NÉ À BRUXELLES en 1930.
Des études de droit menées tambour battant à Louvain, l’ancienne, le font tâter du journalisme et, entré très jeune à La Libre Belgique, il se frottera à presque tous les aspects de cette profession qui lui est comme une seconde nature. Les grands reportages, les chroniques politiques, les crises de gouvernement que l’on suit haletant, battant le pavé devant les lieux de négociations, les confidences des acteurs de la comédie du pouvoir, que l’on recueille nonchalamment, sans trop savoir, ensuite, ce que l’on pourra en révéler. Hislaire prend un plaisir de satiriste à observer ces soubresauts et se trouve de la sorte aux premières loges du changement constitutionnel de la Belgique, par exemple. Le jour, il est aux tribunes de la Chambre, le soir au théâtre, et ces deux spectacles, forcément, se confondent et déteignent l’un sur l’autre.
La troisième dimension de son espace, c’est la lecture, et puis le goût de mimer ce qu’on lit : Hislaire est, avec Pol Vandromme, l’un des virtuoses du pastiche dans nos contrées. C’est ainsi qu’il s’empara de la plume de La Sévigné pour conter les affres de sa terre belgicaine. Et sa verve n’avait rien à envier à celle de la grande dame…
Monsieur Jourdain, rue de la Loi
SUR LE MODÈLE du BOURGEOIS GENTILHOMME, voici le récit de la laborieuse et drôlatique initiation d’un obscur parlementaire provincial qui, par on ne sait quelle manœuvre politicienne, se trouve bombardé à la tête du gouvernement dans la capitale. Il n’aura de cesse d’avoir assimilé les mœurs des cercles étroits du pouvoir central. Comme sa roublardise n’a évidemment d’égale que sa candeur, il tombera dans tous les pièges que lui tendent les malins et les fûtés, ceux qui gravitent dans les parages des détenteurs de portefeuilles, et abusent de leur vanité naïve. Au passage, l’auteur étrille quelques usages en vigueur dans les démocraties en mal de grands principes. Ce qui fait de ce divertissement très nourri de choses vues une réflexion autorisée sur un certain état de la politique, celle que l’on qualifie de politicienne car elle ne cesse, de fait, de faire des siennes.
JDD
Œuvres théâtrales
MONSIEUR JOURDAIN, RUE DE LA LOI
Création au Théâtre des Galeries à Bruxelles, en 1977.
Distribution : 4 femmes, 8 hommes
L’AMBASSADEUR AMOUREUX
Publié dans les Cahiers du Rideau, n° 11, Bruxelles, 1979.
Création dans une mise en scène de Claude Étienne au Rideau de Bruxelles, en décembre 1979.
Distribution : 5 femmes, 4 hommes
IMPROMPTU
Lever de rideau.
Création au Théâtre des Galeries, en 1982.
FEMMES SAVANTES RUE DE LA LOI
Création au Théâtre des Galeries, en 1989.

