
NÉE À MARSEILLE en juillet 1950.
Anne Auray-Voisin jubile au milieu des mots. Les mots qu’elle dit, les mots qu’elle écrit dans l’urgence, en entendant, mentalement, la voix des comédiens. Anne Auray-Voisin tisse les mots de son histoire : Gide quelque part dans l’arbre généalogique, la fascination pour le livre, les études au Conservatoire de Bruxelles et une première adaptation très libre de Paul Claudel. Si libre que le fils de Claudel l’incite à écrire pour le théâtre et la met en contact avec Jean-Louis Barrault. Sa première pièce, SYNTHETIK SUICID, inaugure une série de textes violents à l’écriture très énervée qui répondent à la volonté de témoigner. Pour elle, la pure révolte ne peut être qu’intellectuelle. Dans ce sens, écrire lui permet d’éviter les compromis. Anne Auray-Voisin a décidé de faire de l’écriture son métier en réponse peut-être à ses promesses d’enfance. L’enfance qu’elle retrouve aujourd’hui en animant des ateliers de théâtre, en écrivant pour Le jeune public et en travaillant sur le registre du comique. Pour un éclat de rire régénérateur.
Mon pays est un théâtre
ALIX S’EST RETIRÉ dans un théâtre abandonné. Plusieurs fois, il a opposé un silence aux appels de son père, le gouverneur, qui veut le marier et lui passer les rênes du pouvoir. Cette fois, le gouverneur s’est déplacé pour faire entendre sa volonté. Mais Alix l’affronte car il ne veut pas de la puissance établie sur la peur, sur la lâcheté et sur l’argent. Il veut du rire et de l’amour ; il veut procurer le bonheur par les arts. Tandis que le conflit s’amplifie, FNX, la chanteuse, le Maestro, et Mira, l’habilleuse, occupent peu à peu le théâtre. Ils viennent briser l’oppression d’Alix qui, amoureux de FENX, ne peut cacher plus longtemps son secret : emprisonné dans une identité masculine pour complaire à son père, Alix est une femme. Sa révélation — sa revendication aussi — menace de nouer une fin tragique conforme à la norme morale. Mais la liberté d’esprit du Maestro vient bousculer le « destin » en offrant à tous les personnages une autre lumière, un autre regard…
Sur un rythme rapide, elliptique, cherchant sans cesse la secousse et l’énergie, les pièces d’Anne Auray-Voisin rappellent à l’ordre une société où tout se réifie. Elles explorent les relations humaines, familiales et amoureuses, jusqu’à un Cœur énigmatique, secret qui résiste. Qui réconcilie ?
ND
Œuvres théâtrales
CE QUI RESTE DE CE QU’ON NOUS À DONNÉ
Création dans une mise en scène
de l’auteur, en septembre 1982.
Adaptation pour la télévison
pat Jean-Louis Colmant diffusée
pat la RTBF en 1983.
Prix Herman Closson
de littérature dramatique.
Distribution : 3 femmes,
2 hommes
Durée : 1h40
CINQ QUATRE TROIS DEUX UN ZÉRO
Création dans une mise en scène
de l’auteur au Nouveau Théâtre
de Belgique, Bruxelles, en 1985.
Distribution : 2 femmes,
1 homme
Durée : 2h
MON PAYS EST UN THÉÂTRE
Création par Caps 2000 et le
Nouveau Théâtre de Belgique
dans une mise en scène
de l’auteur, le 25 janvier 1989.
Distribution : 4 femmes,
3 hommes
Durée : 1h45
Adaptations
L’OURS ET LA LUNE
d’après Paul Claudel
Création en 1972.
CONTES À NE PAS DORMIR
d’après Jean Ray
et Thomas Owen
Création dans une mise en scène
de l’auteur à l’Espace Privé,
en décembre 1989.
DES AMOURS, DES SNOBS ET LA MER…
d’après Marcel Proust
Création dans une mise en scène
de l’auteur à l’Espace Privé
en décembre 1991.
Création radiophonique
dans une réalisation
de Jean-Louis Jacques,
diffusée sur la RTBF-Radio 3
en 1991.
CARMEN
de Bizet
Création dans une mise en scène
de l’auteur à l’hippodrome
de Boistfort, Bruxelles,
en juillet 1994.

