
Rencontre inattendue entre un écrivain de l’Ouest et un metteur en scène de l’ancien Est, entre von Mayenburg et Oskaras Korsunavas. Le spectacle par son étonnante vitalité confirme que les séparations ont été surmontées et qu’une communauté générationnelle désormais s’affirme. Elle développe un romantisme de la destruction comme réponse anarchiste aux impasses du monde actuel. Korsunavas qui avait déjà monté Zucco s’inscrit avec VISAGE DE FEU sur la même voie. Il y a des cohérences de répertoire qui font sens.
Korsunavas dans ce spectacle d’une vitalité particulière alterne le réalisme quotidien, à base de stéréotypes, et les illuminations incendiaires du couple, à la limite de l’inceste, du frère et de la soeur. Sans projet ni discours, une même révolte les anime, une même pulsion les relie. À ces adolescents rebelles, comme des Rimbaud modernes, le monde leur semble insupportable et, avec une grâce extrême, ils dansent, jouent, invectivent : leur violence subtilement chorégraphiée est d’une pureté absolue. Comme dans cette image où seuls, l’un à côté de l’autre, le frère et la soeur regardent devant eux tels des anges exterminateurs convaincus qu’il n’y aura jamais de renaissance sans une calcination généralisée. Et ils sont prêts à ce sacrifice au nom de leur inextinguible besoin de renaissance. Sacrifice partagé.
VISAGE DE FEU ou le romantisme ressuscité.

