Françoise Lalande
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Françoise Lalande

Le 1 Jan 1997
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Françoise Lalande
Françoise Lalande

ON A ENVIE de com­mencer par une énor­mité et de dire qu’elle écrit à la main…
Françoise Lalande écrit à la main, petit, minu­tieux, secret, habile, rapi­de, au tout début illis­i­ble et curieux, comme les pre­miers enchevêtrements du tra­vail de den­tel­lière.
Françoise Lalande écrit à la main, point par point, à la ligne. À la ligne de sa vie qui se Lit comme une his­toire dans sa main qui écrit. Dans ses romans, dans sa poésie, dans ses essais et dans son théâtre, on ren­con­tre à chaque fois une femme qui marche sans nos­tal­gie dans sa mémoire pour essay­er de se retrou­ver et se recon­naître au tout pro­fond de ce qu’elle est et de ce qu’elle va devenir. Des péré­gri­na­tions intimes et des va-et-vient amoureux au cœur de cet endroit pre­mier, proche et loin­tain, de cette péri­ode incu­ba­trice : l’enfance de notre exis­tence. Dans ce chem­ine­ment pas­sion­né, Françoise Lalande a su trou­ver la sen­si­bil­ité pour ne pas faire de son écri­t­ure une reven­di­ca­tion aux relents de fémin­isme (bizarrement, quand on lit Françoise Lalande qui ne par­le que des femmes, on ne pense qu’aux hommes) et surtout pour ne pas par­ler avec mièvrerie et sen­ti­men­tal­isme de « cette réal­ité de l’enfance, dont l’interrogatoire des grandes per­son­nes dérange bru­tale­ment la féerie. »1 Elle n’écrit pas l’enchantement ou la can­deur d’une enfance qui ignore le mal. Elle va, au con­traire, chercher loin les vio­lences et les trou­bles qui agi­tent cette étape et qui per­durent de manière symp­to­ma­tique tout au long de notre vie.
Elle va au-delà du sen­ti­ment et de l’in­tim­ité pour pénétr­er cet endroit mys­térieux, riche de nos tour­ments et de nos bon­heurs et que Paul Claudel avait cir­con­scrit : « Sous le cœur, il y a ce qui fait bat­tre le cœur, et qu’il a reçu d’ailleurs. »2
Françoise Lalande est née en 1941 dans les Ardennes belges. Après avoir vécu en Afrique et en Amérique latine où elle dirigeait une galerie d’art, elle fut admin­is­tra­teur d’Amnesty Inter­na­tion­al Bel­gique de 1977 à 1981. Licen­ciée en philoso­phie et let­tres, pro­fesseur, écrivain, elle enseigne aujourd’hui la lit­téra­ture com­parée à l’Institut supérieur des tra­duc­teurs et inter­prètes à Brux­elles.
Spé­cial­iste des biogra­phies-fic­tions (sur la mère de Rim­baud3 et sur Jean-Jacques Rousseau4, elle écrit son pre­mier roman, LE GARDIEN D’ABALONES, en 19835. Suiv­ront CŒUR DE FEUTRE6 et DANIEL OU ISRAËL7.

Alma Mahler  

« POURQUOI mes rêves sont si larges demande-t-elle… »
 — « Tu veux le ciel bleu sur la terre. »
— « Oui dit-elle. »
La petite fille vient de pos­er une ques­tion à son père. Il lui donne la seule réponse qui exis­tait pour cette ques­tion. Elle avait peur qu’il ne la trou­ve pas. Soulagée et comblée, elle n’a pas con­science, en cet instant, que la phrase de son père n’est pas une réponse mais un ora­cle. Un ora­cle qui prédit à Alma Schindler le des­tin trag­ique de ceux qui ne parvi­en­nent jamais à trou­ver le bon­heur à la mesure de leur rêve. Elle sera Madame Gus­tave Klimt, Madame Alexan­der von Zem­lin­s­ki, Madame Gus­tav Mahler, Madame Oskar Kokosch­ka, Madame Wal­ter Gropius, Madame Franz Wer­fel. Elle quit­tera Vienne pour Venise, elle re-quit­tera Vienne pour New York et revien­dra finale­ment à Vienne pour se ren­dre à l’év­i­dence. Mal­gré les grands hommes qu’elle a ren­con­trés et qu’elle s’é­tait promis de ren­con­tr­er, elle sem­ble être passée à côté de l’amour et à côté de l’histoire de l’Autriche du début du siè­cle. Per­son­ne — ni ses hommes, ni ses enfants — n’aura dit une phrase, la seule phrase qui aurait pu déten­dre ses inter­ro­ga­tions, comme celle que son père avait pronon­cée jadis. Cette phrase qui vient à point combler le morceau man­quant du puz­zle et à laque­lle Alma aurait pu répon­dre, comme autre­fois, dans un bon­heur com­plet de recon­nais­sance : oui et trois fois oui. Ce mono­logue tonique, dur, obstiné, pas­sion­né et lucide, d’une femme cal­culée, cache finale­ment assez mal cette « détresse infan­tile d’un mourir d’amour orig­i­naire »8

CR

Œuvres théâ­trales

LE SOUVENIR DE CES CHOSES
Créa­tion radio­phonique de Jean-Louis Jacques, RTBF, 1983.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme, 1 vieille femme, 1 jeune femme

ALMA
Créa­tion radio­phonique de Thier­ry Géni­cot, RTBF, 1984.

ALMA MAHLER
Pub­lié aux Édi­tions Actes Sud — Papiers, Paris, 1989.
Créa­tion par le Théâtre-Poème et le Théâtre de l’Utopie (La Rochelle) dans une mise en scène de Patrick Col­let, à Avi­gnon, en 1987.
Reprise au Théâtre-Poème à Brux­elles, la même année.
Traduit en anglais par AnneMarie Glasheen et en ital­ien par Piero Ferero.
Prix du pub­lic au Mai théâ­tral de Stras­bourg, 1988.
Prix Vax­e­laire de l’Académie de langue et de lit­téra­ture français­es, 1988.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme

MOTHER
Pièce inspirée de MADAME RIMBAUD du même auteur.
Créa­tion dans une mise en scène de Jacques Her­bet à la Mai­son de la Cul­ture d’Arlon, en novem­bre 1991.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 2 hommes

  1. Jean Cocteau. ↩︎
  2. Paul Claudel, LE SOULIER DE SATIN, Aver­tisse­ment, Gal­li­mard, Paris, 1944. ↩︎
  3. MADAME RIMBAUD, Press­es de la Renais­sance, 1987.  ↩︎
  4. JEAN-JACQUES ET LE PLAISIR, Édi­tions Bel­fond, 1993.  ↩︎
  5. Édi­tions Jacques Antoine, Brux­elles, 1983. ↩︎
  6. Édi­tions Jacques Antoine, Brux­elles, 1984. ↩︎
  7. Édi­tions Acro­p­ole, Paris, 1987. ↩︎
  8. Marie-France Renard, in LE GARDIEN D’ABALONES, post­face, Édi­tions Labor, Brux­elles, 1994.  ↩︎
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Écrit par Corinne Rigaud
Corinne Rigaud est née à Orange, un trois avril. Elle a déjà dit qu’elle aimait les jupes de...Plus d'info
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