ELLE : Elle est née à Bruxelles le 3 décembre 1969. De 1986 à 1993, d’abord à Bruxelles puis à Paris, elle suit une formation de comédienne tout en se donnant le temps de jouer et de mettre en scène un spectacle pour enfants. Elle obtient en 1991 sa licence en philologie romane à l’Université libre de Bruxelles.
Lui : Il est né le 21 novembre 1957 à Fosse-la-Ville. Gradué en arts plastiques (Institut St-Luc à Bruxelles), il fait, depuis 1982, tout ce qu’on peut faire autour de l’image : des bandes dessinées, des publicités graphiques, des affiches de cinéma, des story-boards pour des films publicitaires, des séries pour des journaux, mais aussi des cours (il est professeur à l’Institut des arts et métiers de la Province du Hainaut et à l’École de recherche graphique de Bruxelles), des conférences, des festivals, des expositions.
Elle et Lui ont écrit en duo une première pièce de théâtre qui s’est attachée, pour le fond, à déployer une phrase de Marguerite Yourcenar : « Le véritable lieu de naissance est celui où l’on a porté pour la première fois un coup d’œil intelligent sur soi-même »1 ( et pour la forme, une réflexion de Molière : « Je voudrais bien savoir si la grande règle de toutes les règles n’est pas de plaire et si une pièce de théâtre qui a attrapé son but n’a pas suivi un bon chemin. »2
L’Esquimau qui jardinait
DANS LA CONTRAINTE d’une situation et avec le sentiment de liberté que procure un moment exceptionnel, deux femmes vont se parler jusqu’à la confidence, jusqu’au conflit, jusqu’à la pudeur et la fraternité. Mais la communication réelle ne se fera, paradoxalement, qu’après les mots et le « Noir — Rideau ». Quand l’une sera partie et l’autre restée ; toutes les deux seules, au début d’une autre vie. Elles ne se comprendront que dans le silence qu’elles auront laissé, parce qu’elles ne possédaient pas le même code de langage. Louise a trente-cinq ans. Elle est épicière et vient d’avoir son troisième garçon, Gaston. Léa a accouché pour la première fois d’une petite fille. Elle a vingt-cinq ans et travaille comme arf director dans une agence de publicité. Sans le vouloir, dans cette chambre d’hôpital à deux lits, Léa va passer les épreuves d’un rite initiatique, dirigé par Louise, et qui lui permettra d’accéder à un certain degré de conscience et de connaissance, face à la réalité de la vie.
L’écriture souligne avec vigueur les détails caractéristiques des deux femmes : l’humour et la force psychologique de Louise, la sensibilité généreuse de Léa. Ces éléments soigneusement travaillés donnent au texte et à ses dialogues la poigne qu’il faut pour une comédie de mœurs tous publics.
CR
L’ESQUIMAU QUI JARDINAIT Création dans une mise en scène de Jacques Viala, à la Samaritaine Bruxelles, le 1er février 1995, Distribution : 2 femmes

