
NÉ À BINCHE en 1913.
Durant ses études de droit à l’université de Louvain, qu’il mène de front avec une formation musicale, Sion fait des débuts journalistiques dans la presse estudiantine. Il continuera, dans divers journaux, à mener une activité de critique foisonnante, tant dans le domaine littéraire que théâtral ou lyrique, l’opéra étant pour lui une synthèse de ses arts de prédilection. Ses débuts de dramaturge correspondent avec la fondation de la plus prestigieuse compagnie belge, puisque Claude Étienne crée, en 1943, sa MATRONE D’ÉPHÈSE et donne par la même occasion le coup d’envoi du Rideau de Bruxelles. Sion verra plusieurs de ses pièces créées par la même troupe, notamment LE VOYAGEUR DE FORCELOUP qui peut être tenu pour la plus ambitieuse d’entre elles. Auteur pétri de culture, doté d’une connaissance encyclopédique de l’histoire théâtrale (qu’il enseignera aux Conservatoires de Mons et de Bruxelles), il ne cessera de concilier un regard vigilant sur son temps avec une élégance d’expression héritée du XVIII siècle, et peut-être d’abord du prince de Ligne, qu’il tient pour l’un de ses modèles.
La matrone d’Éphèse
L’ARGUMENT était déjà dans Pétrone, La Fontaine s’en empata pour lui injecter, en un conte, son ironie joueuse. Dans cette même ville d’Éphèse, en ce premier siècle de notre ère, une veuve veut se laisser mourir, avec sa suivante, dans le tombeau de son époux, et un soldat a pour mission de monter la garde auprès d’un pendu. Il se trouve que les grâces de la veuve lui font oublier sa tâche, qu’il a mis trop d’énergie à vouloir distraire la désespérée pour empêcher que « son » mort ne lui soit distrait. La sanction risque d’être rude : que faire pour qu’il y échappe ? Toute la comédie consiste à réconcilier la veuve avec la vie au point qu’elle accepte que l’époux trépassé prenne la place du supplicié… Écrite dans une langue étincelante et précise, imprégnée de la rigueur élégante de la grande comédie française, cette pièce, qui fut la première œuvre mise à l’affiche du Rideau de Bruxelles, et est en quelque sorte le coup d’envoi du renouveau du théâtre belge sous l’Occupation, entretenait, en ces temps obscurs, la verve d’un indéfectible optimisme.
JDD
Œuvres théâtrales
LA MATRONE D’ÉPHÈSE
Création dans une mise en scène de Claude Étienne au Rideau de Bruxelles, le 3 mars 1943.
CHARLES LE TÉMÉRAIRE
Création dans une mise en scène de Claude Étienne au Rideau de Bruxelles, le 3 mars 1944.
CHER GONZAGUE
Création au Rideau de Bruxelles dans une mise en scène de Claude Étienne, le 31 janvier 1947.
LA PRINCESSE DE CHINE
Création par le Théâtre national de Belgique dans une mise en scène de Maxane, le 15 janvier 1951.
LE VOYAGEUR DE FORCELOUP
Création par le Rideau de Bruxelles dans une mise en scène d’André Berger, le 2 avril 1951.
LA MALLE DE PAMELA
Création par le Rideau de Bruxelles dans une mise en scène de Georges Mony, le 6 octobre 1955.
MARIE DE NIVELLES
Création par le Rideau de Bruxelles à la collégiale de Nivelles dans une mise en scène de Claude Volter, le 20 juin 1963.
CLÉOPÂTRE OU L’ULTIME AMOUR
Séquence du spectacle collectif CLÉOPÂTRE.
Création dans une mise en scène d’Albert-André Lheureux, au Théâtre de l’Esprit frappeur, le 11 mai 1982.
Toute l’œuvre théâtrale
de Georges Sion est publiéedans : GEORGES SION : THÉÂTRE COMPLET, Éditions Duculot, 1989.
Adaptations en langue française
LE CARROUSEL, de Massimo Dursi (en collaboration avec Germaine Polyte), 1954 ; LA TOUR SUR LE POULAILLER, de Vittorio Calvino (en collaboration avec Germaine Polyte), 1954 ; LE MANORR, de Thomas Wolfe, 1957 ; ANTOINE ET CLÉOPÂTRE, de Shakespeare, 1959 ; RICHARD IT, de Shakespeare, 1961 ; UN HOMME POUR TOUTES LES SAISONS, de Robert Bolt, 1961 ; LA DEMOISELLE À LA CRUCHE, de Lope de Vega, 1962 ; LA MÉGÈRE APPRIVOISÉE, de Shakespeare, 1962 ; VOLPONE de Ben Jonson, 1963 ; PEINES D’AMOUR PERDUES, de Shakespeare, 1964 ; LA CÉLESTINE, de Fernando de Rojas, 1964 ; ORDET, de Kaj Munk, 1965 ; OLYMPIA, de Ferenc Molnar, 1965 ; LA REINE DES FÉES, d’après Shakespeare, sur une musique de Purcell, 1966 ; TRELAWNY OF THE WELLS, d’‘Arturo Pinero, 1966 ; LE SONGE D’UNE NUIT D’ÉTÉ, de Shakespeare, 1970 ; NORMA, d’‘Alan Owen, 1970 ; MON CHER AMOUR, de Jérome Kilty, 1975 ; LES RAYONS QUI CHANTENT, de Stewart Parker, 1976 ; LES JOYEUSES COMMÈRES DE WINDSOR, de Shakespeare, 1977 ; MADAME FILUMENA, d’Eduardo de Filippo, 1978.

