LINGUISTE, historien, cinéphile, il a d’abord consacré des années de recherches à Chaplin, qu’il est arrivé à faire entrer par la grande porte à la Sorbonne, où il organisa en 1989, le premier colloque universitaire international consacré à l’illustre clochard métaphysique. Il avait, dans l’intervalle, publié deux essais à son propos. À l’Université libre de Bruxelles, il a contribué à faire au cinéma la place qui lui revenait. Il a consacré des études au cinéma d’André Delvaux, dont il a analysé l’adaptation de Marguerite Yourcenar dans L’ŒUVRE AU NOIR. Mais son propre univers, fantasmagorique et hanté, il le fréquente par le recours au spectacle vivant. Son écriture théâtrale est à la fois inscrite dans la tradition juive, ce que l’on mesure à la place qu’occupe LE DIBBOUK dans son univers imaginaire, et imprégnée par l’imagerie belge, qui l’incite à situer sa PASSION DU DIABLE parmi les toiles d’Ensor et de Bosch. À sa façon, Nysenholc est un héritier de Ghelderode qui d’ailleurs, on aurait tort de l’oublier, était lui aussi un admirateur éperdu de Chaplin.
Survivre ou La mémoire blanche
C’EST À UNE POIGNANTE et hilarante variation sur LE DIBBOUK que se livre Nysenholc dans cette pièce « en dix-huit tableaux >. Un homme y reçoit la visite de sa mère. Rien d’extraordinaire à cela, sauf que cette mère est morte depuis longtemps, qu’elle fut gazée à Auschwitz, et qu’elle lui apparaît à l’âge où elle lui fut arrachée, âge qu’il a lui-même dépassé depuis longtemps. Le voilà pratiquement en situation d’être le père de sa propre mère. Sauf qu’elle n’a renoncé à aucune de ses prérogatives. Qu’elle se fait si insistante que l’amie du fils le laisse planté là. Mais comment se débarasser d’une mère qui n’eut jamais de sépulture, qui s’en alla en fumée ? Et qui, de surcroît, se met en tête de trouver une compagne de remplacement à son fils ? Texte étonnant de cohérence phantasmatique, qui replace la Shoah dans Le cadre d’une légende de mort, de résurrection, d’incarnation et d’exorcisme, cette pièce n’a pas fini de creuser en ceux qui la découvrent son sillon révélateur et troublant.
JDD
Œuvres théâtrales
À LA VIE COMME À LA MORT
Pièce en 1 acte.
Publié dans Revue et corrigée en 1986.
Distribution : 3 femmes, 13 hommes
KAMMERSPIEL
Pièce en 1 acte.
Publié aux Éditions Nocturnes, coll. Premières Nocturnes, Bruxelles, 1989.
Lecture scénique au Centre culturel Le Botanique, en mars 1989.
Distribution : 2 femmes, 2 hommes
L’AMOUR DIVIN OU À QUELQU’UN, L’AUTRE.
Distribution : 1 femme, 2 hommes
Durée : 2h
SURVIVRE OÙ LA MÉMOIRE BLANCHE
Publié aux Éditions de l’Ambedui, Bruxelles, 1995.
Création radiophonique dans une mise en ondes de Jean-Louis Jacques diffusée sur la RTBF, le 17 avril 1993.
Prix Louis Musin.
Distribution : 3 femmes, 6 hommes
Durée : 1h30
LA PASSION DU DIABLE
Publié aux Éditions Lansman, coll. Théâtre à Vif, n° 53, Carnières, 1995.
Lecture scénique, dans le cadre des Troisièmes Nocturnes, au Centre culturel Le Botanique, en mai 1991.
Grand Prix du public au concours international Val en scène de Valenciennes en 1990.
Distribution : 30 personnages joués par 5 acteurs
AMPHITRYON OÙ L’AMOUR DIVIN.
Nouvelle version de L’AMOUR DIVIN, 1996.
LES NUITS DE MA MÉMOIRE
Lecture-spectacle dans une mise en voix de Jacques Herbet à la Maison de la Culture du Sud-Luxembourg, en 1997.

