Jean-Michel Frère
Non classé

Jean-Michel Frère

Le 1 Août 1997
Article fraîchement numérisée
Cet article rejoint tout juste nos archives. Notre équipe le relit actuellement pour vous offrir la même qualité que nos éditions papier. Pour soutenir ce travail minutieux, offrez-nous un café ☕
Jean-Michel Frère
Jean-Michel Frère

L’OUTRANCE, l’expectative frus­trée, l’inversion des signes, la mys­ti­fi­ca­tion, l’apolo­gie du super­flu, l’apothéose du détail inutile, les anti-proverbes, les vérités con­tra­dic­toires, la fausse éru­di­tion, les lapalis­sades, allitéra­tions, dis­tor­sions et même quelques calem­bours, voilà une grosse par­tie des « trucs », extraits du pro­gramme chargé que Jean-Michel Frère s’est fixé pour men­er à bien et à terme un tra­vail de recherche pour faire du théâtre. Une inter­ven­tion théâ­trale à la Ionesco où, con­tre les pou­voirs alié­nants et les idéolo­gies moral­isatri­ces, on oppose des mots et des sit­u­a­tions vidés de leur sens com­mun ou poussés à l’ex­cès dans leur lit­téral­ité pour aboutir à une sig­ni­fi­ca­tion renou­velée de l’entité ver­bale et avec elle, de notre façon d’in­ter­préter la société et l’in­di­vidu. Jean-Michel Frère est né à Namur le 5 avril 1965. Il est met­teur en scène et chargé de cours au Con­ser­va­toire de Liège. 

Vic­tor B. 

AUJOURD’HUI, c’est son anniver­saire ! En atten­dant, peut-être, quelqu’un qui vien­dra sûre­ment, Il (qui n’a pas de nom) par­le de cet autre lui-même qu’il s’est inven­té : Vic­tor Ben­berg. Un long mono­logue prémâché et volon­taire­ment inef­fi­cace où « l’artiste pein­tre » nous réaf­firme — sans jamais la prou­ver mais sans jamais dis­con­tin­uer — sa « génial­ité » et l’insupportable incom­mu­ni­ca­bil­ité entre lui et les autres, et à l’occasion entre lui et lui (Cf. plus haut). Avec cette « gai­eté tur­bu­lente par laque­lle s’ex­prime [son] amour farouche de la vie Let quil est un des traits essen­tiels de [son] car­ac­tère »1, Vic­tor Ben­berg nous donne à voir la dimen­sion comique, mais non moins pathologique, de la mythomanie de Mon­sieur Tartem­pi­on qui se prend avec la plus grande fausse sincérité pour le pein­tre du siè­cle : celui qui a inspiré sans « dis­tin­guo » Cézanne et Picas­so. Avec Vic­tor Ben­berg (quand on par­le de lui, on en a déjà plein la bouche), Jean-Michel Frère s’a­muse à pass­er au crible de l’ironie les thèmes les plus éculés qui tour­nent autour de la créa­tion artis­tique : la vie de bohème, la vénéra­tion exces­sive du pub­lic-âme sœur, le dis­cours bour­sou­flé de la cri­tique, l’é­mo­tion inno­cente devant le mys­tère de la créa­tion, l’artiste, passeur inter­prète de l’ex­pres­sion divine et toute la théorie soleil de « l’art c’est moi »2, Pour cela, il fait marcher les mécan­ismes préc­ités, en créant un lan­gage sans logique ni struc­ture nar­ra­tive qui détru­it immé­di­ate­ment la crédi­bil­ité de celui qui l’emploie et la fia­bil­ité de ses pro­pos. Il faut ajouter pour finir et com­pléter que Vic­tor Ben­berg alias Vic­tor B. s’est inspiré des MÉMOIRES D’UN VIEUX CON de Roland Topor et qu’il a don­né son nom à la com­pag­nie théâ­trale que Jean-Michel Frère a créée. 

CR

Œuvres théâ­trales

VICTOR B.
Créa­tion par la Com­pag­nie Vic­tor B. en coréal­i­sa­tion avec le Cen­tre théâ­tral de Namur, dans une mise en scène de l’auteur, en 1992.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme
Durée : 1h10 ou 40 min­utes

UNE CERTAINE IMAGE DU BONHEUR
Créa­tion par la Com­pag­nie Vic­tor B. en coréal­i­sa­tion avec le Cen­tre théâ­tral de Namur, dans une mise en scène de l’auteur, en 1995.
Dis­tri­b­u­tion : 2 hommes, 1 femme
Durée : 1h10

  1. Vic­tor Ben­berg in VICTOR B. ↩︎
  2. Idem. ↩︎
Non classé
Partager
auteur
Écrit par Corinne Rigaud
Corinne Rigaud est née à Orange, un trois avril. Elle a déjà dit qu’elle aimait les jupes de...Plus d'info
Partagez vos réflexions...

Vous aimez nous lire ?

Aidez-nous à continuer l’aventure.

Votre soutien nous permet de poursuivre notre mission : financer nos auteur·ices, numériser nos archives, développer notre plateforme et maintenir notre indépendance éditoriale.
Chaque don compte pour faire vivre cette passion commune du théâtre.
Nous soutenir
Précédent
Suivant
1 Août 1997 — LA SENSUALITÉ, le désir de rencontre et le miracle qu'il sous-tend, l’insoutenable clivage, le mystère assassin de l’autre, le frôlement…

LA SENSUALITÉ, le désir de ren­con­tre et le mir­a­cle qu’il sous-tend, l’insoutenable cli­vage, le mys­tère assas­sin de l’autre,…

Par Corinne Rigaud
Précédent
1 Août 1997 — NÉ À QUAREGNON en 1926.  «Je n’ai pas de biographie.» Yvon Givert se présente ainsi quand on l'interroge sur son…

NÉ À QUAREGNON en 1926.  « Je n’ai pas de biogra­phie. » Yvon Givert se présente ain­si quand on l’in­ter­roge sur son passé, sa vie. L’affirmation de cette absence reporte toute notre atten­tion, et c’est le but,…

Par Virginie Thirion
La rédaction vous propose

Bonjour

Vous n'avez pas de compte?
Découvrez nos
formules d'abonnements

Mot de passe oublié ?
Mon panier
0
Ajouter un code promo
Sous-total