
Arturo Ui, possédé et cabotin, offre sa peau, sa gorge, sa voix. Et sa graine de respectabilité. Son costume strict ressemble à celui des notables qui l’observent à l’arrière-plan, d’un air encore sceptique. Plus pour longtemps. Car Arturo Ui porte les rangers du combattant, car c’est Martin Wuttke, petite stature d’homme, grand comédien, avec lequel rien jamais ne semble gagné d’avance, tout se déroule dans l’instant, sous le charme ambigu de gui occupe la scène pour convaincre, à l’arraché. La politique est-elle moins une histoire d’idées, conjoncturelles, que le foyer compulsif de l’imaginaire, le creuset mythique des passions ? Il y a du « Hamlet Machine » dans cet Arturo Ui.
Odile Quirot.

