Émile Hesbois
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Émile Hesbois

Le 1 Août 1997
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NÉ À FOY-NOTRE-DAME, le 4 juin 1937.

Pour lui, « le théâtre meurt d’avoir été dit ». Alors, au prix d’un effort de mémoire, il se sou­vient des textes qu’il a écrits pour des ate­liers de théâtre-action, évoque la magie des spec­ta­cles qui met­tent en scène la parole mar­ginale, cite, mais en pas­sant, un court métrage (LE BAISER VOLÉ), un scé­nario (LE CHIEN QUI NE LEVAIT PAS LA PATTE), un texte, LA POTICHE, per­du à Paris dans les mou­ve­ments de mai 68. Quand Émile Hes­bois s’ar­rête, ce n’est pas sur lui-même mais avec les gens, deux ou trois heures, par­fois plus. Il frappe aux portes : un genièvre, un café et des mots, des images et des rêves qu’il accueille en écrivain. Longtemps, il n’a par­lé que le wal­lon de son vil­lage puis il est devenu insti­tu­teur, mime et kinésithérapeute, écrivain-ani­ma­teur pour la Province de Namur, chargé de cours au Con­ser­va­toire de Liège. Car un jour, dans une grange, avec des copains, il a joué PÉGANU, un pre­mier spec­ta­cle très vite repris par le Cen­tre dra­ma­tique de Wal­lonie. Aujourd’hui, au cœur de la Famenne, dans le vil­lage de Houyet, Émile Hes­bois dirige le Cen­tre dra­ma­tique en région rurale qu’il a cofondé en 1989. C’est là aus­si qu’il écrit les his­toires qu’il a décou­vertes der­rière la pré­car­ité et l’ex­clu­sion. 

L’ar­bre à miel 

Sara Puma dans L’ARBRE À MIEL d’Émile Hesbois, mise en scène
de l’auteur et d'Antoine Patigny. Photo Jacky Lepage.
Sara Puma dans L’ARBRE À MIEL d’Émile Hes­bois, mise en scène
de l’auteur et d’An­toine Patigny. Pho­to Jacky Lep­age.

« IMAGINEZ UNE TERRE cernée par une vaste éten­due de boue, de vase, de brume…»
Terre des morts enlisés dans le marais, terre des secrets enfouis où la vie de quelques-uns se per­pétue.
Dans le hameau, cha­cun occupe sa place autour de l’ar­bre à miel. Présence tutélaire, gar­di­en de l’i­den­tité et du passé, l’arbre à miel veille sur les habi­tants. Ici, l’ordre des choses est cryp­té et on vénère les morts. Ici, l’é­tranger est une men­ace. Car ce coin per­du du bout du monde, cette terre marécageuse n’échappe pas à la volon­té de met­tre à plat, de décrypter, d’analyser et de banalis­er, à l’avidité de l’antiquaire et du pro­mo­teur. Con­tre « le pro­grès en marche », pour leur iden­tité, pour rester sim­ple­ment humain, deux généra­tions lut­tent avec, pour seule arme, le marais. Tant que la mémoire est con­servée, les hommes seront vivants. C’est pour leur survie que Brigitte, Clé­men­tine, Armand, Luc et Pauline opposent la vase au béton. 

Les mangeurs de can­délabres

POUR TOUT RECOMMENCER à zéro, Bob a squat­té un coin de ver­dure, un bout de terre où il se fait oubli­er. À l’abri des touristes, il sculpte dans le bois des formes qui lui révéleront peut-être un jour com­ment « l’homme a dérapé pour être aus­si con ». Seule Lotte, la bra­con­nière, con­naît son repère et, quand un jour, elle lui amène Julien, con­damné à mort dans son pays, ils ten­tent ensem­ble de recon­stru­ire des his­toires qui don­nent des raisons d’e­spér­er, de vivre et de résis­ter. « Les gens dis­ent de nous que nous vivons dans un monde d’incertitudes. Ils par­lent pour eux. Des cer­ti­tudes, je m’en invente tous les jours » déclare Lote. Avec les images du con­teur, Julien racon­te son pays et sa grand-mère kabyle qui l’at­tend sous le dat­ti­er. Bob se sou­vient du vieux menuisi­er qui lui a légué ses out­ils. Lotte évoque les vastes ter­ri­toires qu’elle par­court. Sans rien dans les mains, exclus volon­taires ou for­cés, men­acés, ils réalisent un peu de l’utopie d’une con­di­tion humaine. 

ND

L’ARBRE À MIEL
Pub­lié aux Édi­tions du Cerisi­er, Cuesmes, 1992.
Créa­tion par le Cen­tre dra­ma­tique en région rurale dans une mise en scène de l’auteur et d’An­toine Patigny,
Dinant, octo­bre 1992.
Dis­tri­b­u­tion : 4 femmes, 3 hommes
Durée : 2h30

LES MANGEURS DE CANDÉLABRES
Créa­tion par le Cen­tre
dra­ma­tique en région rurale
dans une mise en scène de l’auteur et d’Étienne Guichard, Houyet, 1996.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 2 hommes
Durée : 2h
Théâtre jeune pub­lic

L’OISEAU BLANC Prix ASSITEJ, 1970.

LE TIROIR AUX LONGS COUTEAUX
Poèmes à mon­ter.
Pub­lié aux Édi­tions Ducu­lot, col­lec­tion Coquil­lage, Gem­bloux, 1971.

LE FORGERON MISÈRE
Créa­tion par le Théâtre de la Guim­barde à Gruneberg.

L’ŒUF ET LA MOTO
Créa­tion par le Théâtre de la Guim­barde dans une mise en scène de Michel Van Loo, 1974.

Pièce radio­phonique

TURLUTTU
Dif­fu­sion par la Radio télévi­sion belge en 1972, et par la Radio suisse romande en 1973.
Prix des radios de langue française.

Adap­ta­tion

FAUT PAS PAYER
d’après Dario Fo
Créa­tion par le Cen­tre de recherch­es théâ­trales de Wal­lonie dans une mise en scène de Max Par­fondry, Liège, 1980.

À con­sul­ter

THÉÂTRE-ACTION DE 1985 À 1995, Édi­tions du Cerisi­er, Cuesmes, 1996.

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auteur
Écrit par Nancy Delhalle
Nan­cy Del­halle est pro­fesseure à l’Université de Liège où elle dirige le Cen­tre d’Etudes et de Recherch­es sur...Plus d'info
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