Jean-Marie Piemme
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Jean-Marie Piemme

Le 1 Jan 1997
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NÉ À JEMEPPE-SUR-MEUSE en 1944.

Jean-Marie Piemme voy­agea longtemps au cœur des textes de théâtre avant de s’embarquer pour ses pro­pres fic­tions. Après des études de let­tres à l’Université de Liège, il entame une for­ma­tion à l’Institut d’études théâ­trales de la Sor­bonne. Il ren­con­tre Bernard Dort à qui il doit l’envie, dit-il, de « se lancer dans le mou­ve­ment théâ­tral d’alors : celui de la généra­tion Chéreau ». De retour en Bel­gique, il sou­tient une thèse de doc­tor­at sur les médias (LA PROPAGANDE INAVOUÉE, Édi­tions 10/18) et devient dra­maturge à L’Ensem­ble Théâ­tral Mobile. Aux côtés de Marc Liebens, il ques­tionne les textes, les réin­scrit dans une his­toire, dans une société et pro­pose des pistes de lec­ture pour un théâtre cri­tique qui se sou­vient de Brecht. Il tra­vaille ensuite avec Philippe Sireuil au Théâtre du Cré­pus­cule et au Théâtre Varia puis avec Ger­ard Morti­er à l’Opéra nation­al. Enseignant à l’IN­SAS, il est aujourd’hui mem­bre du comité de direc­tion du Théâtre Varia et fait par­tie du comité de rédac­tion des Cahiers de Pros­pero. C’est en 1986 que Jean-Marie Piemme entame sa « troisième vie », sa vie d’écrivain. Les textes de Koltès, Botho Strauss, Hein­er Müller qui l’ont influ­encé, ont alors large­ment ouvert la brèche de l’écriture con­tem­po­raine. Il relève le défi de la fic­tion avec une pre­mière pièce, NEIGE EN DÉCEMBRE. Depuis, Jean-Marie Piemme a écrit plus de vingt pièces dont cer­taines lui furent com­mandées pour être directe­ment créées en langue étrangère. Dis­tin­gué par plusieurs prix (prix tri­en­nal de la Com­mu­nauté française de Bel­gique, prix « Nou­veaux tal­ents » de la SACD France, prix RFI…), traduit, Jean-Marie Piemme est accueil­li en 1996 en rési­dence d’écri­t­ure à La Char­treuse de Vil­leneuve-lez-Avi­gnon.

Neige en décem­bre 

MAX, désor­mais, ne con­naî­tra plus l’ou­bli ni le repos. Ni le rêve ni le rythme du monde autour de lui. En vain, il cherche refuge. Il s’en­fuit dans l’immobilité de l’en­fance, dans la chaleur de la mère qui par­donne et absout. En vain, Julia, sa femme, l’apaise et pose des gestes déter­minés dont elle ne soupçonne pas la portée. Car Max a trahi sa cause, sa foi et une part de lui-même. Il a livré le Pro­fesseur, intel­lectuel charis­ma­tique, engagé dans la lutte poli­tique, le père qui lui a tout appris et l’a un peu renié. Trahi­son par dépit, orgueil blessé ou revanche ? Par fatigue aus­si. Max a remis sa lib­erté et sa lutte aux mains de l’Envoyé, séduc­teur machi­avélique, émis­saire per­fide et per­vers d’un pou­voir qui n’a plus de scrupules.
Tan­dis que Max dévide son errance affec­tive et intel­lectuelle, Julia, Ilse, la femme du Pro­fesseur et le Pro­fesseur s’arriment aux frag­ments d’une résis­tance brisée. Le texte suit ces chem­ine­ments décalés avec une cer­taine dis­tance, en de longs mono­logues nar­rat­ifs écrits dans une langue ciselée.

Le badge de Lénine

IL DIT qu’il s’ap­pelle Roger, qu’il est vendeur d’encyclopédies. Roger déboule dans un théâtre vide où seule une jeune femme répète. Roger dit qu’il s’est fait taper dessus. Quand ?Par qui ? Déjà, il racon­te une autre his­toire de sa vie. Invente-t-il ? Peu importe pourvu qu’elle l’écoute par­ler de Flo­rette, Flo­rence ou Simone qu’il a per­due, qu’il a cher­chée. D’ailleurs, elle s’appelait Nicole. Mais Roger s’én­erve : est-il bien atten­tive­ment écouté ? Il véri­fie. Indis­cret, il fouille le sac de la jeune femme, sa vie privée, un peu son âme puis reprend ses réc­its entremêlés, son débit rapi­de qui, surtout, évit­era les temps morts. Ver­sion bouf­fonne de Shéhérazade, il fait sur­gir Boubois, Tri­cart, Bey­routh, Saï­gon… Des mar­i­on­nettes per­dues dans l’histoire. Un peu comme lui qui vit de manier tous ces fils, tous ces mots qui le reti­en­nent assem­blé. Tant qu’il y a un pub­lic…

Les forts, les faibles

NEUF PERSONNAGES ancrés dans un aujourd’hui qu’on ne sait plus com­ment définir. Il y a ceux qui mon­tent, nou­veaux rich­es, nou­veaux arrivés, exploiteurs de la cré­dulité, dis­coureurs extrémistes. Il y a les gens « aisés », ceux qui, comme Yvonne, ne se doutent pas. Ou font sem­blant. Il y a des ombres, des com­plète­ment paumés qui oscil­lent, en mal d’i­den­tité, et s’accrochent aux autres comme à une bouée. Prêts à tout pour ne pas se sen­tir trop vides. Il y a Dumont qui résiste sans plus très bien savoir à quoi parce que l’en­ne­mi tri­om­phant finit par se diluer, être partout ou nulle part. Et puis, il y a Clau­dia, idéal­iste d’un rêve impos­si­ble, qui refuse le bon­heur dans un monde qui va mal. Mais ces per­son­nages-là abri­tent aus­si leur con­traire. L’amour rend l’extrémiste vul­nérable. Force de la faib­lesse, faib­lesse de la force, cha­cun est tra­ver­sé par une dual­ité, une ligne de partage, une faille. Juste là où situer l’e­spoir.

«.. Dans le grain le plus fin de nos vies s’in­scrit le sceau du moment his­torique qu’on tra­verse », écrit Jean-Marie Piemme. « Ani­maux soci­aux » qui se dilu­ent, s’engluent dans un mon­rie usé et miné, ses per­son­nages sont con­fron­tés à leur pro­pre impuis­sance. Naïfs ou cyniques, comiques ou trag­iques, ils témoignent tous de l’enlisement, de la décom­po­si­tion et de la perte irré­para­ble dans une société où l’homme n’a plus sa place. Pour­tant, dans chaque pièce, une femme se relève, survit, résiste… 

ND

Œuvres théâ­trales

NEIGE EN DÉCEMBRE
Pub­lié aux Édi­tions Actes Sud — Papiers, Paris, 1988.
Créa­tion dans une mise en scène de François Beuke­laers au Théâtre de la Place à Liège, en novem­bre 1987.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 3 hommes
Durée : 2h

SANS MENTIR
Pub­lié aux Édi­tions Actes Sud — Papiers, Paris, 1989.
Créa­tion par le Cen­tre théâ­tral de Namur, dans une mise en scène de Bernard Debroux, en mars 1989.
Dif­fu­sion radio­phonique sur France Cul­ture en 1990.
Dif­fu­sion télévi­suelle dans une réal­i­sa­tion de Fred­dy Charles sur la RTBF en 1991 et 1992.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 5 hommes
Durée : 1h50

LES INSTITUTEURS IMMORAUX
d’après Sade
Pub­lié aux Édi­tions Noc­turnes, Brux­elles, 1989.
Créa­tion par le Théâtre de l’Éveil dans une mise en scène de Guy Pion au Nou­veau Théâtre de Bel­gique, en mai 1989.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 3 hommes
Durée : 1h50

COMMERCE GOURMAND
Pub­lié aux Édi­tions Actes Sud — Papiers, Paris, 1991.
Créa­tion dans une mise en scène de Philippe Sireuil à la Rose des Vents de Vil­leneuve d’Ascq, en jan­vi­er 1991.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 4 hommes
Durée : 2h

LE BADGE DE LÉNINE
Pub­lié aux Édi­tions Actes
Sud — Papiers, Paris, 1992.
Créa­tion dans une mise en scène de Philippe Sireuil à la Rose des Vents de Vil­leneuve d’Ascq, en févri­er 1992.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 1 homme
Durée : 2h

SCANDALEUSES
Pub­lié aux Édi­tions Actes Sud — Papiers, Paris, 1994.
Créa­tion dans une mise en scène de Philippe Sireuil au Théâtre Varia, Brux­elles, en févri­er 1994.
Dis­tri­b­u­tion : 4 femmes, 1 homme
Durée : 2h

COPIE COULEUR
Lec­ture publique dans une mise en voix de Lorent Wan­son au Théâtre Varia, en 1995.
Dis­tri­b­u­tion : 4 femmes, 5 hommes
Durée : 2h

ON DIRAIT DES VRAIS
Créa­tion dans une mise en scène
de Lorent Wan­son dans le cadre du fes­ti­val
Théâtre en Com­pag­nie à Brux­elles, en novem­bre 1994.
Dis­tri­b­u­tion : 5 femmes, 2 hommes
Durée : 1h40

SAUTS D’OBSTACLES
Lec­ture publique dans une mise
en voix de Mar­tine Paschoud
au Théâtre de Poche de Genève, en 1994.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 3 hommes
Durée : 1h

LES YEUX INUTILES
Créa­tion dans une mise en scène de Janine God­i­nas au Théâtre Varia, en jan­vi­er 1993.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 2 hommes
Durée : 2h30

COPIE COULEUR, ON DIRAIT DES VRAIS, SAUTS D’OBSTACLES et LES YEUX INUTILES
sont réu­nis sous le titre :
CIEL ET SIMULACRES.
CA VA CRAQUER
Créa­tion en néer­landais sous le titre HET GAAT BARSTEN dans une mise en scène de Jappe Claes au The­ater The­ater de Malines, en sep­tem­bre 1993.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 2 hommes
Durée : 1h30

LES FORTS, LES FAIBLES
Pub­lié aux Édi­tions Médi­anes, col­lec­tion Vil­lé­gia­tures, Rouen, 1995.
Pub­lié en néer­landais aux Édi­tions Atlas, Ams­ter­dam, 1995.
Créa­tion dans une mise en scène de Claude Thébert à Morge (Suisse), en mars 1994.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes, 6 hommes
Durée : 2h

PIÈCES D’IDENTITÉ RÉCIT DE MA NAISSANCE
Créa­tion dans une mise en scène d’Annie Lucas au Théâtre de la Folle Pen­sée à Saint-Brieuc, en mai 1993.
Nou­velle créa­tion dans une mise en scène de Philippe Sireuil au
Théâtre de la Bal­samine à Brux­elles, en avril 1997.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme
Durée : 15 min­utes

LES PETITS BÉNÉFICES
Créa­tion dans une mise en scène de Philippe Sireuil au Théâtre de la Bal­samine, en avril 1997.
Dis­tri­b­u­tion : 2 hommes
Durée : 20 min­utes

JE NE SENTAIS QUE TRÈS FAIBLEMENT NOTRE ODEUR
Pub­lié sous le titre L’AIR DU SOIR dans les Cahiers de Pros­pero, n° 6.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 1 homme
Durée : 15 min­utes

TROMPE‑L ŒIL
Pub­lié dans le Jour­nal des Bernar­dines, 1995.
Créa­tion dans une mise en scène de Michel Bernard au Théâtre de la Bal­samine, en avril 1997.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 1 homme
Durée : 15 min­utes

CHRONIQUE DE CES ANNÉES-LÀ.
I : LES GRANDES OMBRES
Créa­tion dans une mise en scène de Michel Bernard au Théâtre de la Bal­samine, en avril 1997.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 5 hommes
Durée : 40 min­utes

CHRONIQUE DE CES ANNÉES-LÀ.
II : TANGO/TANGAGE
Créa­tion dans une mise en scène de Philippe Sireuil au Théâtre de la Bal­samine, en avril 1997.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 1 homme
Durée : 45 min­utes

CHRONIQUE DE CES ANNÉES-LÀ.
IT : LIVRE D’IMAGES
Créa­tion dans une mise en scène de Robert Cantarel­la au Théâtre de la Folle Pen­sée à Saint-Brieuc, en 1994. Nou­velle créa­tion dans une mise en scène de Philippe Sireuil au Théâtre de la Bal­samine, en avril 1997.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes, 1 homme
Durée : 30 min­utes

LETTRE À UNE ACTRICE
Pub­lié dans Alter­na­tives théâ­trales, n° 47, « Let­tres aux acteurs », 1994.
Lec­ture publique dans une mise en espace de Michel Bernard dans le cadre des Ren­con­tres inter­na­tionales de Théâtre con­tem­po­rain au musée d’Art mod­erne de Liège, en octo­bre 1995.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme
Durée : 45 min­utes

Les PIÈCES D’IDENTITÉ sont pub­liées en un recueil aux Édi­tions Médi­anes, Rouen, 1997.

Par­ti­tion Strind­berg
Créa­tion en néer­landais sous le titre BEN HEEL LEVEN IN EEN UUR OF TWEE au The­ater Teater de Malines, en octo­bre 1994.

1953
Créa­tion annon­cée dans une mise en scène de Marc Liebens en 1998.

Sur Jean-Marie Piemme

Benoit Vreux, Jean-Christophe Lauw­ers, « Piemme l’écrivain qui lisait le jour­nal », in Alter­na­tives théâ­trales, n° 43, avril 1993.

Nan­cy Del­halle, « Jean-Marie Piemme : l’in­ten­sité du présent », in Le Car­net et les Instants, n° 76, jan­vi­er-mars 1993.

Lin­da Lewkow­icz, Corinne Rigaud, « Sur Scan­daleuses », in Alter­na­tives théâ­trales, n° 46, juil­let 94.

Nan­cy Del­halle, « Scènes de ville, scènes de vi(d)e », in Écri­t­ures, n° 7, 1995.

Cécil Michel, « Ciel et sim­u­lacre », in Textyles, n° 13, 1997.

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Écrit par Nancy Delhalle
Nan­cy Del­halle est pro­fesseure à l’Université de Liège où elle dirige le Cen­tre d’Etudes et de Recherch­es sur...Plus d'info
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