46 Antoine Vitez, la fièvre des idées
Antoine Vitez, la fièvre des idées-Couverture du Numéro 45 d'Alternatives Théâtrales

Antoine Vitez,
la fièvre des idées

#46
juillet 1994
25 articles
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Antoine Vitez aimait écouter le réel, l’interpréter et l’animer. Le monde où il plongeait quo­ti­di­en­nement engendrait la fièvre des idées, force motrice d’un théâtre dont il avait tou­jours rêvé, le théâtre des idées. Il a entretenu la dynamique de son rap­port à l’extérieur grâce à des ren­con­tres avec des écrivains, des poli­tiques, des philosophes. Nous nous sommes adressés à eux afin de dégager ensem­ble l’identité de cet artiste pour qui le théâtre n’avait rien d’un monastère.
Trois textes en Avi­gnon
Présen­tés à Avi­gnon en 1994, ANGELS IN AMERICA de Tony Kush­n­er, LA MINUTE ANACOUSTIQUE de Paul Pourveur et SCANDALEUSES de Jean-Marie Piemme sont trois textes qui se suiv­ent mais ne se ressem­blent pas. Les auteurs de ces textes ont cepen­dant en com­mun d’être des con­tem­po­rains qui éprou­vent, à tra­vers l’écriture théâ­trale, une forme on ne peut plus éloignée du réal­isme psy­chologique à intrigue linéaire.

AU SOMMAIRE

Au sommaire

Trois textes en Avignon

Trois textes qui se suiv­ent et ne se ressem­blent pas. Le pre­mier, immergé dans l’u­nivers du sida et de l’ho­mo­sex­u­al­ité, est poli­tique­ment con­tre un cer­tain puri­tanisme améri­cain, Le sec­ond, qui s’est des­tiné au jeune pub­lic, est mirac­uleuse­ment pour un silence plein de mots qui rés­sus­ci­tent les morts et le troisième, enfin, noc­turne et souter­rain, n’est ni pour ni con­tre la fas­ci­na­tion et l’am­biguïté. Les auteurs de ces textes ont en com­mun sinon une manière de dire le monde autrement, au moins d’être des con­tem­po­rains qui éprou­vent, à tra­vers l’écri­t­ure théâ­trale, une forme on ne peut plus éloignée du réal­isme psy­chologique à intrigue linéaire. Yan­nic Man­cel dit sa dif­fi­culté à « résumer » Le foi­son­nant ANGELS IN AMERICA, Benoit Vreux invite à une vis­ite guidée autour du silence, lim­ite extrême du théâtre, et objet de la recherche dans LA MINUTE ANACOUSTIQUE, Lin­da Lewkow­icz et Corinne Rigaud, enfin, inter­ro­gent l’am­biguïté à tra­vers un entre­tien sur SCANDALEUSES, une ren­con­tre à l’image de l’œuvre au point de ne plus savoir, au bout du compte, qui par­le vrai­ment quand on y dit « JE » ANGELS IN AMERICA de Tony Kush­n­er, LA MINUTE ANACOUSTIQUE de Paul Pourveur et SCANDALEUSES de Jean-Marie Piemme, en suiv­ant l’agenda du fes­ti­val, sont respec­tive­ment une créa­tion, une lec­ture et une reprise. Trois spec­ta­cles soutenus par la Com­mu­nauté française de Bel­gique.

Tout finit toujours par s’arranger

— Sur LA MINUTE ANACOUSTIQUE de Paul Pourveur  — 

LA MINUTE ANACOUSTIQUE a été écrit à la Char­treuse de d’écri­t­ure étaient François Ger­baulet, OU SONT PASSÉS LES Vil­leneuve-lès-Avi­gnon durant la rési­dence d’hiver 1993 – 1994 con­sacrée aux textes pour…

Par Benoit Vreux

Dix-sept conversations près du canal de Willebroeck

— Sur SCANDALEUSES de Jean-Marie Piemme — 

Juste avant les représen­ta­tions en Avi­gnon et peu après celles de Brux­elles, Jean-Marie Piemme souhaitait réin­ter­roger SCANDALEUSES. Deux femmes le ques­tion­nent sur un texte qui en met qua­tre…

Par Jean-Marie Piemme, Corinne Rigaud et Linda Lewkowicz
Janine Godinas et Candy Saulnier dans SCANDALEUSES de Jean-Marie Piemme, mise en scène Philippe Sireuil, Théâtre Varia. Photo Danièle Pierre.

Antoine Vitez, la fièvre des idées

Dossier réalisé par Georges Banu et Marie Etienne

Antoine Vitez, la fièvre des idées

Dossier réalisé par Georges Banu et Marie Etienne

« C’est tou­jours cela que j’ai voulu don­ner sur scène : faire voir la force vio­lente des idées, com­ment elles ploient et tour­mentent les corps ».Antoine Vitez  Antoine Vitez aimait…

Par Georges Banu et Marie Etienne

La pensée du dehors

LE TERME vient de Fou­cault, mais il con­vient à Vitez, tra­ver­sé, voire habité par la pen­sée du dehors. Il avait décidé, au début de sa car­rière, dans un…

Par Georges Banu

Antoine Vitez

JE LE VOIS un livre à la main dans le silence de la pièce.On entend la rumeur de la lec­ture. Comme dans un rêve (ce n’est pas dans…

Par Arnaldo Calveyra

L’hôte

ANTOINE VITEZ tutoy­ait comme si le vous français eût été une troisième per­son­ne imprat­i­ca­ble. Sans per­dre de temps et autrement que tous. Le tutoiement d’usage en poli­tique, au…

Par Florence Delay

Toute la mer

Antoine habitait le théâtre, y pas­sant le plus clair de son temps, mais le théâtre l’habitait, en comé­di­en qu’il avait si longtemps voulu être, et qu’il était, en…

Par Marie Etienne

Vitez dessinateur

OH ! FINALEMENT, j’ai choisi celui du 28.10.73. Le dessin du 28 décem­bre 1973, oui, envoyé je ne sais d’où, de Paris ou de Bièvres, mais à coup…

Par François Regnault

Lui, Vitez

LA DERNIERE FOIS, dans les couloirs de l’Odéon. J’ai sa dic­tion dans l’or­eille, et sur l’étagère à « fla­cons » de mémoire dont par­le Proust (dont ce sou­venir même, réduit…

Par Michel Deguy

La distraction

SON ATTENTION se fai­sait flot­tante, son regard, qui suiv­ait votre pen­sée dans vos yeux, soudain déra­pait, glis­sait sur votre front et s’échappait. Pour­tant sa dis­trac­tion, vous ne l’imputiez…

Par Raymond Lepoutre
Antoine Vitez dans FAUST de Goethe, scénographie Claude Engelbach, 1972. Photo Nicolas Treatt.

Un homme de mémoire

LA MÉMOIRE nous donne le fil, et c’est la mémoire qui nous injecte la peur de Le per­dre. Dès qu’elle s’ac­tive, elle dis­trait ; en même temps qu’elle s’ac­tive,…

Par Bruno Bayen

Antoine Vitez, le mécène

JE SAIS main­tenant ce que Mécène veut dire. J’ai regardé dans le dic­tio­n­naire. Le mot se trou­ve évidem­ment aux envi­rons de «(être de) mèche » et de « médaille ». Mais…

Par Natacha Michel
Au premier plan Claudia Stavisky dans FALSCH de René Kalisky, décor et costumes Yannis Kokkos, 1983. Photo Claude Bricage.

L’âme captive d’Antoine Vitez

Ce que la nature dans sa marche grandios­eSé­pare en élé­ments dis­joints dans les vastes lointains,Devient sur la scène, dans le chan­tUne par­tie d’un tout, aisé­ment compréhensible.LES ARTISTES (F.…

Par Anne Delbée

Instants furtifs

C’EST avec beau­coup d’é­mo­tion et de respect, mais aus­si de timid­ité et de fierté que je suis entré en rela­tion avec Antoine Vitez en 1980 grâce à l’in­ter­ven­tion…

Par Jean Métellus

Ce cœur du paradoxe

LA GALERIE DES SOUVENIRS con­stitue déjà un théâtre, où celui qui par­le croit voir l’autre, où le présent s’efface au prof­it d’un autre présent. Quoi de plus beau…

Par Dominique Grandmont

Au magasin

— Traduction de Danièle Sallenave, en hommage à Antoine, traducteur — 

SOUS des châles ou des fichus,comme au com­bat­comme au travail,au mag­a­sin une à une, en silence, les femmess’avancent,dans un bruit de bidons, de bouteilles, de casseroles,dans l’odeur des…

Par levgueni Evtouchenko

La Russie qu’il aimait

C’EST quand Antoine est mort que je me suis avisé que je l’avais con­nu une bonne moitié de ma vie. Nous avions beau­coup de choses en com­mun, mais…

Par Léon Robel

L’enfermement

AU MOIS de décem­bre 1965, Le Monde écrit le nom d’An­toine Vitez avec deux t. Une coquille. Mais les coupures de presse, Les let­tres retrou­vées rap­pel­lent qu’il était…

Par Pierre Lartigue

« Mort — Mais la trace du raisonnement subsiste »

Poème d’Antoine Vitez du 14.8.78, 30.8.78.

ANTOINE VITEZ écrit d’une vie intraduis­i­ble en mot, et ses mots pour­tant revi­en­nent d’une mort intraduis­i­ble, « je n’ajouterai pas d’autres mots à la col­lec­tion des mots déjà dits,…

Par Henri Meschonnic
Richard Fontana et Alain Ollivier dans HAMLET de Shakespeare, scénogaphie et costumes de Yannis Kokkos, 1983. Photo Claude Bricage.

Il parlait toujours de littérature…

IL PARLAIT tou­jours de lit­téra­ture lorsque nous nous rencontrions.La tra­duc­tion en français des poèmes de Gui­do Gezelle fit ain­si par­tie des évo­ca­tions de ses dernières années. Chez les…

Par Marc Quaghebeur

C’est la faute à Vitez…

« TOUT EST THÉATRE », affir­mait volon­tiers Antoine Vitez. Ce qui jus­ti­fi­ait sans doute que, du théâtre, il s’‘échappât au pre­mier détour de la con­ver­sa­tion sans avoir l’im­pres­sion de quit­ter…

Par Hubert Nyssen

« Soleil douteur »

LA DERNIERE mise en scène d’An­toine Vitez LA VIE DE GALILÉE de Brecht à la Comédie Française, le seul théâtre qui échappe à l’éphémère donc à la mort,…

Par Jack Ralite
Antoine Vitez en Avignon, années 1980. Photo Michel Maïofiss.

L’impossible rupture

VITEZ. J’ai de la sym­pa­thie pour cet homme — et son théâtre d’idées — la même sym­pa­thie que j’au­rais pour un être qui se com­bat avec sérieux pour…

Par Daniel Sibony
Valérie Dréville et Roland Bertin dans LA VIE DE GALILÉE de Brecht, scénographie Yannis Kokkos, 1990. Photo Claude Bricage.

Pour Antoine, un signe de la main

LE SÉDUCTEUR des planch­es — des corps, des voix, des lumières — pen­sait que « La Tragédie c’est l’histoire des larmes ». Le grand com­mu­ni­ca­teur était donc un homme du…

Par Jean Mambrino
Charlotte Clamens dans ELECTRE, 1986. Photos Lionel Fourneaux.
Offrez-vous une plongée inédite au
coeur des arts de la scène.
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