Chantal Akerman
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Chantal Akerman

Le 28 Août 1997
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NÉE À BRUXELLES en 1950. 

SAUTE MA VILLE (1968, court métrage), LA CHAMBRE (1972), HÔTEL MONTEREY (1972), YONKERS (1973), LE 15 DU 8 (1973), JE, TU, IL, ELLE (1974), sont les pre­miers films de Chan­tal Aker­man. Puis en 1975, elle réalise JEANNE DIELMAN, 23 QUAI DU COMMERCE, 1080 BRUXELLES : la vie d’une femme durant trois heures et vingt min­utes, filmée en temps réel. C’est le début de sa recon­nais­sance inter­na­tionale. La sin­gu­lar­ité de la démarche, la recherche du lan­gage ciné­matographique, font remar­quer cette réal­isatrice qui charge de sens ses images quand apparem­ment il ne se passe rien.
C’est à la demande d’une de ses col­lab­o­ra­tri­ces, Amahi Desclozeaux, que Chan­tal Aker­man écrira une pre­mière pièce en 1991 : HALL DE NUIT. Dans cette pièce, comme dans ses films, et comme dans la pièce con­sti­tuée à par­tir d’un de ses scé­nar­ios, LE DÉMÉNAGEMENT, se retrou­ve l’in­térêt pour Les per­son­nages en attente, les entre-deux. Ou com­ment racon­ter dans les préoc­cu­pa­tions les plus sim­ples la spé­ci­ficité de cha­cun, son rap­port au monde, et per­me­t­tre à cha­cun de dire, de se dire, aux pris­es avec ce monde. Pour exem­ple cet homme, dans LE DÉMÉNAGEMENT, qui racon­te sa chance d’avoir eu pour voisines trois étu­di­antes en sci­ences humaines, les grands bon­heurs qu’elles lui ont don­nés en oubliant leurs clefs, en bous­cu­lant son intérieur, son apparte­ment, mais surtout son cœur. 

Hall de nuit

CE N’EST PAS l’histoire d’une ren­con­tre. C’est une ren­con­tre. Entre Touf, né à Oran en 1974, et Sophie. Touf tra­vaille dans un hôtel. Il est chas­seur. La présen­ta­tion qu’il fait de lui-même, à la troisième per­son­ne, témoigne de sa volon­té de bien sépar­er sa fonc­tion, de ce qu’il est, lui, en tant qu’être humain. Cette « déf­i­ni­tion par l’ex­térieur », tout en per­me­t­tant d’en dire plus que ce que la sit­u­a­tion ne laisse voir, lui four­nit la pos­si­bil­ité de devenir son pro­pre objet de fic­tion. Autour de lui, les autres employés de l’hôtel n’ont pas les mêmes préoc­cu­pa­tions, mais la mise en dis­tance opérée par Touf devient val­able pour eux aus­si. Et nous entrons pro­gres­sive­ment dans l’histoire : l’abon­dance de paroles et d’in­for­ma­tions sur Touf per­met de révéler l’autre per­son­nage, Sophie, de lui don­ner accès à la parole jusqu’à ce qu’elle soit seule à par­ler. C’est la ren­con­tre, plus que Touf lui-même, qui la fait par­ler. Il n’est pas ques­tion de se deman­der ce qu’ils pour­raient devenir ensuite ensem­ble. Sim­ple­ment de s’in­téress­er à ces deux indi­vidus, le temps d’une mise en présence. 

VT

Œuvres théâ­trales 

HALL DE NUIT Pub­lié aux Édi­tions de l’Arche, Paris, 1992. Créa­tion par le Théâtre de Léthé, dans une mise en scène d’Amahi Desclozeaux, à Paris, en avril 1992. Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 3 hommes 

LE DÉMÉNAGEMENT d’après un scé­nario de Chan­tal Aker­man Créa­tion dans une mise en scène de Jules-Hen­ri Marchant, au Rideau de Brux­elles, en mai 1994. Dis­tri­b­u­tion : 1 homme 

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