C’était l’époque où Bartabas et son double, le frison Zingaro à robe noire, rejouaient en toute complicité l’antique faire semblant inquiétant et cocasse du dompteur et du dompté. L’un, sensuel, se roulait dans la poussière, l’autre, rictus et cravache de circonstance, domptait les derniers signes d’une croyance trompeuse en la domination de l’ordre animal par la force. À eux deux, ils réinventaient un grand théâtre de la cruauté, celui des instincts magnifiés en rituels ; celui du cercle limité et infini où se rejouent le danger de l’instant et la maîtrise réinventée d’un art immémorial. Dans le rôle du choeur antique, il y avait des voix berbères ou géorgiennes, prémisses d’opéras à venir.
Odile Quirot.



