NÉ À FOY-NOTRE-DAME, le 4 juin 1937.
Pour lui, « le théâtre meurt d’avoir été dit ». Alors, au prix d’un effort de mémoire, il se souvient des textes qu’il a écrits pour des ateliers de théâtre-action, évoque la magie des spectacles qui mettent en scène la parole marginale, cite, mais en passant, un court métrage (LE BAISER VOLÉ), un scénario (LE CHIEN QUI NE LEVAIT PAS LA PATTE), un texte, LA POTICHE, perdu à Paris dans les mouvements de mai 68. Quand Émile Hesbois s’arrête, ce n’est pas sur lui-même mais avec les gens, deux ou trois heures, parfois plus. Il frappe aux portes : un genièvre, un café et des mots, des images et des rêves qu’il accueille en écrivain. Longtemps, il n’a parlé que le wallon de son village puis il est devenu instituteur, mime et kinésithérapeute, écrivain-animateur pour la Province de Namur, chargé de cours au Conservatoire de Liège. Car un jour, dans une grange, avec des copains, il a joué PÉGANU, un premier spectacle très vite repris par le Centre dramatique de Wallonie. Aujourd’hui, au cœur de la Famenne, dans le village de Houyet, Émile Hesbois dirige le Centre dramatique en région rurale qu’il a cofondé en 1989. C’est là aussi qu’il écrit les histoires qu’il a découvertes derrière la précarité et l’exclusion.
L’arbre à miel

de l’auteur et d’Antoine Patigny. Photo Jacky Lepage.
« IMAGINEZ UNE TERRE cernée par une vaste étendue de boue, de vase, de brume…»
Terre des morts enlisés dans le marais, terre des secrets enfouis où la vie de quelques-uns se perpétue.
Dans le hameau, chacun occupe sa place autour de l’arbre à miel. Présence tutélaire, gardien de l’identité et du passé, l’arbre à miel veille sur les habitants. Ici, l’ordre des choses est crypté et on vénère les morts. Ici, l’étranger est une menace. Car ce coin perdu du bout du monde, cette terre marécageuse n’échappe pas à la volonté de mettre à plat, de décrypter, d’analyser et de banaliser, à l’avidité de l’antiquaire et du promoteur. Contre « le progrès en marche », pour leur identité, pour rester simplement humain, deux générations luttent avec, pour seule arme, le marais. Tant que la mémoire est conservée, les hommes seront vivants. C’est pour leur survie que Brigitte, Clémentine, Armand, Luc et Pauline opposent la vase au béton.
Les mangeurs de candélabres
POUR TOUT RECOMMENCER à zéro, Bob a squatté un coin de verdure, un bout de terre où il se fait oublier. À l’abri des touristes, il sculpte dans le bois des formes qui lui révéleront peut-être un jour comment « l’homme a dérapé pour être aussi con ». Seule Lotte, la braconnière, connaît son repère et, quand un jour, elle lui amène Julien, condamné à mort dans son pays, ils tentent ensemble de reconstruire des histoires qui donnent des raisons d’espérer, de vivre et de résister. « Les gens disent de nous que nous vivons dans un monde d’incertitudes. Ils parlent pour eux. Des certitudes, je m’en invente tous les jours » déclare Lote. Avec les images du conteur, Julien raconte son pays et sa grand-mère kabyle qui l’attend sous le dattier. Bob se souvient du vieux menuisier qui lui a légué ses outils. Lotte évoque les vastes territoires qu’elle parcourt. Sans rien dans les mains, exclus volontaires ou forcés, menacés, ils réalisent un peu de l’utopie d’une condition humaine.
ND
L’ARBRE À MIEL
Publié aux Éditions du Cerisier, Cuesmes, 1992.
Création par le Centre dramatique en région rurale dans une mise en scène de l’auteur et d’Antoine Patigny,
Dinant, octobre 1992.
Distribution : 4 femmes, 3 hommes
Durée : 2h30
LES MANGEURS DE CANDÉLABRES
Création par le Centre
dramatique en région rurale
dans une mise en scène de l’auteur et d’Étienne Guichard, Houyet, 1996.
Distribution : 1 femme, 2 hommes
Durée : 2h
Théâtre jeune public
L’OISEAU BLANC Prix ASSITEJ, 1970.
LE TIROIR AUX LONGS COUTEAUX
Poèmes à monter.
Publié aux Éditions Duculot, collection Coquillage, Gembloux, 1971.
LE FORGERON MISÈRE
Création par le Théâtre de la Guimbarde à Gruneberg.
L’ŒUF ET LA MOTO
Création par le Théâtre de la Guimbarde dans une mise en scène de Michel Van Loo, 1974.
Pièce radiophonique
TURLUTTU
Diffusion par la Radio télévision belge en 1972, et par la Radio suisse romande en 1973.
Prix des radios de langue française.
Adaptation
FAUT PAS PAYER
d’après Dario Fo
Création par le Centre de recherches théâtrales de Wallonie dans une mise en scène de Max Parfondry, Liège, 1980.
À consulter
THÉÂTRE-ACTION DE 1985 À 1995, Éditions du Cerisier, Cuesmes, 1996.

