
NÉ À BRUXELLES en 1956.
Au commencement, il y a l’écriture, mais aussi le cheval, et un sport peu commun, le polo. Cels y apprend la rigueur dans l’effort, le calcul dans le risque, l’aventure dans la tradition. Il va aborder la littérature dans ses textes-limites, et on lui doit des études sur Georges Bataille ou Henri Michaux qui sont parmi Les plus éclairantes élucidations que ces œuvres suscitèrent. En parallèle, ses propres textes, comme MÂCHURES ou ÉTATS D’UN MOTIF D’ABSENCE, cherchent à identifier les moyens infinis du verbe poussé dans ses lointains retranchements, avant qu’il n’aborde, dans LE DÉJEUNER DE PAESTUM, le roman avec succès. La question du sens le taraude, d’autant qu’il la traque chez de grands anciens, comme Dante ou Montaigne. C’est l’auteur des ESSAIS qui le pousse à mettre ce dernier sur scène, dans une première pièce vouée à ce pionnier de l’humanisme, et qu’il fera suivre d’une évocation d’‘Érasme, dans le même esprit, textes dramatiques où Cels renoue sans vergogne avec la disputatio, un théâtre conceptuel où la tension naît de l’argumentation.
Montaigne au château de Gournay
L’ÉTÉ 1588, Montaigne est au soir de sa vie. Il s’attarde dans un château de Picardie, où l’accueille la jeune Marie Le Jars de Gournay, de plus de trente ans sa cadette. Elle a lu les ESSaIs, l’admire beaucoup, a profité d’une rencontre avec l’écrivain à Paris pour l’inviter sur ses terres. Toute à la joie d’avoir son auteur de prédilection à sa portée, en quelque sorte, elle le soumet à la question. Et c’est tout le parcours d’un destin qui se déroule, au fil d’une conversation légère, enjouée, parfois embarrassée. Parce que la jeune femme ne ménage pas celui qu’elle place si haut dans son estime : elle veut aussi débusquer ses zones d’ombre. Et Montaigne se livre à cette « fille d’alliance », comme il l’appelle, se doutant que cette rencontre a quelque chose de providentiel parce qu’elle pourrait bien être la dernière qui importe.
JDD
Œuvres théâtrales
MONTAIGNE AU CHÂTEAU DE GOURNAY
Publié aux Éditions de l’‘Ambedui, Bruxelles, 1992.
Création dans une mise en scène de Christian Léonard au Théâtre-Poème,
le 13 janvier 1993.
Distribution : 1 homme, 1 femme
Durée : 2h30
ÉRASME ET LES ABEILLES
Publié aux Éditions de l’‘Ambedui, Bruxelles, 1996. Création au Théâtre-Poème en 1996.

