Alain Cofino Gomez
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Alain Cofino Gomez

Le 7 Août 1997
PEAUX DE CHAT d’Alain Cofino Gomez, mise en scène de Micheline Hardy au Théâtre Le Public,.1996. Photo Jorge Léon/Coto de Caza.
PEAUX DE CHAT d’Alain Cofino Gomez, mise en scène de Micheline Hardy au Théâtre Le Public,.1996. Photo Jorge Léon/Coto de Caza.
PEAUX DE CHAT d’Alain Cofino Gomez, mise en scène de Micheline Hardy au Théâtre Le Public,.1996. Photo Jorge Léon/Coto de Caza.
PEAUX DE CHAT d’Alain Cofino Gomez, mise en scène de Micheline Hardy au Théâtre Le Public,.1996. Photo Jorge Léon/Coto de Caza.
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Alain Cofino Gomez
Alain Cofi­no Gomez

SES PARENTS ne sont sans doute pas nés à Brux­elles, mais lui, oui, et plus pre­cisé­ment Le 16 novem­bre 1967. Il a fait ses études à l’IN­SAS, sec­tion mise en scène. Il est donc met­teur en scène de méti­er, mais le vent qui le pousse dans le dos l’implique plus obstiné­ment dans l’écri­t­ure : il obtient, en 1994, une bourse d’aide à l’écri­t­ure de la Com­mu­nauté française et réalis­era, à par­tir de 1997, et durant trois saisons, un pro­jet d’écri­t­ure dans la com­mune de Schaer­beek (TRACES DE QUARTIER pro­duit par le Théâtre de la Bal­samine).
Sans roman­tisme ni sen­si­b­lerie, Alain Cofi­no Gomez pra­tique sere­ine­ment et peut-être avec sang froid l’écri­t­ure chirur­gi­cale : celle qui découpe, pique et coud dans le vif du sujet. On imag­ine alors l’auteur, dans la peau de son tan­neur de peaux !1 qui, «… resté seul, s’ap­proche d’une table, autour de laque­lle il tourne à la manière d’un artiste, une espèce de toréador chirurgien ou, peut-être, un médecin légiste mélo­mane »2. Il écrit comme ses per­son­nages par­lent : avec l’accent et l’expressivité d’une langue qui a cop­ulé avec d’autres et qui, loin de cacher sa bâtardise, nous en offre au con­traire sa richesse onoméatopéique. Il y a des écri­t­ures silen­cieuses, celle d’Alain Cofi­no Gomez fait du bruit. Le mot écrit, éclate, sonore et visuel dans une syn­taxe tou­jours sim­pli­fiée au strict min­i­mum intel­li­gi­ble. Alain Cofi­no Gomez sem­ble veiller à ce que ses per­son­nages sachent tou­jours quoi faire de leurs dix doigts. Quitte à inven­ter des métiers, il faut que ça tra­vaille, que ça tripote et que ça tri­pa­touille. Car, on le sait bien, tout le reste n’est que lit­téra­ture. « Zoom Zoom ! Et hop, je fais ci, je fais ça et voilà que voilà. Vous sai­sis­sez ? » et « Zoom, Zoom, ce n’est pas de la rigo­lade, ça me vient du fond du fond, du même endroit qui me fait rêver des mon­des sauvages. »3
Alain Cofi­no Gomez aime la con­fu­sion, la per­méa­bil­ité des corps et celle des sols, la masse et le nom­bre, la « crasse » laborieuse, les âmes et les éboueurs, l’hu­mil­ité comme une arme, « les ani­maux et les hommes de bonne com­pag­nie ».4
 Dès qu’il le peut, il pousse la chan­son­nette et il la pousse bien.

Affaire de tim­bres pre­mière caté­gorie 

LES LÉCHEUSES DE TIMBRES, encom­brées par le corps de feu leur patron, se préoc­cu­pent pour l’avenir de l’ate­lier où elles ont tra­vail­lé toute leur vie. Elles déci­dent de pass­er une annonce : « Ate­lier cherche patron pour affaire de tim­bres pre­mière caté­gorie ». Il y aura par ordre d’entrée : le jeune homme, l’homme pois­son, le mes­sager, le prédi­ca­teur et Mack, le cousin du macch­a­bée, comme il dit.
Ces trois employées codétenues qui vivaient une rela­tion sin­gulière et exclu­sive avec leur employeur vont nous révéler, peu à peu, leurs peurs et leurs fan­tasmes. La mort vient boule­vers­er une sit­u­a­tion qui était anor­male­ment sta­tique et les trois femmes vont être bru­tale­ment con­fron­tées à des ques­tions et des prob­lèmes aux­quels elles n’avaient même jamais songé : par exem­ple, com­ment détrôn­er le pre­mier. Le pre­mier homme de sa vie.
Moral­ité :
Que l’on s’ap­pelle Geor­gette, Philli­pa ou Bernadette De ses cadavres, on ne fait jamais tout à fait place nette. 

Peaux de chat 

UN HOMME et une femme, un amour légendaire, une affaire qui marche bien et puis pata­tras ! : la trahi­son, la panique, le doute, et la fuite dans une ville frileuse, cor­rompue et assoif­fée de fausse jus­tice. Dji Bi la com­bine et Léa devi­en­nent mal­gré eux les Bon­nie and Clyde du sous-sol ; c’est la cav­ale dans les caves en essayant de tromper l’en­ne­mi : le voisin pois­son­nier. Dém­a­gogue de son état, il est secrète­ment amoureux de Léa et anonymement l’instigateur de la déla­tion con­tre Dji, le tan­neur de peaux, l’écorcheur de chats.
Devenu tra­vailleur clan­des­tin par la force des choses et la mesquiner­ie sociale, il essaie de sur­vivre entre sa peur à lui et ses rêves à elle. De quelle stratègie le héros et sa belle vont-ils user pour sor­tir et s’en sor­tir ?Ils ont, pour eux et con­tre les autres, huit tableaux pour trou­ver une solu­tion et le sif­fle­ment d’une bouil­loire pour faire diver­sion. Une pièce de l’underground qui nous mon­tre de la mis­ère, des couleurs et des odeurs fortes : celles, par­ti­c­ulières, de l’univers théâ­tral d’Alain Cofi­no Gomez. 

CR 

Œuvres théâ­trales

AFFAIRE DE TIMBRES
PREMIÈRE CATÉGORIE
Comédie noire en deux journées.
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man,
col­lec­tion Théâtre à Vif, n° 12, Carnières, 1991.
Créa­tion par Canadair, dans une mise en scène d’Alain Wathieu,
à la chapelle des Brigit­tines, Brux­elles, le 31 mars 1993.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes, 5 hommes
Durée : 1h20

HARRY RUPPER
Épopée noire.
Créa­tion dans une adap­ta­tion et une mise en scène d’Alain Wathieu, au Fes­ti­val
Bel­lone — Brigit­tines, Brux­elles, 1992.
Dis­tri­b­u­tion : 15 per­son­nages, hommes et femmes
Durée : 2h15

CANAPÉ
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man,
col­lec­tion Tirages légers, n° 11, Carnières, 1994.
Lec­ture publique sous l direc­tion de Lay­la Nabul­si dans le cadre des Scènes blanch­es du Théâtre Varia, Brux­elles, 1994.

NETTOYAGE À SEC
Lec­ture publique dans le cadre
de la man­i­fes­ta­tion Bis­sex­tiles
à l’E­space Sen­g­hor,
Brux­elles, févri­er, 1996.

À PROPOS DU CATÉCHISME DE L’ACTEUR
Pub­lié dans Alter­na­tives théâ­trales, n° 47, décem­bre 1994.
Lec­ture publique dans le cadre des Ren­con­tres inter­na­tionales de théâtre con­tem­po­rain, au Musée d’art mod­erne de Liège, en 1994.

SOUDURE
Com­mande de Thier­ry Debroux pour une séquence de RUPTURES, spec­ta­cle col­lec­tif.
Pub­lié aux Édi­tions du Groupe Aven, Brux­elles, 1996.
Créa­tion dans une mise en scène de Thier­ry Debroux, à l’E­space Sen­g­hor, Brux­elles, 1994.

PEAUX DE CHAT
Comédie noire en huit tableaux.
Pub­lié aux Édi­tions du Groupe Âven, Col­lec­tion Textes, Brux­elles, 1996.
Créa­tion dans une mise en scène de Miche­line Hardy, au Théâtre Le Pub­lic, Brux­elles, le 25 avril 1996.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme,
2 hommes

  1. Dji Bi la com­bine dans PEAUX DE CHAT. ↩︎
  2. PEAUX DE CHAT. ↩︎
  3. Idem. ↩︎
  4. Idem ↩︎
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Écrit par Corinne Rigaud
Corinne Rigaud est née à Orange, un trois avril. Elle a déjà dit qu’elle aimait les jupes de...Plus d'info
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