
NÉE À CHARLEROI Le 25 avril 1969.
La tête gorgée de rock version Sonic Youth ou PJ Harvey et de romans policiers anglo-saxons, Isabelle Bats écrit parce qu’à force de cultiver la mémoire, on peut se passer de certaines bassesses. La programmation du Théâtre de l’Ancre à Charleroi lui fait découvrir un théâtre qui la passionne plus que « les grands spectacles avec Jean Le Poulain ». Et comme Isabelle Bats répond sans compromis à ses enthousiasmes, elle entre à l’INSAS, en mise en scène. En stage à Londres, elle écrit sa première pièce, LA MÉDUSE, inspirée par les lieux et l’atmosphère de la ville. Metteur en scène, elle accorde au texte moins d’importance qu’au spectacle, qu’aux gens auxquels il s’adresse. Et si, au fil du temps, elle a l’impression de s’assagir, c’est aussi qu’elle entend éviter les méandres, les détours dont on s’encombre, pour revenir à l’espoir, aux cassures qui annoncent déjà les réparations.
Sheela-Na-Gig
SHEELA-NA-GIG, c’est la déesse mère des Celtes. Figure terrifiante au fronton des églises, elle est la femme aux seins énormes, au vagin ouvert. Offerte, elle est aussi celle qui engloutit. Elle fascine et effraie. Claire a cette dualité-là : la blessure de l’amour et la violence partout autour. Elle vit avec Louis, mais dans le rôle de femme-modèle d’un amour domestique parfait, elle ne tient pas longtemps. Sans cesse, ça dérape et la haine éclate. Son frère, Bob, a aussi dérapé. Il est mort sur le coup. Alors, d’autres hommes passent. Ça n’a plus beaucoup d’importance : doucement, Claire parle à Bob. Avec lui, elle revit les souvenirs de leur amour immense et caché. Elle garde sa présence, tourne en rond dans la vie et cherche comment le rejoindre, comment l’atteindre, lui « trop petit dans cette partie du monde pour lui faire un signe ». Or, peut-être, la force de l’espoir l’emporte-t-elle sur la cassure de la vie et de la mort. En phrases très courtes, sur un rythme elliptique proche du cv cinématographique, à petits coups d’indices, les dialogues conduisent les personnages vers leur histoire. Selon une logique parfaitement irréelle.
ND

Œuvres théâtrales
LA MÉDUSE
Création dans une mise en scène
de l’auteur au Théâtre
de la Balsamine, Bruxelles,
en janvier 1995.
Distribution : 1 femme
Durée : 45 minutes
SHEELA-NA-GIG
Création dans une mise en scène
de l’auteur au Cirque Divers
à Liège, en janvier 1996.
Distribution : 3 femmes,
3 hommes
Durée : 1h30
CALVITIE
Lecture publique par le Magasin
d’Écriture théâtrale,
dans une mise en espace
de l’auteur, à Bruxelles,
en janvier 1997.
Distribution : 4 femmes,
13 hommes
Durée:2h
AVRIL
Distribution : 2 femmes,
2 hommes

