NÉ À BRUXELLES en 1948.
Vrai ketje de Bruxelles, Bernard Houssiau navigue entre diverses vocations, avant qu’un attentat à la bombe, non dirigé contre lui, mais dont il est la victime, l’enjoint de définir ses priorités. L’écriture lui semble le meilleur exutoire, mais il est plutôt « tout terrain » dans un premier temps, avant qu’une rencontre décisive ne l’oriente vers la dramaturgie. Au cours d’un séjour provençal, vers 1982, il rencontre l’auteur suisse Robert Rudin. Journaliste, romancier, scénariste de bandes dessinées, biographe, il a tout pour être le plus stimulant des partenaires d’écritoire. Et voilà que le tandem Bernard Houssiau-Robert Rudin se constitue. Ils voltigent d’un genre à l’autre avec une dextérité joueuse, mais c’est dans le théâtre que leurs virtuosités alliées s’en donnent à cœur joie. Ils travaillent de conserve, se décochent les répliques. « II y a des moments galopants, des impasses, des rires, des angoisses » disent-ils. Mais à deux, ils surmontent bientôt les obstacles : la solidarité a raison des épreuves solitaires de la création. Et le seul tandem belgo-helvétique des lettres théâtrales ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
La folie Van Gogh
Écrit avec Robert Rudin.
COMMENT EST-IL CONCEVABLE que ce Vincent, occupé à peindre d’illustres TOURNESOLS, cite quelques-unes des confidences que fit effectivement Van Gogh à son frère Théo, comme s’il venait de lire leur correspondance ? Et qui est ce Paul qui fait irruption dans son atelier, ressemble à un autre peintre non moins célèbre, exhibe soudain son téléphone portable et a des conversations des plus contemporaines avec une interlocutrice aux préoccupations résolument modernes ? En pratiquant un subtil mélange du passé et du présent, les auteurs fomentent un nœud d’étranges énigmes de plus en plus intrigantes au fil de la pièce, qui fustige bien plus une « folie Van Gogh » qui s’est emparée de la postérité de l’artiste que celle dont le peintre lui-même a pu être affecté. Comédie à multiples fonds, qui se joue des rapports entre la réalité et la légende, entre la raison et la déraison, ce défi à la maîtrise de deux acteurs est une plaisante mise en abîme.
JDD
Œuvres théâtrales
LA DATCHA À GORBI
Coécrit avec Robert Rudin.
Publié aux Éditions de l’Aire, 1991.
Création au Théâtre Para-Surbeck à Genève, en 1992, puis par la Compagnie du Terrain vague (Belgique), en 1996.
LA FOLIE VAN GOGH
Coécrit avec Robert Rudin.
Publié aux Éditions Lansman, collection Nocturnes Théâtre, n°33, Carnières, 1997.
Création par le Théâtre Para-Surbeck à Genève, en 1993, puis dans une mise en scène de Jean-Paul Landresse au Théâtre royal du Parc en 1997.
Inédits
LA COUR EN DÉLIRE, 1995.
UNE FEMME À JETER, 1996.
L’’ARBRE À PALABRE, 1996

