévoir !
IL Y A DES ANNÉES de cela, j’ai écrit en une semaine un roman qui s’appelait CHOSES QU’ON DIT LA…

