NÉE À CHARLEROI en 1960.
« J’écris
Pour mettre en désordre
Donner du sens à ce nouvel agencement… » (C. Carracillo)
Carmelina Carracillo est sociologue, fille de mineur et d’origine italienne. Sa parole est celle d’une femme engagée politiquement dans une résistance qui questionne les évidences, qui donne la parole aux oubliés de l’histoire, qui met en scène les « petites actualités et les héros anonymes ». Elle entreprend une formation au Centre d’études théâtrales (Louvain-la-Neuve) car le théâtre va directement à l’essentiel, il implique travail collectif et échange. Pour Cara, le théâtre peut être éminemment pédagogique. Doit-elle à sa rencontre avec l’auteur Dacia Maraini d’avoir pris la plume ?Pas seulement car, à ses yeux, écrire, c’est militer. Militer, c’est aussi assumer la production de ses pièces, écrire des chansons et Les interpréter, poursuivre une réflexion sur l’écriture contemporaine, être mère et orienter sa profession (elle expertise des projets de formation)! « Conduire un être du néant, du chaos vers une existence complète… », dit-elle.
L’autre Antigone
« UNE PIAULE, le minimex amélioré par le Centre, la mutuelle, un mec qui te tabasse, un autre qui te pelote et des bonbons. Que demander de plus à la vie ? »
En vain, Antigone appelle Ismène à la dignité, à la vie contre la survie. L’autre Antigone prend les armes contre une société d’assistés où les assistants sociaux s’infiltrent dans tous les interstices, forme de contrôle pervers et adroit. Antigone, c’est celle qu’on place dans un home pour la changer, la rééduquer, la resocialiser.… Or, de cette société qui ment pat omission, par intérêt, pour polir les conflits et arrondir les angles, Antigone ne veut pas. Elle réclame la prison qui lui reconnaîtrait son identité. Son milieu, c’est la bande de Polynice, son frère, anarchiste et truand. Polynice protège Antigone. Il l’inclut dans la bande où elle est respectée et où elle trouve, enfin, des relations humaines et un rapport à la société : l’opposition. Mais Créon aussi a sa vérité et Euridyce et Hémon.… Autres vérités qui surgissent et s’affrontent sans s’annuler. Cara bouscule le mythe, brise l’image figée des rôles sociaux et tente ainsi une réponse à l’imaginaire masculin. Son écriture flirte avec le baroque, l’abondance, le surplus, jusqu’à l’implosion due au désir, à l’amour.
ND
Œuvres théâtrales
FESTINS D’AMOUR ET DE CHÈRES
Création dans une mise en scène de Monique Lenoble aux Tréteaux de Bruxelles, en février 1994.
Distribution : 3 femmes, 2 hommes, un bébé, des femmes, des hommes, des enfants, le Chanteur
Durée : 2h
L’AUTRE ANTIGONE
Publié aux Éditions du Cerisier, Cuesmes, 1996.
Création dans une mise en scène
de Monique Lenoble à l’Éden à Charleroi, en novembre 1997.
Distribution : 7 femmes,
9 hommes (la pièce peut se jouer avec 6 comédiens)
Durée : 1h45
LA FREGATTURA (LA SUPERCHERIE)
Distribution : 3 femmes,
3 hommes
Durée : 2h
Sur Carmelina Carracillo
RITAL-LITTÉRATURE, ANTHOLOGIE DE LA LITTÉRATURE DES ITALIENS DE BELGIQUE,
Éditions du Cerisier,
Cuesmes, 1996.

