
NÉE À LIÈGE.
« Je veux encore penser la mort. Je veux encore la vivre. Je veux encore être humaine…» (Francine Landrain, PENTHY Il)
En 1979, pendant ses études au Conservatoire de Liège, Francine Landrain participe à la fondation du Groupov. Entre révolte et recherche, elle écrit des textes intégrés aux premiers spectacles de ce groupe en rupture avec l’esthétique du temps. Les traces, les restes, les choses laissées à l’abandon, les fragments d’histoires et de dialogues composent les « premiers événements publics ». Peu à peu, Francine Landrain, auteur et comédienne, désire réexplorer Le texte théâtral, Le personnage, la situation (COMMENT ÇA SE PASSE). Elle invente le Nouvel Indien, image d’une « nouvelle naïveté », et écrit la comédie THE SHOW MUST GO ON. Avec son scénario, LES GRANDES MIGRATIONS, elle se confronte brutalement à la technique. Cette expérience la ramène à l’évidence de la chair, du contact direct, au théâtre. Mais l’horreur de l’œil qui regarde, voyeur, imprègne désormais son imaginaire. La réappropriation du jeu, des textes, de la fable, de la tradition se poursuit avec KONIEC et entraîne Francine Landrain sur les traces de Lulu. Mythe féminin et visage d’une actrice broyée par le cinéma (Louise Brooks), Lulu représente la figure du refus dans LULU/LOVE/LIFE que Francine Landrain écrit en résidence d’écriture à La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon.
Lulu/Love/Life
TOUT SE VEND, tout se manipule, tout est show. Lulu sera un fantasme sexuel sur petit écran, une machine à sous. « II n’y a rien d’autre. Aucun bonheur de cœur. Rien que cet argent à bouffer et des filles à vendre aux porcs. » Pourtant Lulu cherche son cœur et les sentiments vrais qui vont avec. Smiling Baby, le mutant, veille sur elle mais l’humanoïde peut se dérégler. Or Lulu veut être humaine. Dans un sursaut de liberté, Andy lui tend un livre. C’est alors la première révolte de Lulu. Et l’empire, cette Babel orgueilleuse, s’écroule. Si le maître, le Producteur, est mort, Dieu viendra-t-il au secours de cette terre couleur profit et médias ? Chacun cependant erre comme une âme en peine. Et Lulu s’en va encore, quittant son père, son frère et Dieu. Deuxième révolte de Lulu comme une apocalypse. Lulu est seule, maintenant. Elle tend une pomme à Jack et se demande s’il faut trouver une place dans le monde. What is love ? demande Jack.
Humour, cynisme et violence d’une écriture qui cerne le désarroi de l’être en refus et intègre les citations (Pasolini, Maïakovski…) comme autant de balises contre la perte de la mémoire.
ND
Œuvres théâtrales
COMMENT ÇA SE PASSE
Création au Musée d’art moderne de Liège, en juin 1984.
Distribution : 10 acteurs
Durée : 4h30
THE SHOW MUST GO ON
Écrit avec Thierry Devillers.
Création dans une mise en scène
de l’auteur à Liège, en 1985.
Distribution : 2 femmes, 3 hommes, 1 narrateur
Durée : 1h30
KONIEC (GENRE-THÉÂTRE)
Création collective du Groupov.
Création dans une mise en scène de Jacques Delcuvellerie au Théâtre de la Place, Liège, en juin 1987.
LULU/LOVE/LIFE
Création dans une mise en scène de l’auteur à l’Atelier Sainte-Anne, en février 1991.
Distribution : 2 femmes, 8 hommes
Durée : 2h
PENTHY Il
Création dans une mise en scène de Jacques Delcuvellerie, dans le cadre du Kunstenfestival des Arts, au Beurschouwburg à Bruxelles, en mai 1994.
Distribution : 1 femme, 1 récitant
Durée : 2h30
Sur le Groupov
Alternatives théâtrales, n° 18, mars 1984.
Alternatives théâtrales, n° 38, « Mettre en scène aujourd’hui », juin 1991.
Alternatives théâtrales, n° 44, « Théâtre et vérité », juillet 1993.

