NÉE À COURTRAI en 1961.
Karann Guilbert tourne facilement la page, la page des livres qui la construisent, les pages de sa vie qui, bientôt, se logeront au fond de la mémoire. Elle s’intéresse au fonctionnement de la mémoire, au travail du temps et ce n’est pas par hasard si, à l’issue d’une formation de comédienne aux Conservatoires de Mons et de Bruxelles, elle propose une adaptation de Proust. Son travail d’écriture, elle ne le conçoit que dans une relation directe à la scène, incarné par un comédien, matérialisé sur le plateau ce qui l’amène à prendre en charge la mise en scène de ses adaptations comme de sa première pièce, TOMBEAU D’UN SÉDUCTEUR. Aujourd’hui, adjointe artistique au Théâtre de la Vie, Karann Guilbert écrit, sous pseudonyme, des ouvrages de vulgarisation, tout en préparant deux nouvelles adaptations littéraires pour la scène.
Tombeau d’un séducteur
ARTHUR MOREL est un homme ordinaire. Pourtant, Arthur Morel se souvient de ses victimes, il passe en revue ses aventures de « séducteur solitaire », se donne l’impression de jouer un rôle, joue son propre rôle. Mais, s’il est dans le jeu, qui est Arthur Morel ? La Perruche, son double incontrôlable, petite voix de la conscience de plus en plus autonome, contredit, contrarie, met en garde : elle agace Arthur Morel. Parce que lui, il s’accroche à la séduction comme à une raison de vivre, une parade, une distraction pour masquer la fin inéluctable. Il a étudié toutes les positions de repli, expérimenté tous les moyens de fuite. Il n’a pas grand-chose à craindre, il s’engage si peu : il aime « Comme on aime un bébé baigneur en porcelaine… Avec ménagement ». Doucement, avec l’aide de la Perruche, le piège de la séduction tant de fois tendu se referme sur Arthur Morel.
Qu’elle s’attaque à la figure mythique du séducteur ou pose la question de la parole masculine et féminine, Karann Guilbert guette les signes du déséquilibre sans renoncer à l’humour.
ND
Œuvres théâtrales
LA NUIT TRIANGULAIRE
Création par le Théâtre du Transit dans une mise en scène de l’auteur à la Maison de la Culture de Comines, en février 1987.
Distribution : 1 femme, 1 homme
Durée : 1h
TOMBEAU D’UN SÉDUCTEUR
Publié aux Éditions Nocturnes, Bruxelles, 1988.
Création par le Théâtre du Transit dans une mise en scène de l’auteur au Théâtre du Grand Parquet, Bruxelles, en avril 1988.
Distribution : 2 personnages dont 1 homme
Durée : 1h20
Adaptation
Paludes
d’André Gide
Création dans une mise en scène de K. Guilbert au Théâtron à Bruxelles, en mars 1986.

