Amélie Nothomb
Non classé

Amélie Nothomb

Le 1 Jan 1997
Article fraîchement numérisée
Cet article rejoint tout juste nos archives. Notre équipe le relit actuellement pour vous offrir la même qualité que nos éditions papier. Pour soutenir ce travail minutieux, offrez-nous un café ☕

COMME tous les enfants de diplo­mate, Amélie Nothomb (née à Kobé en 1967) passe ses pre­mières années à démé­nag­er dans dif­férents pays du monde, prin­ci­pale­ment en Ori­ent. En 1984, elle s’installe à Brux­elles pour entamer une licence en philolo­gie romane. Après ses études, elle tra­vaille comme inter­prète au Japon, le temps de com­pren­dre que sa véri­ta­ble voie est la lit­téra­ture. Son pre­mier roman, HYGIÈNE DE L’ASSASSIN (1992, Albin Michel) con­naît un suc­cès reten­tis­sant dû à ses qual­ités lit­téraires mais aus­si aux imper­ti­nences de son auteur et à ses excen­tric­ités. Aujourd’hui encore, ce suc­cès ne se dément pas. À chaque ren­trée lit­téraire, Amélie Nothomb envahit les médias, de France-Cul­ture aux pages de E/le. Dès HYGIÈNE DE L’ASSASSIN, Amélie Nothomb a accordé une place prépondérante aux dia­logues. Ce roman sera d’ailleurs porté à la scène, sans grand change­ment, par Gérard Desarthe (à la Mai­son de la Cul­ture de Bobigny, en 1994). Il devien­dra égale­ment un opéra grâce au com­pos­i­teur Daniel Schell (Brux­elles, Anci­enne école vétéri­naire, 1995). Nous com­pren­drons donc aisé­ment que l’écrivain se soit mise à l’écri­t­ure dra­ma­tique même si LES COMBUSTIBLES, sa seule pièce à ce jour, n’a pas été, dans un pre­mier temps, présen­tée sous cette éti­quette. Cer­tains cri­tiques l’ont d’ailleurs chroniquée comme roman (dia­logué). Ce n’est qu’à la paru­tion du roman LES CATILINAIRES que le texte sera enfin assumé comme pièce de théâtre. 

Les com­bustibles

TROIS PERSONNAGES, un pro­fesseur de lit­téra­ture, son assis­tant et la fiancée de celui-ci, dans un pays en guerre non iden­ti­fié, ont froid, comme le restant de la ville. Quand les meubles ont été brûlés, il ne reste que les livres pour ali­menter l’âtre. Des ques­tions se posent : quel sera le dernier ouvrage à flam­ber ? Les livres sont-ils plus impor­tants que la vie ? Le com­bat ver­bal s’installe à l’intérieur de l’appartement, les êtres se déchirent, se révè­lent tels qu’en eux-mêmes : impi­toy­ables, cyniques, mis­érables. Dans cette pièce comme dans ses romans, les per­son­nages d’Amélie Nothomb se livrent à des com­bats le plus sou­vent à mort. Ils utilisent les armes du lan­gage — des mots tran­chants comme la lame d’un couteau — ou du silence pour se pouss­er dans les derniers retranche­ments, jusqu’à ce que l’un d’eux rampe (et par­fois meure). Celui qui reste n’est pas tou­jours le vain­queur. Dans cette pièce som­bre et sar­cas­tique que nous pour­rions qual­i­fi­er de farce noire, les per­son­nages s’in­vec­tivent plus qu’ils ne se par­lent. Leurs mots sont par­fois drôles, enfan­tins, tou­jours cru­els. IIls se cri­ent plus qu’ils ne se dis­ent. 

MZ

LES COMBUSTIBLES
Pub­lié aux Édi­tions
Albin Michel, Paris, 1994.
Réédi­tion au Livre de Poche, Paris, 1996.
Créa­tion dans une mise en scène de Pierre Fox au Théâtre de la Samar­i­taine, Brux­elles, en mai 1996.
Nou­velle créa­tion dans une mise en scène de René Richard Cyr à l’E­space Go, Mon­tréal, en octo­bre 1996.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 2 hommes
Durée : 1h20

Non classé
Partager
Partagez vos réflexions...

Vous aimez nous lire ?

Aidez-nous à continuer l’aventure.

Votre soutien nous permet de poursuivre notre mission : financer nos auteur·ices, numériser nos archives, développer notre plateforme et maintenir notre indépendance éditoriale.
Chaque don compte pour faire vivre cette passion commune du théâtre.
Nous soutenir
Précédent
Suivant
1 Jan 1997 — PATRICIA NIEDZWIECKI (1958, Bruxelles), intellectuelle, dramaturge, polyglotte, a placé la femme, le langage, au centre de ses réflexions, de son…

PATRICIA NIEDZWIECKI (1958, Brux­elles), intel­lectuelle, dra­maturge, poly­glotte, a placé la femme, le lan­gage, au cen­tre de ses réflex­ions,…

Par Michel Zumkir
Précédent
1 Jan 1997 — LINGUISTE, historien, cinéphile, il a d’abord consacré des années de recherches à Chaplin, qu'il est arrivé à faire entrer par…

LINGUISTE, his­to­rien, cinéphile, il a d’abord con­sacré des années de recherch­es à Chap­lin, qu’il est arrivé à faire entr­er par la grande porte à la Sor­bonne, où il organ­isa en 1989, le pre­mier col­loque uni­ver­si­taire…

Par Jacques De Decker
La rédaction vous propose

Bonjour

Vous n'avez pas de compte?
Découvrez nos
formules d'abonnements

Mot de passe oublié ?
Mon panier
0
Ajouter un code promo
Sous-total