Jean-Pierre Dopagne
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Jean-Pierre Dopagne

Le 1 Août 1997
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Jean-Pierre Dopagne
Jean-Pierre Dopagne

NÉ À NAMUR en 1952. 

Si nos des­tins se trou­vent écrits dans les livres de l’enfance, Jean-Pierre Dopagne ren­con­tra peut-être le sien chez la comtesse de Ségur. Il décou­vre Le dia­logue dans GRIBOUILLE et LES MALHEURS DE SOPHIE. Enfant, il suit aus­si le théâtre à la radio qui, soir après soir, forge son écoute, attise son imag­i­na­tion.
Au deux­ième temps, Jean-Pierre Dopagne se pas­sionne pour la musique baroque, Bach surtout. Il ren­con­tre Dario Fo, l’homme, sa vol­u­bil­ité, sa langue imagée, son humour caus­tique. Éblouisse­ments. Comme il est à l’université, qu’il étudie les langues romanes et se spé­cialise en ital­ien, Jean-Pierre Dopagne se lance dans trois adap­ta­tions de Dario Fo. Devenu pro­fesseur de français, il écrit une pre­mière pièce en com­pag­nie de Luc Migeot qu’il a con­nu à l’université. COCAGNE sera tout de suite accep­tée par le Théâtre de l’Ancre. Ensem­ble, les deux hommes écriront six autres pièces où ils mêlent le souci péd­a­gogique, la par­o­die du quo­ti­di­en et la satire sociale.
Au troisième temps, fin des années 80, Jean-Pierre Dopagne quitte l’enseignement, qui n’est selon lui « pas assez en prise directe avec la société ». Il entre à la SACD comme délégué pour la Wal­lonie. Il écrit alors L’ENSEIGNEUR qui fut immé­di­ate­ment un énorme suc­cès. Les images sont l’épicentre de cette écri­t­ure. Pour regarder son « enseigneur », Jean-Pierre Dopagne a pris un peu de dis­tance et il a lais­sé l’ironie s’in­fil­tr­er partout, féroce. 

La fugue, le silence et la char­ité 

Ecrit avec Luc Migeot.

POURQUOI Stéphane cherche-t-il à bris­er Tere­sa, son élève ? Lau­réate du prix Jean-Sébastien Bach, elle est venue lui deman­der une aide, un appui et ils s’af­fron­tent. Tere­sa ne pense qu’à la musique et ne voit en Stéphane que le maître. Mais là où elle voit une fugue inter­rompue par la mort, il voit un com­pos­i­teur arrêté par un désir sex­uel. Bru­tale­ment, Stéphane entre dans le per­son­nage de Bach. Il joue sa force créa­trice, son ent­hou­si­asme pour la vie, pour les plaisirs quo­ti­di­ens. Il défie Tere­sa et la force à entr­er dans sa folie. Revenu à lui, il se révèle triv­ial au point de pro­mou­voir le nom de Bach à tra­vers des bal­lons, du choco­lat et des fro­mages. Au point de forcer Tere­sa à mimer l’essuyage de la vais­selle. La jeune femme se perd devant tant d’incongruités qui, chaque fois, ramè­nent à la musique : de l’én­ergie à la déli­catesse. Mais, quand, ensem­ble, à genoux, ils miment l’ensemencement de la terre, Tere­sa saisit un peu de la métaphore, de l’invitation à inscrire la musique dans la nature, dans la vie. À la réin­cor­por­er. Épuisée, elle s’ef­fon­dre, con­fie son secret. Si L’ART DE LA FUGUE a tant han­té la pièce, c’est que Bach était aus­si un homme, un père, un mari. « Tu comp­tais la musique avec ta tête ; main­tenant, joue-la avec ton ven­tre. » 

L’en­seigneur ou Une ombre au tableau

C’EST L’HISTOIRE D’UN « PROF ». Qua­tre let­tres, mot tron­qué, impos­si­ble à dire, hon­teux, sans hori­zon. C’est l’histoire de sa vie : la barre dans la poitrine au réveil le matin, les regards vides, les jeans, les bas­kets et Les corps affalés et Racine, Corneille, Hugo à ces corps qui n’en n’ont rien à f.. Et quand vient l’e­spoir d’une ques­tion : « M’sieur… Ça gagne com­bi­en, un prof ? » Méti­er de minable, en somme… Mais l’enseigneur se libère, se met en vacances. Pas de dépres­sion nerveuse, ni de démis­sion, pas de pêche à la ligne ni de yoga : à la place du Petit Clas­sique Larousse, un fusil mitrailleur. Il tire dans le tas sans avoir pris les présences… Sar­cas­tique, ce mono­logue dis­sèque la fonc­tion de pro­fesseur et celle d’élève. Raïille leurs codes respec­tifs. Au-delà de ce face à face par­fois ten­dre, par­fois cru­el, sou­vent cynique, Jean-Pierre Dopagne campe une école obsolète, con­ser­va­trice, à bout de souf­fle et un monde ado­les­cent vague­ment déliques­cent. 

ND

Œuvres théâ­trales
coécrites avec Luc Migeot

COCAGNE
Créa­tion dans une mise en scène
de Jacques Her­bet au Théâtre
de l’Ancre, Charleroi, en 1982.
Dis­tri­b­u­tion : 7 femmes, 11 hommes
Durée : 2h

CONFÉRENCE-BOUFFE
Spec­ta­cle-ani­ma­tion
en milieu sco­laire.
Créa­tion par le Théâtre de
l’Escalier dans une mise en scène
de Fred­dy Bada, 1982 – 1985.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme, 1 femme
Durée : 45 min­utes

ANDROMATCH
Spec­ta­cle-ani­ma­tion
en milieu sco­laire.
Créa­tion dans une mise en scène
de Cécile Van Snick et Éric
De Kon­inck au Théâtre nation­al
de Bel­gique, en 1985.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme, 1 femme
Durée : 45 min­utes

LA SYMPHONIE DES JOUETS
Créa­tion par le Théâtre
Apos­tro­phe dans une mise en
scène de Fred­dy Bada, en 1985.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 1 homme
Durée : 1h

LA FUGUE, LE SILENCE ET LA CHARITÉ
Créa­tion par Le Théâtre
de Dix Heures, mise en scène de
Jean-Philippe Cros, Paris, 1987.
Lec­ture publique (nou­velle
ver­sion) par le Mag­a­sin
d’Écri­t­ure théâ­trale dans une
réal­i­sa­tion de Jean-Claude Idée.
Prix de la Dépu­ta­tion
per­ma­nente de la Province
de Namur, 1987.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 1 homme
Durée : 1h30

LE TRIANGLE ANGEVIN
Créa­tion par le Théâtre du Gai
Savoir dans une mise en scène
de Roland Langevin au Petit
Théâtre à Liège, en 1992.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 2 hommes
Durée : 1h

DU PLOMB DANS LES NUAGES

Œuvres théâ­trales
de Jean-Pierre Dopagne

L’ENSEIGNEUR
OU UNE OMBRE AU TABLEAU
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man,
col­lec­tion Théâtre à Vif, n° 45,
Carnières, 1994.
Créa­tion dans une mise en scène
de Pierre Fox au Fes­ti­val de Spa,
en août 1994.
Créa­tion en néer­landais dans
une tra­duc­tion de Bart Von­ck
et une mise en scène de Juli­enne
De Bruyn au Raamthe­ater
à Anvers, en jan­vi­er 1996.
Prix lit­téraire 1994
du Con­seil de la Com­mu­nauté
française de Bel­gique.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme
Durée : 1h30

HOLLY WOOD SUBJONCTIF
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man,
dans le recueil Démoc­ra­tie
mosaique 1,
Carnières, 1996.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 2 hommes
Durée : 7 min­utes.

PHOTOS DE FAMILLE
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man,
Carnières, 1997.
Créa­tion dans une mise en scène
d’An­dré Debaar au Fes­ti­val
de Spa, en août 1997.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme
Durée : 1h30

Adap­ta­tions

LES ARCHANGES NE JOUENT
PAS AU BILLARD ÉLECTRIQUE
de Dario Fo
Créa­tion dans une mise en scène
d’An­dré Debaar au Théâtre
de L’Escalier à Namur, en 1973.

LA BALLADE DES FUNÉRAILLES DU PATRON
de Dario Fo
Créa­tion dans une mise en scène
d’Arturo Cor­so par La Nou­velle
Scène inter­na­tionaleDe Nieuwe Scene à Anvers,
en 1974.

PUTSCH
de Dario Fo
Créa­tion dans une mise en scène
d’Arturo Cor­so par La Nou­velle
Scène inter­na­tionale-De Nieuwe
Scene à Anvers, en 1974.

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Écrit par Nancy Delhalle
Nan­cy Del­halle est pro­fesseure à l’Université de Liège où elle dirige le Cen­tre d’Etudes et de Recherch­es sur...Plus d'info
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NÉ À BRUXELLES en 1944. D’un côté du miroir, un doc­teur en philoso­phie et let­tres (Uni­ver­sité catholique de Lou­vain), ancien attaché sci­en­tifique aux Archives et musée de la lit­téra­ture qui enseigne aujourd’hui à l’TAD et…

Par Nancy Delhalle
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