JEAN-FRANÇOIS LERMUSIEAU (Bruxelles, 1961) n’est pas un dramaturge mais un écrivain dont les textes rencontrent parfois la forme théâtrale. Ce qui est déjà arrivé par trois fois : pour CASSE-MÈRE et pour L’ORCHIDÉE ; pour PASSE-TEMPS aussi mais cette pièce reste cachée dans ses tiroirs, en attente de réécriture. Jean-François Lermusieau a découvert le théâtre par hasard. Pendant ses études d’éducateur, il devait faire un stage mais les endroits qu’il avait choisis n’étaient pas accessibles aux personnes handicapées. Son école lui a proposé d’être assistant-metteur en scène au club Tommy-Tiquette de Braine-le-Comte dirigé par Agnès Arnould. Il y écrira la première version de CASSE-MÈRE, sous le titre LE MANGEUR DE DOIGTS, version davantage concentrée sur le monde handicapé que celle publiée par Quorum en 1995. Le personnage de la mère n’y apparaissait pas encore, l’écriture était encore très proche d’un vécu à extirper. Pour monter L’ORCHIDÉE, il créera la compagnie théâtrale Pyrame, du nom — entre autres — du chien du décorateur. Il y sera metteur en scène, comptable et y soignera sa timidité. En 1988, il doit arrêter cette expérience parce qu’il trouve un emploi comme journaliste au Soir. Aujourd’hui, il collabore à la rubrique culturelle du Journal du Médecin, écrit de la poésie, des nouvelles, un roman.
Casse-mère
Monologue à deux voix
TOUT PETIT DÉJÀ, il perdait l’équilibre, tombait, vomissait… À cause de ee trouble, la société l’a classé parmi les handicapés. Ce qui les isole, lui et sa mère : elle s’est battue pour qu’il soit accepté. Il s’est battu pour être considéré comme quelqu’un de normal. A‑t-elle encore la volonté de lutter, épuisée par son double combat : pour lui et contre lui ? Dans le présent de la pièce, il est enfermé. Il a voulu sortir seul dans la rue. Il a chuté. On l’a emmené, on a voulu le soigner. Il a refusé. Il ne sera pas ce que le monde extérieur veut qu’il soit. Dans cette pièce d’extrême solitude, d’extrême incommunication — presque jamais la mère et le fils ne dialoguent, toujours ils parlent seuls —, jaillit pourtant, de toute part, la rage de vivre. Désespérément.
MZ
Œuvres théâtrales
CASSE-MÈRE
Publié, avec une préface de Liliane Wouters, aux Éditions Quorum, Ottignies, 1995.
Création de la première version sous le titre LE MANGEUR DE DOIGTS dans une mise en scène d’Agnès Arnould à Braine-le-Comte, en février 1983.
Création de la deuxième version sous le titre LE MANGEUR DE DOIGTS (ajout du personnage de la mère), dans une mise en scène de l’auteur à Aulnois, en février 1987.
Création de la troisième version sous le titre CASSE-MÈRE, dans une mise en scène de Jean-Pierre Denefve à la Galerie Koma, en septembre 1996.
Distribution : 1 femme, 1 homme
Durée : 50 minutes
L’ORCHIDÉE
Création dans une mise en scène de l’auteur à la salle culturelle de Cuesmes, en avril 1985.
Distribution : 3 femmes, 3 hommes
Durée : 1h

