NÉ À WAREMME en 1963.
Quand en 1991, La classe des comédiens animateurs du Conservatoire de Liège disparaît, ils furent quelques-uns, issus de cette formation, à se sentir soudain bien seuls. Pour perpétuer un travail spécifique où le comédien implique, à partir des réalités qui la concernent directement, une population généralement écartée de l’expression artistique traditionnelle, Jean-Philippe Wertelaers, Katty Masciarelli, Yvon François et Pierre Clément fondent la Compagnie Grand Asile. Leur première création, SHOW DEVANT, À PROPOS DE DÉMOCRATIE, dirigée par Lorent Wanson, pose un regard critique sur le sens de notre citoyenneté. À travers ses spectacles, Jean-Philippe Wertelaers propose aux participants — adultes ou enfants — une recherche sur leur propre identité. Il écrit ensuite les textes, geste créateur plus individuel qui assure l’unité et confère un style aux matériaux issus des improvisations. Pour TROU DE MÉMOIRE, il associe à l’écriture Julie Antoine, une adolescente qui a participé à la plupart de ses ateliers. Quand il s’agit de rendre la parole…
Trou de mémoire
MALIKA voudrait partir, se tirer, puisque ses vieux ne comprennent rien, ni ses cheveux rouges ni son envie d’étudier aux Beaux-Arts : « incapables de s’intégrer », dit-elle. Victoire glande dans la vie. Ses parents, divorcés, approvisionnent son compte. Elle joue à se faire peur, pour être quelqu’un, quelqu’un d’autre surtout. La vie, dans ce lieu hors-lieu que huit personnages squattent plutôt qu’ils n’habitent, s’écoule autour d’une faille : « Ça n’a presque pas fait de bruit, le sol s’est ouvert… un phénomène naturel…» Une vie de petits trafics en tous genres, réels ou imaginés, de coups de gueule et de solitude totale. Mais, dans ce désœuvrement, chacun tente une forme de résistance. Maladroite, un peu vaine, toujours imprégnée de doute et de méfiance à l’égard de l’autre. Omar rêve d’Hollywood mais il doit encore se faire un nom. Chess s’accroche à sa guitare. Et Gérard, toujours à l’école, lutte déjà pour échapper à l’usine. Chacun, en solo, bricole des réponses à la question du sens, à l’ennui. Pour Frédérique, c’est son travail d’éducatrice qu’elle considère comme un engagement. Pour Marie, c’est peut-être cet enfant qu’elle porte. Mais Frédérique se fait virer et Marie comprend que cet enfant n’a de sens que pour elle. Au plus fort d’une crise collective, ils découvrent au creux de la faille le journal de Jacob Sternicz, un jeune Juif obligé de se cacher pendant la guerre pour échapper aux nazis. Et les personnages se trouvent confrontés à la mémoire, à la question de l’identité : « C’est vrai qu’à force d’oublier les morts, on finit par s’oublier aussi. » Qui sont-ils ? Et si leur vie jusqu’ici n’avait été qu’une fuite ?.. Les langues se délient. Pour la première fois, ils s’entendent. Vont-ils avancer l’un vers l’autre, l’un avec l’autre ?Sur quel chemin ?
ND
Œuvres théâtrales
PAS LE MÊME MONDE
Création par la Compagnie d’Un Jour, peut-être dans une mise en scène de l’auteur, Virton, mai 1993.
Distribution : 5 femmes, 5 hommes
MAIS CAISSE CON FOU LÀ ?
Création par la Compagnie d’Un Jour, peut-être dans une mise en scène de l’auteur, Couvreux, septembre 1994.
Distribution : 4 femmes, 4 hommes
TROU DE MÉMOIRE
Publié aux Éditions du Cerisier, Cuesmes, 1997.
Création par les Arpenteurs d’Illusions perdues dans une mise en scène de l’auteur au Centre culturel de Rossignol, en septembre 1996.
Distribution : 5 femmes, 3 hommes
Théâtre amateur
L’ÉCOLE DU SILENCE
Création par l’Atelier Théâtre de l’IPES de Herstal dans une mise en scène de l’auteur, en mai 1995.
Distribution : 7 femmes, 5 hommes
Théâtre jeune public
IL Y A UNE SORCIÈRE DANS LA CAVE DE MON ÉCOLE
Création dans une mise en scène de l’auteur, Libin, mars 1996.
Distribution : 17 personnages
LES MYSTÉRIEUX DIAMANTS DE FOSSE-TROU
Création dans une mise en scène de l’auteur à Saint-Georges-surMeuse, en janvier 1997.
Distribution : 12 personnages
À consulter :
THÉÂTRE-ACTION DE 1985 À 1995, ITINÉRAIRES, REGARDS, CONVERGENCES, Cuesmes, Éditions du Cerisier, 1996.

