
ENTRE C’EST UN DUR MÉTIER QUE L’EXIL, créé en 1971, et ESTRADES, créé en 1992, il y a plus qu’une cohérence d’esprit, il y a une fidélité littéraire et une filiation idéologique qui nous permet, à chaque fois, de reconnaître l’auteur sans faillir : un auteur méticuleux qui façonne avec précision les mots et la musique de sa langue. Jean-Pierre Willemaers conçoit l’écriture de théâtre comme un élan, une énergie qui, partant d’une impulsion fondatrice et personnelle, advient autrement et souvent sous un jour épique où la réalité sociale et ses difficultés humaines prennent la forme d’un chant. Le chant d’une multitude où les voix rassemblées — y compris celle singulière de l’auteur — s’écoutent, se répondent et se mêlent pour former la fable vociférante à travers laquelle chacun d’entre nous réinvente sa vie. Jean-Pierre Willemaers est né le 24 juin 1938 à Liège, dans un paysage citadin et ouvrier qui ne sera pas sans effet sur ses textes et sa vie fictionnelle. Après un parcours « picaresque », fait de petits métiers, d’études (philologie romane) et d’engagement théâtral, il a enseigné la dramaturgie et la mise en scène à l’‘INSAS à Bruxelles. IT est, depuis 1975, professeur de français à l’Institut communal d’enseignement technique de Mons.
C’est un dur métier que l’exil
PROGRESSIVEMENT, les destinées de Mahmoud et Chekru vont se comparer et se ressembler, de façon tragique. Pour des raisons socioéconomiques leur(s) rêve(s) se délabre(nt) et l’idée d’un bonheur poétique est de moins en moins palpable. Chekru est trop pauvre pour épouser Aysel et Mahmoud ne peut plus faire son métier de passeur à cause du pont qu’ils ont construit sur l’Euphrate. Ainsi va la vie, Mahmoud se fait engager par le recruteur des charbonnages et Chekru se laisse convaincre par son ami Sahmi de partir. En même temps, mais pas ensemble, Mahmoud et Chekru émigrent de la Turquie vers l’Allemagne, en espérant, bien sûr, trouver là-bas ce qu’ils n’ont pas ailleurs… Alors que l’humilité et la sagesse semblent enraciner et ancrer les femmes dans des désirs d’arbre et de terre ancestrale, les hommes sont pris d’une folie voyageuse qui les fait rêver de partir pour la terre promise. Cette pièce qui a été créée en 1971 en Belgique a aussi fait l’objet vingt ans après, de lectures publiques en France. Parce que les idées et les faits que charrie Le texte de Jean-Pierre Willemaers sont inlassablement d’actualité, mais surtout parce que l’auteur a écrit avec la force métaphorique et la valeur poétique des langues orientales où les tourments, individuel et social, se rejoignent et se pénétrent. C’EST UN DUR MÉTIER QUE L’EXIL est un drame lyrique dont la langue et la diction réinventées nous distillent les mots comme des notes sans jamais céder à la démagogie ni au pathos de l’auteur solidaire.
CR
Œuvres théâtrales
LES 17 JÉSUS
Création au Théâtre de l’Étuve à Liège, en 1963.
C’EST UN DUR MÉTIER QUE L’EXIL
Publié aux Éditions Théâtrales, Paris, 1993.
Création par l’Atelier Théâtral de Louvain-la-Neuve, en 1971.
Lecture publiqu par la Compagnie À. Behar au Festival d’Alès en 1992, et par les Ateliers de l’Échange au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris, en 1993.
Distribution : 12 hommes, 4 femmes
Durée : 1h30
ESTRADES
Publié aux Éditions Nocturnes, Bruxelles, 1990.
Lecture publique dans une mise en espace de Daniel Simon au
Centre culturel Le Botanique, Bruxelles, en 1990.
Création par les Ateliers de l’Échange, dans une interprétation de l’auteur, au Théâtre de la Vie, Bruxelles, en 1992.
Distribution : selon le choix scénique, 1 comédien ou 6 à 8 comédiens
Durée : 1h 30
Adaptations
Le BALADIN DU MONDE OCCIDENTAL
de Synge
Création au Centre dramatique de Wallonie en 1965.
NUMANCE
d’après Cervantès Prix d’État en 1966.

