Éric Durnez
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Éric Durnez

Le 1 Jan 1997
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IL AIME SCHUBERT sans retenue et le théâtre avec con­tra­dic­tion. Il n’avoue jamais sa pas­sion et, à la manière des grands amoureux, il va jusqu’à fein­dre l’in­dif­férence : « Il y a longtemps que nous n’aimons plus le théâtre/Nous faisons sem­blant de l’aimer/Nous Le haïs­sons… On ne peut pas se pass­er du théâtre. »1
On se sou­vient — parce qu’on l’oublie — que l’acte d’écrire ou de créer se fait dans un rap­port affec­tif qui demande une atten­tion par­ti­c­ulière entre l’a­ban­don et la réserve. Si, lorsque la pas­sion est trop évi­dente, pour faire dur­er l’én­ergie créa­trice, on n’invente pas l’effort, ou si, pour l’économiser, on n’oppose pas d’obstacle à une fureur qui s’emballe, elle s’épuise et meurt de cela même qui lui don­nait vie. Pour ne pas répéter les thèmes et les tics obses­sion­nels d’un style qui s’écoute et qui s’aime dans l’amour des phras­es qui lui ressem­blent, Éric Durnez joue et déjoue les mécan­ismes, les pièges, les guets-apens, les traque­nards et autres attrape-auteurs qui pin­cent et étran­g­lent les pos­si­b­lités d’une écri­t­ure.
Il prend le con­tre-pied de ses sen­ti­ments pour écrire juste à l’en­vers de ce qu’il pense. Mais par­fois à l’en­droit !
Alors quoi ? Il faut le pren­dre aux mots et le laiss­er.
Éric Durnez est né le 8 mai 1959 à Brux­elles. Il est diplômé de l’Institut nation­al supérieur des arts du spec­ta­cle (sec­tion mise en scène). Il a été jour­nal­iste et pro­duc­teur radio jusqu’en 1991. Il est actuelle­ment coor­di­na­teur du Fes­ti­val musi­cal du Bra­bant wal­lon. 

Brou­sailles 

ALBERT JARDIN tra­vaille pour mon­sieur Lheureux, son pro­prié­taire, qui n’est pas vrai­ment tout à fait con­tent de son locataire. Mais com­ment peut-on en même temps et con­ven­able­ment ramass­er les feuilles mortes de novem­bre et penser à toutes ces choses de la vie : le meilleur ami, le pre­mier amour, les par­ents que l’on a eus et qui se sont séparés, les enfants que l’on a faits et qui ont dis­paru et les hautes herbes, celles que l’on n’enlève jamais ? Albert Jardin a l’air de tant s’ap­pli­quer à ne se ren­dre compte de rien, que l’on ne sait jamais si on doit avoir de la pitié ou de l’ad­mi­ra­tion. Il a la parole facile et la poésie béate de ceux qui ont décol­lé de la réal­ité des autres. Il a la légèreté et la pro­fondeur d’e­sprit de ceux qui don­nent tou­jours l’im­pres­sion d’avoir eu Dieu au télé­phone, cinq min­utes aupar­a­vant. Albert Jardin, Albert Jardin… mais il n’y a pas que lui. Il y a aus­si la jeune fille et Tom Patin­aud. Tom Patin­aud est l’ami d’en­fance d’Al­bert Jardin et la jeune fille est… La jeune fille est née à Yaoundé. BROUSAILLES est un texte de com­mande2 pour le théâtre dit « jeune pub­lic ». Mais Éric Durnez n’est pas un spé­cial­iste du genre. Il n’est d’ailleurs spé­cial­iste d’aucun genre ni d’au­cun style, et ça lui plaît. 

CR

Œuvres théâ­trales

ELIE, ELLE
Pub­lié aux Édi­tions du Groupe Aven, Brux­elles, 1991.
Créa­tion dans une mise en scène de l’auteur à Brux­elles, le 12 mai 1988.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme, 1 femme

À PLAT
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man, coll. Tirages légers, n° 10, Carnières, 1994.
Créa­tion dans une mise en scène de l’auteur à Fontaine-l’Évêque, le 21 mars 1997.
Dis­tri­b­u­tion : 6 hommes, 3 femmes, 1 petite fille

BROUSAILLES
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man, coll. Noc­turnes Théâtre, n° 17, Carnières, 1997.
Créa­tion dans une mise en scène de Thier­ry Lefèvre dans le cadre des Ren­con­tres sélec­tion du théâtre jeune pub­lic, à Huy, en août 1996.
Dis­tri­b­u­tion : 2 hommes, 1 jeune fille

COMPOSER
Pièce écrite à par­tir de la vie de Schu­bert.
Créa­tion dans une mise en scène de l’auteur, à Water­loo,
le 27 févri­er 1997.

  1. Deux cita­tions qui s’im­posent dès les pre­mières pages de À PLAT (Cf. bib­li­ogra­phie) et qui sont respec­tive­ment de Thomas Bern­hard (AU BUT) et d’Anton Tchekhov (LA MOUETTE).  ↩︎
  2. De Thier­ry Lefèvre, comé­di­en, ancien élève du Con­ser­va­toire. ↩︎
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Écrit par Corinne Rigaud
Corinne Rigaud est née à Orange, un trois avril. Elle a déjà dit qu’elle aimait les jupes de...Plus d'info
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NÉE À GENK en 1945.  « Si on n’est plus obligé de faire des sit­u­a­tions, des per­son­nages, des entrées et des sor­ties, si on n’est plus obligé de racon­ter une intrigue, alots, cela peut être intéres­sant…

Par Nancy Delhalle
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