BOIVIN, ALAIN, Alfred, Serge, Léopold. Né à Charleroi le 20 juin 1948. L’alignement anodin de ces prénoms met finalement en exergue les valeurs essentielles que l’on a cru reconnaître dans le travail théâtral de l’auteur : l’appartenance à une famille et à un lieu, une notion du temps particulière, une volonté fraternelle, et l’envie et le besoin de faire perdurer des traditions quand elles sont l’élément moteur et le catalyseur de ce qui commence à montrer les signes apathiques d’une indifférence généralisée. Comédien, metteur en scène, directeur de théâtre, auteur, Alain Boivin a fondé et dirigé, entre autres, le Théâtre de Poche de Charleroi. Au travers de l’animation théâtrale, il a été à l’initiative de nombreux projets pédagogiques et continue de l’être. Il dirige actuellement le Théâtre du Grand Écart et fait du théâtre pour enfants sur l’eau. L’écriture d’Alain Boivin est au service de son histoire : fidèle, juste, sensible à ses sautes d’humeur et à ses « chavirages » sentimentaux. Elle emprunte au conte l’art et la manière de dire, et à la poésie de dire autrement. On ne lit pas l’écriture d’Alain Boivin : on l’écoute. Parce qu’elle n’écrit pas : elle raconte.
Fredo Batelier
FREDO est un artisan batelier qui a été déçu par Napoléon, qui a appris à jouer du trombone par correspondance et qui parle à son hamster, «…histoire de ne pas dériver de la casquette ». À travers Le récit d’un amour, celui pour Minna, sa cousine, Fredo raconte la nostalgie détaillée d’une époque et d’un métier.
Le monologue d’Alain Boivin est une belle et tendre éclusée. Avec son père, dont il a fait le personnage principal de son texte, il ouvre et lâche ses souvenirs, les retient le temps d’une pièce et Les intériorise à nouveau pour mémoire. En suivant le rythme et Le débit d’une eau de canal, Alain Boivin raconte la vie quotidienne de ces mariniers qui « transportaient des briques réfractaires pour la banlieue nord de Paris » en rêvant parfois qu’ils étaient capitaine au long cours.
Batelier conteur, Fredo parle avec l’envie chaleureuse de vouloir partager quelque chose. Et parce qu’il a Le souci constant de ne jamais interrompre la communication, il se met à chanter, aussitôt qu’il ne trouve plus ses mots. C’est avec l’histoire particulière de Fredo qu’Alain Boivin nous parle de cette relation universelle : l’interdépendance affective qui unit l’homme à son milieu naturel.
Alain Boivin qui parle de l’eau parle du bateau qui parle de Fredo qui parle du bateau qui parle de l’eau.
CR
Œuvres théâtrales
FREDO BATELIER
Publié chez l’auteur,
Marchienne-au-Pont, 1993.
Création par le Théâtre du Grand Écart dans une mise en scène de Jacques Herbet, sur une péniche à Charleroi, en novembre 1992.
Distribution : 1 homme
LES GLOBULES
Farce métabolique en deux actes.
Concours du Festival du jeune théâtre.
Distribution : 5 hommes, 1 femme
Théâtre jeune public
VOYAGE AU BOUT DE MON LIT
Création par le Théâtre du Grand Écart dans une mise en scène de l’auteur, en octobre 1994.

