AVEC UNE OBSTINATION passionnée, Isabelle Quadens semble être allée tout droit vers la réalisation de ses désirs de théâtre et de littérature : — Elle suit des cours d’art dramatique pendant ses études secondaires et devient, après les études idoines, professeur de français. — Elle enseigne depuis 1979 et anime, au sein de l’institut où elle travaille, des ateliers de théâtre.
Pas à pas et sur le tas, elle déploie ses ambitions et ses projets dramaturgiques, mais c’est grâce à la rencontre de Xavier Percy et à la création de GOSSES DE MERDE !, qu’elle leur donnera une envergure professionnelle. À cette occasion, naîtra la Compagnie de la Fiancée lunaire qui permettra de produire d’autres spectacles et notamment GOSSES DE MERDE II, LE RETOUR. C’est alors que le théâtre prend le pas sur la littérature et qu’Isabelle Quadens s’accorde enfin plus de liberté pour jouer, mettre en scène et écrire. Quand elle écrit pour le théâtre, Isabelle Quadens écrit au « style direct », avec un débit inspiré qui fait courir les phrases avec une précision aisée et efficace. Parce qu’elle ne les cherche pas, les mots viennent à elle avec évidence. Ils s’imposent à elle avec une certitude naturelle et lui réservent parfois des heureuses surprises. L’une d’elles s’appelle DIS, JACQUELINE…, une pièce écrite en un seul jet, en attendant de jouer.1
Dis, Jacqueline…
LA PROTAGONISTE qui est une actrice parle à son régisseur qui s’appelle Jacqueline. Avant d’entrer en scène, on règle les derniers détails techniques et l’on esssaie de se concentrer en faisant diversion. L’actrice détourne son esprit de sa préoccupation majeure en entretenant une conversation à bâtons rompus avec son régisseur. Mais Jacqueline ne répond pas, elle lance de temps en temps un « ok ! » pas très convaincant. La conversation devient unilatérale et parvient progressivement à inquiéter la comédienne. Commence alors un faux monologue où la comédienne devient la prisonnière de sa propre parole. Dans l’attente frustrée d’une réponse, elle crée une relation aliénante au silence de l’autre, d’autant plus forte qu’ici, pour des raisons techniques, l’interlocuteur est invisible. Du « Qu’est-ce que tu as ? » à « Qu’est-ce que je t’ai fait ? », de l’étonnement léger à la culpabilité, le malaise est grandissant jusqu’au dénouement. On assiste à une situation de torture où la victime, doublement enfermée, tente de trouver une solution. Dans son impuissance, elle aura recours à tous les jeux de provocation pour faire abdiquer l’adversaire : la colère, l’indifférence, la haine, l’amitié, la raison, l’amour, le mensonge, la compassion… Avec DIS, JACQUELINE..…, Isabelle Quadens nous fait sentir les fragilités psychologiques d’un individu, lorsqu’il est, malgré lui, dans une situation de communication « non réfléchissante ».
CR
Œuvres théâtrales
GOSSES DE MERDE !
Coécrit avec Xavier Percy à partir des improvisation des comédiens.
Création par la Compagnie de la Fiancée lunaire, dans une mise en scène de Xavier Percy, au café-théâtre du Nain Jaune à Bruxelles, en octobre 1992.
Distribution : 5 adolescents (2 filles, 3 garçons), 1 adulte
Durée : 1h30
DIS, JACQUELINE..
Monologue.
Création avec Isabelle Fossé, dans une mise en scène de l’auteur, aux Tréteaux de Bruxelles, en février 1995.
Distribution : 1 femme
GOSSES DE MERDE II, LE RETOUR.
Coécrit avec Xavier Percy.
Création par la Compagnie de la Fiancée lunaire, dans une mise en scène de Xavier Percy, aux Tréteaux de Bruxelles, en février 1994.
Adapation
JULIETTE ET ROMÉO
de Robert Poulet.
Création au Théâtre Ombres et Silhouettes à Bruxelles, en décembre 1996.
- Isabelle Quadens a écrit cette pièce, en attendant d’entrer en scène, lorsqu’elle jouait | dans GOSSES DE MERDE. ↩︎

