Bayen poursuivait ici le dessein des grands metteurs en scène du vingtième siècle : interroger, percer, retracer la ligne gui fonde le théâtre, celle qu’on appelle toujours, malgré son ancienne disparition, la rampe. Les spectateurs sont sur la scène, juste un peu, les coulisses sont à vue, mais pas entièrement. C’est le privilège du festival d’Avignon que d’offrir des lieux où le théâtre réfléchit son invention. Et si je me souviens bien, le spectacle jouait d’une autre limite, intangible celle-ci, gui sépare le jour de la nuit. Spectacle crépusculaire, il commençait dans le soleil où se pose une question pour s’achever dans l’obscurité où elle s’éclaire.
Jean-Loup Rivière.



