NÉ À MALINES en 1913.
« C’est dans le monde disloqué où l’angoisse m’avait fait entrer, dans ce labyrinthe de l’analyse qui n’avait pas de fil d’Ariane pour revenir en arrière, que je me suis mis à écrire, ou peut-être à apprendre à écrire et à faire des vers. »1 À cette époque, Henry Bauchau travaille dans l’édition et la distribution, après avoir été avocat au barreau de Bruxelles, travail interrompu par la guerre qui le verra participer au maquis des Ardennes. Plus que ses activités de directeur d’école, psychothérapeute, professeur, psychanalyste, c’est son analyse qui accompagne son parcours d’auteur. Poésie, romans, essais, constituent la plus grande part de son œuvre. La poésie, qui reste la base de sa démarche, s’est imposée à lui, car provenant « d’une étendue plus profonde de l’histoire et de la préhistoire humaine. »2 L’écriture dramatique a surgi, comme la possibilité d’avoir un rapport plus direct à la « matière des mots »3. Mais quel que soit le genre, la démarche reste la même : être à l’écoute d’«une voix souterraine »4, pour parfaire ensuite la construction, jusqu’à ce que le livre, l’œuvre, ait trouvé son « son de voix »5.
La machination
HENRY BAUCHAU dit lui-même de ce texte qu’il « n’est pas encore une pièce et n’est plus un poème ». « C’est un thème en mouvement qui attend de la scène sa forme définitive. » C’est sa gageure, sa résistance, qui réside entre autres dans une mise en abyme utilisant les ressorts du psychodrame.
Un des protagonistes, fils de roi et reine, va écrire, suite à un rêve, une tragédie réunissant Œdipe, Laïos et Jocaste. Contrairement à l’histoire que nous connaissons, dans cette fiction, Œdipe ne tue pas son père Laïos, mais celui-ci abdique et s’en va, regagnant par là même Jocaste, déchirée entre son fils et son mari. L’auteur de cette pièce va demander à sa propre mère de jouer le rôle de la reine. Et c’est l’occasion de lui faire dire les paroles d’amour qu’il aimerait qu’elle lui dise, dans un aveu lyrique et passionné. L’abdication de Laïos est une proposition détournée faite à son père pour donner une issue à leur rivalité de pouvoir. Mais ce dernier n’acceptera pas cette alternative, et le roi qui ne meurt pas dans la fiction mourra dans la « réalité », d’un bras armé par sa femme.
VT
Œuvres théâtrales
GENGIS KHAN
Publié aux Éditions Mermod,
1960.
Nouvelle publication
chez Actes Sud — Papiers, 1989.
Création dans une mise en scène
d’Ariane Mnouchkine,
aux Arènes de Lutèce à Paris,
en 1961.
Nouvelle mise en scène
de Jean-Claude Drouot
et Pierre Laroche au Théâtre
national de Belgique, en 1989.
Distribution : 3 femmes,
19 hommes et des figurants
LA MACHINATION
Publié aux Éditions
Rencontre — L’Aire, 1969.
Nouvelle publication sous
le titre LA REINE EN AMONT dans
L’ARBRE FOU, Les Éperonniers,
Bruxelles, 1995.
Distribution : 2 femmes,
13 hommes
Adaptation théâtrale
de son œuvre
DIOTIME ET LES LIONS
Création par le Théâtre des
Osses dans une mise en scène de
Gisèle Sallin, à Genève, en
1993.

