Jean-Pierre Verheggen
Non classé

Jean-Pierre Verheggen

Le 1 Août 1997
Article fraîchement numérisée
Cet article rejoint tout juste nos archives. Notre équipe le relit actuellement pour vous offrir la même qualité que nos éditions papier. Pour soutenir ce travail minutieux, offrez-nous un café ☕
Jean-Pierre Verheggen
Jean-Pierre Ver­heggen

NÉ À GEMBLOUX en 1942.

Ani­ma­teur de radio, cofon­da­teur de T’XT — revue lit­téraire qu’il portera jusqu’au dernier numéro —, col­lab­o­ra­teur de nom­breuses revues d’Eu­rope et d’ailleurs, Jean-Pierre Ver­heggen a été pro­fesseur de français à Gem­bloux durant vingt-cinq ans. Il partage aujourd’hui son temps entre le ser­vice de la Pro­mo­tion des let­tres du min­istère de la Cul­ture, et le tra­vail qu’il a com­mencé en apprenant à écrire, celui d’ap­pren­dre à écrire.
Il écrit, pour la per­for­mance, une poésie faite pour être enten­due. L’ex­péri­ence a prou­vé maintes fois qu’elle s’en­tend bien. Il y a bien une pièce de théâtre, LES PIEDS, mais elle est des­tinée au cat­a­logue d’un ami sculp­teur : cet irré­ductible Wal­lon est un « briseur de genre ». « La langue, la langue est pre­mière » dit-il. La langue qu’on entend, oui, mais aus­si celle qui se con­tracte et se tord pour aider la phona­tion, pour que la pen­sée se fasse dans la bouche. Alors com­mence le long tra­vail de « décom­po­si­tion française », « d’apprendre à par­ler grand nègre », parce que les pen­sées bass­es, celles qui sont les plus pro­fondes et les plus enfouies, per­me­t­tent d’élever la pen­sée, et cette pen­sée issue de cette langue mène à la jouis­sance de l’or­eille, à l’«ouissance ». Ain­si, sur la porte de son bureau, on peut lire : « Poètes en bâti­ments, pein­tres du manche, sculp­teurs de pneus, cinéastes de quarti­er, accordéon­istes en bretelles, essay­istes de mate­las, com­pos­i­teurs de menus, nègres de romanciers blancs, philo­zobs de tous bor­ds, mod­èles de tous poils, s’adress­er ici. » 

Sta­bat Mater 

« ALCHTIMIE » du verbe : ou la ver­bal­i­sa­tion du ven­tre. Ça fouaille les tré­fonds à la recherche du com­ment dire cet endroit-là avec ce qu’il y a là-dedans. Et ça décline les intestins et tous les trous à tous les gen­res, ça vous bor­bo­rygme les cordes vocales.
«Stabête Mater ! »: c’est du ven­tre de la mère qu’il est ques­tion, de com­ment celle-là a bien pu faire celui-là, et com­ment ça peut faire si mal quand elle n’est plus là. L’ex­plo­ration en long en large, encore une fois dans tous les sens, de ce lien con­nu et vécu, mais dont toute la force s’est trou­vée révélée par la déchirure de la mort. Et ça hurle à s’en faire explos­er la glotte, pour se dis­traire de la grande douleur de la perte. « Mis­éréré » : voilà que c’est Le ven­tre du fils qui fait des siennes. Mis hors jeu par ses intestins. Décou­verte de La poésie médi­cale, de vessie pir­i­forme en cholé­cys­tec­tomie, et le voilà qui par­le sa souf­france pour la main­tenir à dis­tance.
Telles sont les trois étapes de ce poème qui sonne comme une incan­ta­tion, qui appelle le souf­fle et la parole. C’est toute la colonne d’air qu’il ébran­le. On com­mence à lire, et puis tout à coup on s’en­tend le dire. 

VT

Œuvres

(poésie par­lée)
LA GRANDE MITRAQUE Pub­lié aux Édi­tions
Hen­ri Fagne, 1968.

LE GRAND CACAPHONE
Pub­lié aux Édi­tions Cham­bel­land, 1974.

SKEIN
Créa­tion, dans une mise en scène et une inter­pré­ta­tion de Raphaël Goudi­no, à la Vieille Halle-aux-Blés, Brux­elles, 1976.

SIX LETTRES À ANDRÉÏ
JDANOV, STARDUST
Pub­lié chez Maxime Benoît­Janin Édi­teur, 1977.

LE DEGRÉ ZORRO DE L’ÉCRITURE
Pub­lié aux Édi­tions Bour­go­is, col­lec­tion TXT, 1978.

DIVAN LE TERRIBLE
Pub­lié aux Édi­tions Bour­go­is, col­lec­tion TXT, 1979.

WEST SADE STORY
(PORNOWALLIE )
Créa­tion par le Théâtre-Poème, à Brux­elles, en 1980.

VIE ET MORT PORNOGRAPHIQUE DE MADAME MAO
Pub­lié aux Édi­tions PO.L. Hachette, 1981.

NI-NIETZSCHE, PEAU D’CHIEN
Pub­lié par TXT-Lim­age 2, 1983.

LETTRE D’AMOUR À GISELLA FUSANI
Pub­lié par Nou­velle Barre du Jour, 1986.

STABAT MATER
Pub­lié par Cadex Édi­tions, l’Os­ti­aque, Mont­pel­li­er, 1986.
Créa­tion dans une mise en scène de Daniel Simon, à la Mai­son de la Cul­ture de Mons, en 1992.

LES FOLIES-BELGÈRES
Pub­lié dans Points-Vir­gule, n° 82, 1989.

ARTAUD RIMBUR
Pub­lié aux Édi­tions La Dif­férence, 1989.
Créa­tion dans une mise en scène de Robert Lemaire au Théâtre Poème à Brux­elles, en 1991.

PUBÈRES, PUTAINS ; PORCHES, PORCHERS ; STABAT MATER ; POUR L’AMOUR D’UN PORC
Recueil de textes pub­lié aux
Édi­tions Labor, Espace Nord, n° 64, 1991.

RIDICULUM VITÆ
Créa­tion par le Théâtre du Fol ordi­naire, dans une mise en scène de Michel Liard, à Nantes, en 1997.

LES PIEDS
(avec Marc Géron­tin, sculp­teur)
Pub­lié aux Édi­tions Ren­con­tres, Charleville, 1997.

RECOMMANDATIONS AUX DAMES
(avec Colette Deblé, pein­tre)
Pub­lié aux Édi­tions Ren­con­tres, Charleville, 1997.

Sur Jean-Pierre Ver­heggen

Alain Tric­naux, JEAN-PIERRE VERHEGGEN, Ser­vice du Livre lux­em­bour­geois, coll. Dossiers L., n° 22, fasc. 4, Arlon.

Chris­t­ian Pri­gent, « Trou­ver une langue », in LA LANGUE ET SES
MONSTRES, Cadex Édi­tions, l’Os­ti­aque, Mont­pel­li­er, 1989.

DANS LE CARNAVAL DE L’HISTOIRE
EN CEUX QUI MERDRENT, Édi­tions PO.L., Paris, 1981.

Jean-Marie Klinken­berg, « La quête de la langue »,
in L’ÉCRIVAIN ET SES LANGUES,
Revue lit­téraire, n° 101, Édi­tions Larousse, 1996.

Non classé
Partager
Partagez vos réflexions...

Vous aimez nous lire ?

Aidez-nous à continuer l’aventure.

Votre soutien nous permet de poursuivre notre mission : financer nos auteur·ices, numériser nos archives, développer notre plateforme et maintenir notre indépendance éditoriale.
Chaque don compte pour faire vivre cette passion commune du théâtre.
Nous soutenir
Précédent
Suivant
1 Août 1997 — NÉ À BRUXELLES en 1936.  Deux grandes rencontres balisent le cheminement d'Alain van Crugten vers l'écriture personnelle, celle de Witkiewicz…

NÉ À BRUXELLES en 1936.  Deux grandes ren­con­tres balisent le chem­ine­ment d’Alain van Crugten vers l’écri­t­ure per­son­nelle, celle…

Par Jacques De Decker
Précédent
1 Août 1997 — NÉ À TOURNAI en 1940.  Le plaisir du texte, il le découvre, enfant, lorsqu'il écrit de petites histoires pour son…

NÉ À TOURNAI en 1940.  Le plaisir du texte, il le décou­vre, enfant, lorsqu’il écrit de petites his­toires pour son théâtre de mar­i­on­nettes. Plus tard vient Le plaisir de jouer et celui de met­tre en…

Par Thierry Debroux
La rédaction vous propose

Bonjour

Vous n'avez pas de compte?
Découvrez nos
formules d'abonnements

Mot de passe oublié ?
Mon panier
0
Ajouter un code promo
Sous-total