Jacques Sternberg
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Jacques Sternberg

Le 1 Jan 1997
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NÉ À ANVERS en 1923. 

« La vie est le seul rac­cour­ci d’un néant à l’autre », peut-on lire dans LES PENSÉES de Jacques Stern­berg, indice de l’omniprésence de la mort dans son œuvre. La seule façon pour lui d’ig­nor­er cette échéance, c’est d’écrire « comme un damné ». Il n’a cessé de le faire depuis 1945, en tant que chroniqueur (Mag­a­zine Lit­téraire), jour­nal­iste (France-Soir, Nou­v­el Obser­va­teur, Express), romanci­er, nou­vel­liste, créa­teur de revue (Le Mépris), scé­nar­iste (JE T’AIME, JE T’AIME, d’Alain Resnais), pour ne citer que quelques-uns des gen­res util­isés pour ren­voy­er au monde le reflet cri­tique qu’il lui inspire. Une lucid­ité implaca­ble, le désen­chante­ment, aigu­isent sa plume trem­pée dans l’hu­mour noir pour mieux touch­er-couler l’absurdité de notre exis­tence et de ses préoc­cu­pa­tions mesquines, à moins que ce ne soit celle de la vie. LES PENSÉES nous four­nissent des exem­ples ful­gu­rants : « Quoi de plus facile que de définir la vie : par­cours qui mène de la grande sur­face à la petite fos­se », ou encore : « L’homme ressem­ble de très près au caméléon. Il a, lui aus­si, la fac­ulté de pren­dre la couleur exacte de l’environnement où il trou­ve son prof­it. » Sans com­men­taire. 

Kriss l’emballeur 

KRISS. Un nom qui crisse comme une men­ace, qui décape comme le per­son­nage, sous une appar­ente absur­dité. Kriss, celui qui emballe plus vite que son ombre, dont la seule évo­ca­tion fait trem­bler les employés de « La Préser­v­a­tive », entre­prise qui con­stru­it et fab­rique des « cubes ». Téléviseurs ou tout autre pro­duit sans lequel nous viv­ions hier, mais que mode et médi­ati­sa­tion nous ren­dent indis­pens­ables. C’est au départe­ment vente par cor­re­spon­dance que Kiss va débar­quer, ampli­fi­ant la panique provo­quée par l’annonce de son arrivée. Il paral­yse tout le monde, ridi­culise la fig­ure d’au­torité qu’est le shérif, et n’emballe pas seule­ment des cubes mais aus­si une des Nicole, car aux ventes par cor­re­spon­dance, elles s’ap­pel­lent toutes Nicole, pour plus de facil­ité. Après avoir exter­miné tous les autres employés en dehors de ce ser­vice, il révélera ne faire qu’un avec l’Anonyme qui dirige la société depuis vingt ans, sans qu’un employé n’ait jamais vu son vis­age. Le dis­cours final, présen­tant l’extermination comme le seul remède pour la san­té de l’entreprise, atteint le som­met du cynisme, tis­su même de la pièce. 

VT

Œuvres théâ­trales

C’EST LA GUERRE, MONSIEUR GRÜBER
Pub­lié aux Édi­tions Los­feld, 1968.
Créa­tion par la ComédieFrançaise dans une mise en scène de Jean-Pierre Miquel, à l’‘Odéon, Paris, en 1973.

KRISS L’EMBALLEUR
Créa­tion dans une mise en scène de Patrick Descamps au Théâtre de l’Ancre, à Charleroi, en 1981.
Dis­tri­b­u­tion : 4 femmes, 6 hommes

UNE SOIRÉE COMME UNE AUTRE
Dis­tri­b­u­tion : 4 femmes, 12 hommes

KRISS L’EMBALLEUR
et UNE SOIRÉE COMME UNE AUTRE sont pub­liés dans un même recueil aux Édi­tions Chris­t­ian Bour­go­is, 1979.

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