NÉ À CORTENBERG en 1913.
Sous son « vrai » nom de Lucien Carette, il fait des débuts foudroyants en Belgique, de romancier, d’essayiste, de journaliste (à la radio d’État, où il aura le tort de continuer à travailler alors qu’elle est contrôlée par l’occupant), d’éditeur. Lorsque l’histoire le prend à revers, il préfère l’exil à la condamnation en terre natale. L’Italie d’abord, la France ensuite, où sous son nouveau nom, il s’impose comme peu surent le faire comme lui. Ses romans lui font récolter des prix (l’Interallié, le Goncourt), ses pièces triomphent sur le boulevard et sont bien accueillies à l’étranger. À 62 ans, sous la présidence du général de Gaulle de surcroît, il colmate la brèche qu’avaient laissée en lui ses égarements de jeunesse en se faisant élire à l’Académie française. Le voilà notable dans son pays d’élection auquel il a su comme personne adapter sa manière, même si ce stendhalien est, comme son modèle, amoureux de l’Italie, où il s’est trouvé un autre cousin d’esprit en Casanova. En tant qu’auteur dramatique, il refuse la démarcation qui selon lui « divise arbitrairement le théâtre en deux catégories : le théâtre-message et le théâtre-divertissement. »
L’homme en question
À SA MANIÈRE, Marceau est un auteur politique. Même s’il est difficile de le situer. Sûrement pas à gauche, à droite plutôt, mais alors tendance anarchiste. Et avec un souci permanent de mesurer les dégâts que la société cause à l’homme. Ainsi, dans cet HOMME EN QUESTION, où un personnage arrivé, ou réputé tel, reçoit la visite d’une interlocutrice qu’il n’avait pas trop fréquentée jusque-là : sa conscience. Et ce qu’elle fait venir au jour, c’est l’enchaînement des petites trahisons successives qui font une carrière, surtout lorsqu’elle passe pour réussie. C’est un mariage d’argent qu’on veut faire passer pour une affaire de cœur, et qui n’est qu’une affaire tout court. C’est une sordide rivalité avec le prétendant de sa fille. Ce sont des ruses diverses dans le rapport avec l’autorité. Or, on le découvrira en fin de course, cet homme incarne lui-même l’autorité ; une dernière réplique le révèlera, même si elle renvoie tout ce qui a précédé dans le domaine du rêve…
JDD
Œuvres théâtrales
CATERINA
Éditions Fayard, Paris, 1954.
Rééd. chez Gallimard, 1964.
Création dans une mise en scène d’André Barsacq au Théâtre de l’Atelier, Paris, 20 octobre 1954.
L’ŒUF
Éditions Gallimard, Paris, 1957.
Création dans une mise en scène d’A. Barsacq au Théâtre de l’Atelier, le 18 décembre 1956.
LA BONNE SOUPE
Éditions Gallimard, Paris, 1958.
Création dans une mise en scène d’A. Barsacq au Théâtre du Gymnase à Paris, en 1958.
L’ÉTOUFFE-CHRÉTIEN
Éditions Fayard, Paris, 1961.
Création au Théâtre de la Renaissance, le 21 octobre 1960.
LES CAILLOUX
Éditions Gallimard, Paris, 1962.
Création au Théâtre de l’Atelier, le 27 janvier 1962.
LA PREUVE PAR QUATRE
Éditions Gallimard, Paris, 1964.
Création au Théâtre de la Michodière, le 3 février 1964.
MADAME PRINCESSE
Éditions Gallimard, Paris, 1965.
Création au Théâtre du Gymnase à Paris, en 1965.
UN JOUR J’AI RENCONTRÉ LA VÉRITÉ
Éditions Gallimard, Paris, 1967.
Création dans une mise en scène d’André Barsacq à la Comédie des Champs-Élysées, en 1967.
LE BABOUR
Éditions Gallimard, Paris, 1969.
Création dans une mise en scène d’A. Barsacq au Théâtre de l’Atelier, le 20 septembre 1969.
L’HOMME EN QUESTION
Éditions Gallimard, Paris, 1974.
Création dans une mise en scène de Pierre Franck au Théâtre de l’Atelier, le 3 novembre 1973.
À NOUS DE JOUER
Éditions Gallimard, Paris, 1979.
Création dans une mise en scène d’Andreas Voutsinas au Théâtre des Arts, Paris, en 1979.

