
DOUBLE ACADÉMICIEN (sciences et littérature), Georges Thinès (Liège, 1923) ne mène pas moins de trois carrières de front. Scientifique (professeur de psychologie, d’anthropologie et d’éthologie à l’Université de Louvain, spécialiste du comportement des vertébrés aquatiques), il a écrit des essais couronnés par le prix Francqui en 1971 ; homme de lettres pétri de philosophie, il a abordé tous les genres littéraires avec la même passion et reçu le prix Rossel pour LE TRAMWAY DES OFFICIERS ; musicien, il joue de l’alto dans deux ensembles de musique de chambre. S’il n’a commencé à publier de la poésie qu’en 1959, il en écrit depuis l’âge de quinze ans. « Par désir de continuer à être heureux comme durant mon enfance », confie-t-il. Classique, préoccupé d’une langue rigoureuse, il voit dans la poésie et le roman des « espaces méditatifs ». Au théâtre, par contre, dit-il, « il faut faire éclater une évidence au-delà du silence, de la rêverie, de l’atmosphère ». Il n’abordera d’ailleurs le théâtre qu’en 1974 avec ORPHÉE INVISIBLE. Peut-être par hasard, puisque lorsqu’il choisit un sujet, il ignore toujours comment il va Le formaliser. Mais il est sûr qu’avec le théâtre, il se laisse porter par l’ivresse du langage, lui qui serait plutôt un homme de la sobriété.
La succursale
DRÔLE DE MAGASIN que celui qu’a inventé Georges Thinès. On y trouve de la literie et des jouets, normal, mais en plus on accepte que des personnes s’y installent pour vivre : deux jeunes amoureux qui cherchaient un endroit différent pour protéger leurs ébats ; une dame de soixante-deux ans, une amie à elle et son mari qui s’ennuyait à la retraite ; un théoricien terminant un dictionnaire basé sur la finale des mots (qui introduit la folie du langage dans cette pièce déjà folle); un chef de rayon réticent puis séduit et qui avait déjà vendu un corps mort. À ce jeu (?), chacun doit bricoler une nouvelle façon de vivre et trouver le vrai sens de sa vie, de sa mort. Surtout quand l’un d’eux décède et que deux autres sont achetés vivants. Au pied du mur, certains fuient devant la logique qu’ils ont mise en place. Aussi, bien plus qu’une satire de l’argent, cette pièce, avec un certain cynisme, montre l’être humain en fuite face à lui-même…
MZ
Œuvres théâtrales
ORPHÉE INVISIBLE
Publié aux Éditions André de Rache, Bruxelles, 1974.
Création dans une mise en scène de Christian Léonard au Théâtre de l’Esprit frappeur, Bruxelles, en avril 1979.
Distribution : 2 personnages
Durée : 1h
L’HORLOGE PARLANTE
Publié aux Éditions Lansman, Carnières, 1991.
Distribution : 1 femme, 3 hommes
Durée : 1h
LA SUCCURSALE
Publié aux Éditions Lansman, Carnières, 1991.
Lecture publique par Le Magasin d’Écriture théâtrale à Bruxelles, en mai 1990.
Distribution : 3 femmes, 8 hommes
Durée : 1h
EGMONT
Lecture publique par le Magasin d’Écriture théâtrale dans une mise en espace de Maggy Jacqmin à l’Espace Senghor, Bruxelles, en mai 1993.
Distribution : 2 femmes, 4 hommes
Durée : 1h
L’ÂME PERDUE DE LUDWIG VON HEILBRONN
(en collaboration avec Kazem Shahryari)
Création dans une mise en scène de Kazem Shahryari, Paris, 1997.

