NÉE À CASABLANCA en 1958.
Leïla Houari semble portée par une urgence qui lui souffle de ne pas s’arrêter. Aux questions qui font douter, elle oppose la chance de s’exprimer par l’écriture. Et elle repart. Préférant la liberté des boulots de hasard (souvent dans le monde associatif) aux entraves d’une vie trop ordonnée, elle reste disponible pour l’engagement artistique. Car cette fille de cavalier marocain, conteur à ses heures, ne comprend toujours pas pourquoi il a fallu immigrer. Inlassablement, elle cherche des réponses. S’interroge dans des groupes d’action culturelle sur l’identité, fait paraître un premier roman, ZEIDA DE NULLE PART (L’Harmattan, 1985), suit des cours à la Kleine Academie, travaille avec le comédien Amid Chakir sur plusieurs spectacles, écrit un scénario, signe le texte de FEMMES AUX MILLE PORTES, portraits-mémoire sur les femmes de l’immigration… Souvent, elle part du travail collectif, de la prise de parole des autres. Ainsi, sa première pièce, ET DE LA VILLE JE T’EN PARLE, est née d’un atelier d’écriture avec de jeunes immigrés en situation d’échec et d’exclusion. Par la diversité des formes d’écriture, Leïla Houari scrute toujours plus profondément ce que son parcours peut apporter de novateur : cette sensation ambiguë d’appartenance et d’extranéité…
Les cases basses
SEPT CASES S’OUVRENT sur un long couloir. Sept personnages sont venus chercher le repos sous les yeux vigilants de Blouse Blanche, infirmière commise pat les autorités à la surveillance. Entravés par la peur, par leurs propres monstres, par les cadavres sur le chemin à l’extérieur, ils sont fatigués.
Enlisés dans l’étroit couloir entre rêve et réalité, ils ont perdu le sens du présent. Monsieur Ginon a du mal à se souvenir : a‑t-il déjà soupé ? Est-on le matin ou le soir ? Kaâba, elle, a sauté toute sa vie, sur Les autres ou par la fenêtre et s’épuise encore dans cette envie-là. Slam s’éloigne de Lie, s’enferme dans le souvenir. Pour rester vivants, pour trouver la paix, ils « ingurgitent l’illusion. Le rêve n’est-il pas l’autre miroir de la vérité ? » Mais ils voudraient aussi découvrir les contours de ces chimères qui les tiennent debout, qui les tiennent endormis. Cette ambiguïté les déchire. L’espoir vaut-il mieux que la vie ? Il suffit pourtant d’une défaillance, d’une fissure dans l’ordre établi des choses et peu à peu, ils affronteront le départ et l’incertitude du chemin.
ND
Œuvres théâtrales
NON
Création dans une mise en scène de Hayat Nciri, Charleroi, 1990.
Distribution : plusieurs femmes, quelques hommes
Durée : 1h
NUITS ARABES
Création par le Théâtre Het Affront à Louvain, en mai 1992.
Distribution : 4 femmes
Durée : 1h
LES CASES BASSES
Publié chez L’Harmattan, Paris, 1993.
Distribution : 3 femmes, 4 hommes, 1 voix de femme, quelques figurants
Durée : 2h
ET DE LA VILLE, JE T’EN PARLE
Publié chez I.D.I. et Éditions EPO, Bruxelles, 1995.
Distribution : 3 femmes, 8 hommes
Durée : 1h30

