Jean Sigrid
Non classé

Jean Sigrid

Le 1 Jan 1997
Article fraîchement numérisée
Cet article rejoint tout juste nos archives. Notre équipe le relit actuellement pour vous offrir la même qualité que nos éditions papier. Pour soutenir ce travail minutieux, offrez-nous un café ☕

NÉ À BRUXELLES en 1920. 

Jour­nal­iste, chargé de cours à l’‘INSAS, cri­tique dra­ma­tique, Jean Sigrid a com­mencé par écrire, très jeune, de la poésie. Pour en venir très rapi­de­ment au théâtre : « C’est sans doute une sorte de chem­ine­ment soli­taire qui m’y a con­duit. […} Pour peu­pler ma soli­tude, jimag­i­nais volon­tiers des mon­des et des per­son­nages, j’aimais créer une réal­ité qui deve­nait mienne. » Paul Willems écrira en 1983 : « Chaque pièce de Sigrid est l’é­tape d’une vie. »
Dans son œuvre dra­ma­tique, dévelop­pée au sein d’un fidèle com­pagnon­nage avec le Rideau de Brux­elles, Jean Sigrid dis­tingue lui-même trois péri­odes, qui ne sont pas sans rap­port avec son rythme de pro­duc­tion : la péri­ode des pièces écrites « ingénu­ment », « sans très bien savoir ce qu’é­tait le théâtre » ; puis la péri­ode mar­quée par LES CAVALIERS, où la prise de con­science con­cen­tre son atten­tion sur le « com­ment » de l’écri­t­ure. Entre les deux, il com­mence à écrire des adap­ta­tions, ce qu’il ne cessera plus de faire. Il en dira : « fles adap­ta­tions} oblig­ent à se met­tre à l’intérieur de la forme même de la pièce que l’on adapte. On apprend par là à mieux struc­tur­er, à mieux domin­er l’ar­chi­tec­ture d’un texte. » La dernière étape dans son par­cours d’au­teur, jonc­tion entre les deux ten­dances, débutera avec MORT D’UNE SOURIS.
«Au point de départ, dit-il, il y a quelque chose de vécu, quelque chose qui prend pour moi une telle impor­tance qu’il devient impératif de le met­tre sous une forme artis­tique. » Cela peut être un songe, comme pour L’ANGE COUTEAU. 

Alexandre von Sivers et Ilma deWitte dans MORT D’UNE SOURIS de Jean Sigrid, mise en scène de Bernard Damien aux Midis du Rideau de Bruxelles, 1983. Photo Daniel Locus.
Alexan­dre von Sivers et Ilma deWitte dans MORT D’UNE SOURIS de Jean Sigrid, mise en scène de Bernard Damien aux Midis du Rideau de Brux­elles, 1983. Pho­to Daniel Locus.

Le bruit de tes pas 

GÉRALD LODSI a le sen­ti­ment que tout ce qu’il a fait dans sa vie le con­dui­sait à cette mai­son, per­due au milieu des collines. Autour de lui, rassem­blée par la guerre, frag­ile molécule, sa famille. Son fils et ses deux enfants, sa belle-fille. Celle dont il dit : « Elle est mon soleil, ma lumière. » À tel point qu’elle éblouit Bruno, le petit-fils. Avec le dan­ger que cela com­porte. D’au­tant plus qu’une men­ace les empêche de s’éloign­er : les bruits du con­flit, loin­tains mais néan­moins présents. Arrive Robi, le vieil ami de Gérald, comme la promesse d’une nou­velle vie. Le seul change­ment qui survi­enne, c’est un char posté dans la prairie, sans rai­son appar­ente. Les sol­dats réqui­si­tion­nent la mai­son, sauf une pièce. La promis­cuité, la beauté de la belle-fille, un offici­er qui… Que s’est-il passé vrai­ment ? Que se pas­sait-il vrai­ment pour enfiévr­er ces atom­es insta­bles, les ren­dant par­fois étrangers à eux-mêmes ? C’est ce que Bruno, devenu cinéaste, cherchera à décou­vrir dix ans plus tard, en revenant faire des repérages pour son prochain film. 

L’ange couteau 

PIÈCE COMPOSÉE du pre­mier, du deux­ième et du troisième temps, suc­ces­sion d’é­tapes qui nous font pénétr­er tou­jours plus pro­fondé­ment dans les moti­va­tions et la biogra­phie des per­son­nages. Cette pro­gres- — sion seule-importe,-quitte à bous­culer le réal­isme de la sit­u­a­tion. Babette se marie, sans amour. On devine que si elle aime quelqu’un, c’est son amie Petite Lou. Mais elle choisit, dans une famille où il n’y a pas d’alternative. D’ailleurs le nom de son père, qui s’est sui­cidé pour avoir « mal aimé », est pro­scrit. C’est Dan, l’Ange Couteau, qui met­tra au jour la douleur et Les frac­tures, en révélant la vraie per­son­nal­ité d’Alex, grand-père de la mar­iée, père du sui­cidé : « Celui que tu.es n’est pas ici : il attend. quelque part que tu le rejoignes. » 

Ces deux pièces, écrites à peu de temps d’in­ter­valle, illus­trent une évo­lu­tion évo­quée par l’auteur lui-même : « Sans me démar­quer entière­ment d’une forme réal­iste respec­tant les com­porte­ments psy­chologiques, ma con­cep­tion de la théâ­tral­ité s’est, je crois, ouverte. J’aime par­tir de sit­u­a­tions réal­istes vécues, pour accéder pro­gres­sive­ment et avec le plus de lib­erté pos­si­ble, à la représen­ta­tion d’une réal­ité qui, pour moi, existe der­rière la sim­ple réal­ité. » 

VT

Œuvres théâ­trales

LES MARAIS DE GAFFA
Créa­tion par Les Spec­ta­cles d’Art de Paule Dockx, à Brux­elles, en 1945.

BIJOUX DE FAMILLE
Pub­lié dans Textes pour Didas­calies, n° 5, 1983.
Créa­tion dans une mise en scène de Ray­mond Gérôme au Rideau de Brux­elles, en 1950.
Dis­tri­b­u­tion : 5 femmes, 3 hommes

LES BEAUX GESTES
Créa­tion dans une mise en scène de Mau­rice Vaneau au Rideau de Brux­elles, en 1950.

L’HOMME À LA BRANCHE
Créa­tion dans une mise en scène de Wern­er Degan au Rideau de Brux­elles, en 1951.

PITIÉ POUR VIOLETTE
Pub­lié dans Textes pour Didas­calies, n° 5, 1983.
Créa­tion dans une mise en scène de Wern­er Degan au Rideau de Brux­elles, en 1953.
Dis­tri­b­u­tion : 5 femmes, 3 hommes

BIJOUX DE FAMILLE, LES BEAUX GESTES, L’HOMME À LA BRANCHE et PITIÉ POUR VIOLETTE
sont pub­liés en un recueil, sous le titre JEAN SIGRID : THÉÂTRE, aux Édi­tions De Viss­ch­er,
Brux­elles, 1954.

LA GRANDE VOLIÈRE ou LE PLAISIR D’ÊTRE DUPE
Pub­lié dans Adaces, 1955.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes, 5 hommes

LES CAVALIERS
Pub­lié dans les Cahiers du Rideau, n° 15, 1983.
Créa­tion dans une mise en scène de Claude Éti­enne au Rideau
de Brux­elles, en 1959.
Prix Vax­e­laire 1959.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 8 hommes

MORT D’UNE SOURIS
Pub­lié dans les Cahiers du Rideau, n° 15, 1983.
Créa­tion dans une mise en scène de Hen­ri Chanal au Rideau de Brux­elles, en 1968.
Nou­velle créa­tion dans une mise en scène de Bernard Damien aux Midis du Rideau de Brux­elles, en 1983.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 1 petite fille, 2 hommes, des musi­ciens

QUOI DE NEUF, ARUSPICE ?
Pub­lié dans les Cahiers du Rideau, n° 10, 1979.
Créa­tion dans une mise en scène de Pierre Laroche au Rideau de Brux­elles, en 1970.
Grand Prix de lit­téra­ture du Gou­verne­ment 1972.
Dis­tri­b­u­tion : plus de 50 rôles à répar­tir

L’ESPADON
Pub­lié dans les Cahiers du Rideau, n° 5, 1977.
Créa­tion dans une mise en scène de Philippe van Kessel au Rideau de Brux­elles, en 1976.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 2 hommes

L’AUTO-STOPPEUR
Pub­lié dans les Cahiers du Rideau, n° 5, 1977.
Pub­lié en améri­cain, dans une tra­duc­tion de David Will­inger et Luc Dereulin, in ANTHOLOGY OF CONTEMPORARY BELGIAN PLAYS, Whit­ston Pub­lish­ing Com­pa­ny, Troy, New York, 1984.
Créa­tion dans une mise en scène de Jo Dua au Rideau de Brux­elles, en 1977.
Dis­tri­b­u­tion : 4 femmes, 2 hommes

LE BRUIT DE TES PAS
Pub­lié dans les Cahiers du Rideau, n° 10, 1979.
Pub­lié en ital­ien dans une tra­duc­tion de Gian­ni Poli, in

TEATRO BELGA CONTEMPORANEO,
Édi­tions Cos­ta et Nolan, 1984.
Créa­tion dans une mise en scène de Jo Dua au Rideau de Brux­elles en 1979.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes, 4 hommes

L’ANGE COUTEAU
Pub­lié aux Édi­tions Jacques Antoine, Brux­elles, 1980.
Pub­lié en ital­ien
dans une tra­duc­tion d’Antonietta Zerone in LA PAROLE DELL ALTRAVE, Grafice Edi­to­ri­ale, 1995.
Créa­tion dans une mise en scène de Bernard Damien au Rideau de Brux­elles, en 1980.
Créa­tion en anglais dans une tra­duc­tion d’Anne-Marie Glasheen, Brighton, 1981. Grand Prix de lit­téra­ture du Gou­verne­ment 1981.

Adap­ta­tions

LES MAINS D’EURYDICE
de Pedro Bloch

EN CAUSE J. ROBERT OPPENHEIMER
de Heinar Kip­phart

OUTRAGE AU PUBLIC
de Peter Hand­ke

ROMANCE À LÉNINGRAD
d’Arbuzov

TEENAGER LOVE
de Bru­un Olsen

LES DARDS & SYNODE POUR UN CADAVRE
de Lodewijk de Boer

VENDREDI
de Hugo Claus

FLAMMES (FLINT )
de David Mer­cer

NIGHT
de Harold Pin­ter

UN LION EN HIVER
de James Gold­man

VIVAT VIVAT REGINA
de Robert Bolt

LES SEPT MANIÈRES DE TRAVERSER LA RIVIÈRE
de Lodewijk de Boer

MOI, CLAUDIUS
de John Mor­timer.

ÊTRE OU NE PAS ÊTRE LÉONARD
d’Alan Ayck­bourn

WERTHER 7/5 (LES NOUVELLES SOUFFRANCES DU JEUNE W.)
d’Ulrich Plen­zd­of

PAS DE DEUX
de Hugo Claus
(en col­lab­o­ra­tion avec Jacques De Deck­er)

DES FILLES ET DES GARÇONS
d’Yvonne Keuls (en col­lab­o­ra­tion avec Jacques De Deck­er)

BONNE NUIT, MILADY (KINGFISCHER )
de William Dou­glas Home.

HISTOIRE D’UN CHEVAL
de Mark Rosows­ki, d’après Tol­stoï.

Toutes ces adap­ta­tions et autres œuvres ont été créées et cer­taines éditées.

Jean Sigrid a reçu le prix SACD 1965 et Le prix Malper­tu­is de l’Académie 1975
«pour le car­ac­tère impor­tant et per­son­nel de son œuvre ».

Sur Jean Sigrid

Textes pour Didas­calies, n°5,
Brux­elles, 1983.

Non classé
Partager
Partagez vos réflexions...

Vous aimez nous lire ?

Aidez-nous à continuer l’aventure.

Votre soutien nous permet de poursuivre notre mission : financer nos auteur·ices, numériser nos archives, développer notre plateforme et maintenir notre indépendance éditoriale.
Chaque don compte pour faire vivre cette passion commune du théâtre.
Nous soutenir
Précédent
Suivant
1 Jan 1997 — NÉ À LIÈGE en 1955. «Le ventre parlant en tête»1, Eugène Savitzkaya écrit. D'abord de la poésie (LE CŒUR DE…

NÉ À LIÈGE en 1955. « Le ven­tre par­lant en tête»1, Eugène Sav­itzkaya écrit. D’abord de la poésie (LE…

Par Corinne Rigaud
Précédent
1 Jan 1997 — NÉ À BRUXELLES le 21 juillet 1968.  Musique et théâtre sont indissociablement liés chez ce jeune Bruxellois discret et travailleur…

NÉ À BRUXELLES le 21 juil­let 1968.  Musique et théâtre sont indis­so­cia­ble­ment liés chez ce jeune Brux­el­lois dis­cret et tra­vailleur comme la four­mi de la fable. Pianiste et clar­inet­tiste, il opte plutôt pour une for­ma­tion…

Par Thierry Debroux
La rédaction vous propose

Bonjour

Vous n'avez pas de compte?
Découvrez nos
formules d'abonnements

Mot de passe oublié ?
Mon panier
0
Ajouter un code promo
Sous-total